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Reza, Niandra Lades, Garciaphone

Le Rat Pack (Clermont-Ferrand)
mercredi 10 juin 2009
Très bon moment intimiste avec trois artistes inspirés au Rat Pack, à Clermont-Ferrand… En ce mercredi orageux et un peu tristounet jusqu’à l’heure du concert, le public a pu apprécier les prestations scéniques bien envoyées de Reza (folk pop dans la lignée de Leonard Cohen et des Tindersticks), Niandra Lades (pop, post rock et folk, entre Mogwai et Arcade Fire) et Garciaphone (folk pop façon Grandaddy et Elliott Smith).

Reza

Se produisant en solo, Reza réussit à démontrer toute l’étendue de ses talents en matière de songwriting et d’interprétation habitée… La voix – superbement grave et évocatrice – captive l’attention dès les premières mesures, emmenant l’auditeur dans les passionnants méandres de chansons écrites avec une plume marquante. C’est beau, tout simplement, et cela donne envie de suivre de près la carrière de Reza. Voire d’encourager toutes les personnes sensibles à ce genre de musique à le découvrir sans plus attendre. A ce propos, le passage de Reza au Fou du Roi sur France Inter lundi 15 juin 2009 permettra de mettre un peu plus en lumière ce précieux groupe. Cette perspective de promotion sur des ondes nationales permet d’ailleurs au public du Rat Pack de découvrir une version "folk sobre" de The Final Countdown (tu tu tu tuuuutt, tududututut, argh !) des nullissimes Europe, répétée pour l’émission de Stéphane Bern (il veut de la reprise CONNUE sur son plateau !), et qui réconcilierait presque avec la chanson des désespérants hard rockers nordiques. C’est dire la classe de Reza

Niandra Lades

Juste après, Niandra Lades (sans sa section de cordes habituelle) fait bonne impression avec un set court et émouvant… Malgré cette absence (excusée !), on remarque sans problème que la qualité des compositions est bel et bien là : ces jeunes gens aussi doués que prometteurs savent parfaitement trousser des morceaux aux humeurs changeantes… et truffés d’idées intéressantes ! Le Rat Pack n’est pas franchement l’endroit idéal pour apprécier la finesse des arrangements (touffus… ) et des chœurs (élégiaques… ), mais il n’en demeure pas moins que la qualité des titres de Niandra Lades saute aux yeux (et aux oreilles). Même dans ces conditions pas forcément faciles. On ne peut que conseiller de manière enthousiaste les concerts et le premier EP de ce jeune groupe évoluant joliment dans le sillage tourmenté d’Elliott Smith, d’Arcade Fire et de Mogwai.

Garciaphone

Cette belle petite soirée (qui aurait mérité une affluence de plus de 100 personnes comme lors du fabuleux concert des Only Ones) prend fin avec un concert magistral de Garciaphone, qui, une fois de plus, fait montre de son talent bluffant pour interpréter ses morceaux (The Movies End, Robinsons, Tornadoes – jouée avec Niandra Lades ce soir, et donc sans l’envoûtante boite à rythmes à la Notwist –, The Strongest Reed… ), il est vrai quasi magiques. La preuve : il est impossible de décrocher une seule seconde pendant ce set concis et impressionnant. Les folk songs matinées de pop écrites par Olivier Perez ont le niveau de celles de sa principale inspiration, Jason Lytle de Grandaddy. Oui, cela parait improbable, mais c’est pourtant le cas. La finesse et l’immédiateté de l’écriture, la qualité des arrangements (saisissants samples de synthés LOFI) et la beauté de la voix du Monsieur concourent à créer un bouleversant univers empreint d’Amérique rêvée, un univers à la fois mélancolique, authentique et aérien. Cerise sur le gâteau, le concert est joliment agrémenté par une reprise folk de l’immense Alec Eiffel des insurpassables Pixies. Encore une preuve évidente de bon goût. Comme s’il était besoin... Car la simplicité biblique des chansons (qui évoquent également le divin Elliott Smith), la simplicité du monsieur et sa modestie - il faut aller le chercher pour qu’il fasse des rappels -, tout contribue à placer le public sous le charme de Garciaphone. Qui, suite à la bienveillante insistance de Cyril (une figure du rock clermontois), prolonge sa prestation avec de magnifiques reprises de Jimmy Webb et Elliott Smith (on a faillit verser une larme). Conclusion idéale pour un soirée de concerts positivement réjouissants.

A lire également, une chronique du concert de Garciaphone à la Coopérative de Mai, avec Fujiya & Mijagi et Candy Clash.

Sites Internet : www.myspace.com/ratpackclub (programmation, liens, écoute etc), www.myspace.com/garciaphone, www.myspace.com/telescopages, www.myspace.com/myniandralades, www.myspace.com/chickenwalkrecords, www.myspace.com/rezasongs, www.reza-music.com.

Photos d'archive extraites des myspace des groupes...



auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 15/06/2009

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