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Jean-Louis Murat

La Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand)
samedi 20 juin 2009

Accueille-moi paysage.

Comme chaque année à la même époque depuis 2002, Jean-Louis Murat donnait un concert humanitaire à la Coopérative de Mai pour aider le travail des pompiers de l’association Clermauvergne Humanitaire en Afrique (lutte contre le SIDA, consultations médicales pour les plus démunis etc etc)… Une bonne action qui permet par la même occasion au public clermontois - et aux fans venus d’ailleurs - de découvrir un Murat souvent différent que lors de ses tournées "normales", les côtés décontractés et improvisés pouvant entraîner des surprises agréables… ou provoquer des déceptions. JLM a néanmoins l’immense mérite de tenter des choses nouvelles dès qu’il le peut, évitant ainsi la routine et l’encroûtement constaté chez d’autres artistes de son âge…

Comme un incendie...

Articulé en trois parties bien distinctes - 45 minutes en solo, 40 minutes en groupe jazz blues (avec Stéphane Mikaëlian à la batterie, Christophe Pie à la guitare et Alain Bonnefont aux claviers) et 15 minutes à nouveau en solo pour conclure le concert -, la soirée a vu Murat alterner entre le bon, le moins bon et le sublime. La première partie en solo intégral (avec Telecaster calme ou tempétueuse et harmonica borderline) nécessite un temps d’adaptation, même pour les habitués du Monsieur : les morceaux sont très ralentis et étrangement déconstruits, la diction est lancinante, le chant est parfois crispant et il est bien difficile de retrouver les mélodies qui font la qualité initiale des morceaux (comme sur les méconnaissables Mousse noire et Tel est pris, deux extraits du très bel album Tristan). Puis, chemin faisant dans son répertoire, Murat amorce le décollage avec des inédits joués avec ferveur et inspiration : Yes Sir et Comme un incendie, où le texte dit "le cours ordinaire des choses me va comme un incendie". Superbe composition qui promet un nouvel album illuminé par une flamme créatrice qui semble inextinguible...

Lady d’Orcival.

Rejoint par ses camarades de route de longue date à l’issue de la partie effectuée en solitaire, Murat se lance dans une relecture flottante (le groupe a peu répété ensemble) de ses titres emblématiques ; L’au-delà, Les Jours du jaguar, Le Cri du papillon, Foule romaine et Ceux de Mycènes sont interprétés avec des sonorités jazz blues (à cause du son de l’orgue et des rythmes surprenants). Là aussi, il faut faire un petit effort avant de se laisser complètement aller… Pour mieux savourer ensuite son bonheur de partager un moment privilégié avec une salle remplie de fans énamourés. Après avoir épuisé les titres jouables en groupe (et que tous les musiciens connaissent), Murat reçoit une formidable ovation qui semble le galvaniser. S’en suit le meilleur moment du spectacle, une poignée de titres en solo avec voix grave ultra sensuelle, mélodies captivantes et atmosphères saisissantes. Rien que pour l’interprétation habitée de Lady d’Orcival (qui figurera sur le prochain album), il fallait être là, tout simplement. Ce morceau évoquant Notre Dame d’Orcival s’inscrit dans la grande tradition country folk pop (enregistré à Nashville avec Cherry, une chanteuse de country parait–il très douée), il est sans aucune doute appelé à devenir un incontournable des années à venir. On quitte donc la salle sur notre petit nuage personnel, avec la sensation d’avoir encore une fois eu un avant goût d’un album classieux. Comme quoi, un concert de Murat, ça se mérite ! Il faut rester jusqu’à la fin pour pleinement l’apprécier et ainsi être accueilli à bras ouverts dans le paysage de l’artiste.

Bientôt, une interview de Jean-Louis Murat sur le nouvel album (à paraître en septembre 2009).

A lire également, des entretiens avec Murat en novembre 2006 (sur Taormina), octobre 2004 (sur A bird on a poire), octobre 2003 (sur Lilith) et juin 2003 (sur le concert pour Koloko)…

Sites Internet : www.jlmurat.com, www.myspace.com/jlmurat, www.leliendefait.com, www.v2.fr, www.taormina.fr, www.bangbang.fr.fm.


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 28/06/2009

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