18/07/2019  |  5211 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 16/07/2019 à 22:02:07
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Gablé, Pastry Case

La Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand)
vendredi 12 juin 2009

Réalisée à l’initiative des bénévoles/relais étudiants de la Coopé, la soirée "FAC invite les Hand Clapping Girls" a tenu toutes ses promesses. En prélude à leur deuxième anniversaire (pour lequel elles organisent un festival sur 3 jours intitulé, je cite, "Two Candles In The Ass", fin de citation), les filles qui font clap clap avec leurs mains conviaient les amateurs de musiques classieusement originale à la Coopérative de Mai pour les concerts – gratuits ! – de Pastry Case et Gablé. Heureuse initiative qui allait permettre à ceux qui détestent cordialement la musique de Grégoire, La Rue Kétanou, Benjamin Siksou et Olivia Ruiz (programmés dans la grande salle de la Coopé ces jours-ci) de passer une soirée de rêve dans une ambiance jeune, enthousiaste et fraîche, ça fait franchement plaisir cette ferveur effervescente… Hallelujah mes frères !

Pastry Case

Un peu tendu par des problèmes techniques (qui allaient conduire à un premier morceau en demi teinte et à une balance des voix mal réglée), le groupe d’abstrakt hip hop folk rock (ouf !) Pastry Case n’a néanmoins aucun mal à faire décoller son auditoire avec des morceaux envoûtants, étranges et déjantés. Le chant borderline de Bertrand (l’instigateur du projet Pastry Case) saisit à la gorge, ses compositions aussi barrées que marquantes captivent et les arrangements font gravement tripper, quant à eux.

Avec un sampler/synthé délivrant des sons planants, une batterie minimaliste, des chœurs extra terrestres, un kazoo, un mélodica et deux guitares tenues par Damien de Leopold Skin et Alex du Delano Orchestra, la fanfare déglinguée de Pastry Case crée un maelström sonore assez bluffant. Si la voix de Bertrand est sans doute trop mise en avant par rapport à celle d’Emilie lors de ce concert, l’essentiel est bel et bien là : on vit littéralement de l'intérieur des morceaux faits pour partir dans de surprenants voyages sonores. Il y a en effet beaucoup d’influences qui s’entrechoquent joliment chez Pastry Case : le hip hop abstrait d’Anticon, le rock hip de Why ?, la folk music stellaire et le rock indé euphorisant… Le résultat de ce mélange original provoque une succession de montagnes russes émotionnelles par le truchement de soubresauts soniques ; on évolue d’un calme trouble à un vol plané au dessus des nuages en passant par des déluges de guitares en fusion.

La formule gagnante du groupe (Bertrand, Emilie, Damien, Alexandre) a été trouvée, les morceaux accrocheurs sont au rendez-vous, le premier – et excellent – album de Pastry Case disque est sorti partout en France (Wheelchair And Jogging Suit ) ; maintenant il ne reste plus qu’à tourner pour affiner le son, et le tour sera joué…

Gablé

Après cette parfaite mise en jambes, place au show ébouriffant de Gablé, l’exemple à suivre pour Pastry Case puisque le groupe caennais – il est vrai beaucoup plus expérimenté – réussit le tour de force d’être à la fois cacophonique, parfaitement calé au niveau du son et très à l’aise sur scène…

Si l’on connaissait les qualités des disques de Gablé (Seven Guitars With A Cloud Of Milk, I'm OK), on ne s’attendait pas du tout à ce que les quatre musiciens donnent à la Coopérative de Mai l’un des concerts de l’année ! Oui, carrément ! Porté par une fraîcheur hallucinée, une envie de jouer presque palpable et un souffle créatif complètement dingo, la troupe ultra bricolo fait régner une joyeux bordel pendant tout son jubilatoire concert.

A la fin des morceaux, les gens hurlent de joie, applaudissent à tout rompre et échangent leurs impressions avec enthousiasme… Pas une seule seconde de temps mort à l’horizon, pas une baisse de régime en vue dans les chansons courtes – mais qui en disent long – signées par les doux dingues de Gablé. Entre hip hop flingué, punk rock gai, folk Lo FI, rock psychiatrique, électro fusillée et performance arty, ce quatuor de dangereux malades très souriants délivre la synthèse parfaite entre les expérimentations renversantes et la composition de titres aussi immédiatement accessibles qu’enthousiasmants. Un véritable miracle, mesdames et messieurs ! Réunir dans des morceaux - mini durée mais maxi effet - autant d’influences, d’émotions et de graines pour faire pousser les rêves est un authentique exploit…

Réalisé haut la main par un chanteur/guitariste possédé par le démon du folk hip hop ‘n roll (petit détail croustillant, il porte un t-shirt où figure cette savoureuse phrase : Quitte à écouter de la merde, autant la chier soi-même), un chanteur bidouilleur (avec cageot en main pour consulter les textes ! ), une chanteuse organiste touchée par le grâce et un infernal batteur jouant parfois sur une batterie de casseroles ou des cordes de guitare ! Emporté par la fascinante lame de fond émotionnelle, le public ne sait plus où donner de la tête, complètement happé par cet univers en forme de conte de fées musical inspiré par Daniel Johnston, Beck, les Beastie Boys, Nirvana, Suicide, Buck 65 et Sonic Youth. Les multiples facéties sonores, les textes complètement dérangés et la qualité des compositions font de ce renversant concert de Gablé - en forme d’agapes hip électro folk punk - un moment hors du temps qu’on gardera bien précieusement en mémoire ! Un grand merci donc à Gablé, mais aussi à Pastry Case, aux Hand Clapping Girls et à la Coopé pour cette soirée inoubliable...

A lire également, un compte rendu de la précédente soirée FAC avec Niandra Lades et The Wendy Darlings, ainsi que des chroniques des concerts organisés par les Hand Clapping Girls, Jeremy Jay + Angelo Spencer + Le Marquis de Jonard, Coming Soon + Los Chicros + Zak Laughed...

Sites internet : www.myspace.com/handclappinggirls, www.myspace.com/gableacute, www.myspace.com/pastrycase, www.myspace.com/facmusic, www.lacoope.com, www.myspace.com/lacooperativedemai.

Photos : Rémi Boissau




auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 15/06/2009

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