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Our Brother The Native, Régis Turner, Kikiboul Dance (Niandra Lades)

Maison de l'Oradou (Clermont-Ferrand)
lundi 19 octobre 2009

Un concert qui clappe – c'est-à-dire organisé par les Handclapping Girls – qui permet de sauver de l’ennui un lundi soir qui s’annonçait un peu sinistre. Comment ? En se rendant à la Maison de L’Oradou le 19 octobre à 21 heures ! Où il a suffit de trois "petits" concerts (Kikiboul Dance, Régis Turner et Our Brother The Native) sans prétention pour faire agréablement décoller son esprit vers d’autres sphères…

Kikiboul Dance, Blink 182 VS Grizzly Bear VS Niandra Lades

La soirée commence dans la décontraction la plus totale avec Kikiboul Dance (normalement un 3ème larron devrait faire un show avec ses parties génitales, d’où le nom du groupe… ), un side project du noyau dur de Niandra Lades. Les deux musiciens enchaînent les reprises de morceaux débiles (Blink 182, putain ! ça devrait être interdit ! ) ou classe (Grizzly Bear… ) avec les morceaux de leur groupe, en se produisant débranchés, sans micro et à même le sol. Cela donne un concert folk pop borderline, avec de très beaux moments et de jolis dérapages vers le n’importe quoi. Rafraîchissant en somme.

Régis Turner, De quoi faire hurler de rage les profs de musique vieux dans leurs têtes…

Plus décontracté qu’au Rat Pack quelques jours plus tôt, Régis Turner a proposé un set débraillé, branleur et décalé. Ses morceaux en forme d’ébauches en perpétuelle évolution sont à la fois sans queue ni tête, captivants et dangereusement Lo Fi. Avec force bidouillages sur sa guitare, son claviers, sa boite à rythmes et son auto sampler, le culotté gamin (on annonce 19 printemps) semble s’amuser comme un garnement dans sa chambre : ça joue faux, assez mal (cling, clang... ) et sans complexe. De quoi faire hurler de rage les profs de musique vieux dans leurs têtes et les institutionnels de la professionnalisation du spectacle. Si l’on ne fait pas partie de ces catégories là et si l’on est patient, une performance sonique de Régis Turner - entre rock, folk, pop, blues, bruitisme et électro – provoque une belle série d’émotions contrastées (ouch ! lol ! ahhh ! hé ! ho ! yeah ! grrr !). Placés au fond de la salle juste à coté de nous (on le sait parce qu’il les salue sur un morceau où il dit des horreurs à leur sujet), Papa et Maman semblent ravis d’être là, parfois un peu gênés et grincent des dents sur les larsens finaux. Comme c'est parti, le fiston risque encore de leur en faire voir de toutes les couleurs…

Our Brother The Native, Gazouillis extraterrestres, mélodies célestes, parties de batterie virevoltantes, embardées psyché, samples de flûtes et de voix africaines…

A peine le temps d’une petite pause cigarette et la "tête affiche" américaine - Our Brother The Native - monte sur la scène de la Maison de l’Oradou (une salle municipale flambant neuve et bien foutue, qui est prêtée gracieusement par la mairie aux associations, très bonne initiative !)… Le groupe se présente sous la forme d’un duo guitare/chant/claviers/tripatouillages de sons et batterie. Immédiatement, le son pyché kraut rock électronico tropical pop saisit l’auditeur et remplit la salle de gazouillis extraterrestres, de mélodies célestes, de parties de batterie virevoltantes, d’embardées psyché, de samples de flûtes et des voix africaines. Surprenant ! Trop pour un fan de punk noise, qui se retire discrètement en nous glissant quelques mots peu amènes sur "la musique de hippie horrible" (sic)… Chacun ses goûts, mais malgré quelques similitudes de recette dans les morceaux, une qualité inégale de ceux-ci et un côté parfois trop maniéré vocalement, il faut avouer que de nombreux titres réussissent à faire voyager l’auditeur très loin. Celui-ci pense d'ailleurs à une rencontre sur une île africaine entre CocoRosie, Animal Collective et Can. La voix sur le fil du rasoir, les rythmes, la guitare et les ziguiguis barrés forment un maelström sonore qui se révèle souvent envoûtant. Ce très jeune groupe qui a déjà beaucoup changé par rapport à ses débuts semble à la croisée des chemins qu’il souhaite emprunter… ou pas. Merci à eux pour ce beau moment passé en leur compagnie et bonne continuation pour les futures expérimentations figurant au programme !

Sites internet : www.myspace.com/ourbrotherthenative, http://fat-cat.co.uk, www.myspace.com/registurner, www.myspace.com/myniandralades, www.myspace.com/handclappinggirls.

Photos extraites des sites myspace des artistes...




auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 02/11/2009

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