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Dominique A, Montgomery

La Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand)
samedi 17 octobre 2009

Ticket gagnant Montgomery + Dominique A dans la grande salle de la Coopérative de Mai, le samedi 17 octobre… Parfaitement soutenu par un excellent groupe, le récent auteur de l’album La Musique a donné un très bon concert. Concert qui avait été placé sur de bons rails par le groupe rennais Montgomery, dont un musicien officie à la guitare avec Mr A. Chronique d’une soirée 100% française et classieuse :

Montgomery, entre pop made in Belgium, rock bruitiste, post rock et dérapages sonores inspirés…

Très bonne première partie assurée par Montgomery dans un style alternant brillamment entre pop made in Belgium à la Girls In Hawaii, rock bruitiste à la Sonic Youth, post rock à la Mogwai et dérapages sonores inspirés façon Animal Collective. Créant un véritable mur du son où les voix sont noyées sous un magma de rythmes (deux batteries, une basse), de synthés spatiaux et surtout de guitares stratosphériques, les musiciens de Montgomery arrivent parfaitement à saisir l’auditeur. Très rapidement celui-ci se retrouve embarqué dans un l’univers où les mélodies, le bruit distordu et les changements de rythmes interagissent de manière très impressionnante. Voilà un groupe français qui s’aventure de manière passionnante sur des territoires soniques étrangers en étant très loin d’être ridicule, bien au contraire. Si ce n’étaient quelques bribes de textes en français saisies ici ou là (la voix est utilisée comme un instrument), on pourrait même croire que Montgomery est un groupe d’Anvers, de New York ou de Californie. A suivre sur disque (cf Stromboli) et sur scène !

Dominique A, Un étourdissant roller-coaster de sentiments mêlés.

Juste après, Dominique A a fait fort impression avec son nouveau groupe de scène : le guitariste de Montgomery à la "six cordes" triturée et aux bidouillages synthétiques, un batteur parfait pour le rôle et un joueur de synthés distillant moult mélodies aigres douces et nappes entêtantes. Que ce soit en solo (comme au Printemps de Bourges ou à la Route du Rock cette année) ou en groupe, Dominique A se présente tel qu’en lui-même sur les planches : tout de noir vêtu, droit dans ses bottes, peu loquace ou cassant ("silence gênant !" dira-t-il entre deux morceaux), tendu comme un arc sur sa guitare et son micro, concentré à bloc et régulièrement emporté par sa musique en perpétuel mouvement. Les yeux souvent fermés, les cordes vocales pleines d’emphase et de poésie, remuant la main tel un acteur de théâtre voire un chef d’orchestre en transe ou ferraillant des rythmiques imparables sur sa Telecaster, Monsieur Ané propose un solide set où ses derniers morceaux, quelques inédits et ses incunables se côtoient sans aucun problème.

Grâce à David Euverte (déjà présent sur la mémorable tournée consécutif au disque L'Horizon), Sébastien Buffet (Autour de Lucie, Tanger...), Thomas Poli (guitariste faisant étalage de sa classe tout au long du spectacle) et… à Dominique A bien sûr, la set list fait un effet remarquable sur l’assistance, en appuyant tour à tour sur le côté electro pop avec batterie martiale et mélodies glaçantes, le versant rock bruitiste en français ou les embardées chanson rock avec textes marquants. En 1h30, le divin chauve enchaîne les tubes dans une atmosphère foutrement rock ‘n roll ; on est en effet bien loin de la chanson française à papa aussi prout prout que nostalgique. Certains membres du public tiquent d’ailleurs un peu sur les passages les plus musclés… Et oui, en concert, c’est plus fort que quand on écoute France Inter… Les troublantes émotions provoquées par des morceaux comme Hasta, Immortels, Manset, Nanortalik, Le commerce de l’eau, Pour la peau, Le bruit blanc de l’été, En secret ou Le métier de faussaire sont elles aussi bien plus fortes en direct live. Entre mélancolie poignante, poésie bravache et description piquante du quotidien, les textes - magnifiquement chantés ! - de Dominique A touchent au cœur, replongent dans des souvenirs enfouis et donnent envie de s’adonner à des libations excessives.

Le côté puissamment enivrant de l’univers de Dominique A ne se démentira pas lors d’un rappel d’anthologie où Gisor, Le courage des oiseaux (sidérante version disco rock), Le twenty two bar (le retour, en version musclée) et Hotel Congress (perles parmi les perles.. ) achèvent littéralement : c’est vidé et tout retourné qu’on sort de la salle, comme si l’on avait été pris dans un étourdissant roller-coaster de sentiments mêlés. Encore une fois, la tournée de Dominique A est chaudement conseillée aux amateurs de sensations fortes, de musiques insoumises et de mots au plus près de l’intime.

Sites internet : www.myspace.com/chezmontgomery, www.myspace.com/dominiquea, www.commentcertainsvivent.com, www.dominiquea.com, www.lacoope.org.


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 20/10/2009

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