20/05/2019  |  5193 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 20/05/2019 à 17:50:59
    webzine
    recherche
    newsletter
    liens
    proposer
    chronique concert
Ghinzu, Soldout

La Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand)
22 octobre 2009

L’affiche 100% belge (Ghinzu + Soldout) proposée à la Coopérative de Mai de Clermont-Ferrand le jeudi 22 octobre 2009 a tenu toutes ses promesses… Les deux premiers groupes ayant eu "l’honneur" de tester le nouveau système de son – 28 enceintes permettant d’avoir un bon son partout dans la salle, 15 000 watts (!), 14 amplis ( seulement ?) pour un résultat disons, heu, décoiffant… – ont en effet permis au public de passer une soirée percutante entre électro pop hystérique et pop/rock belge déjanté.

Soldout fait carton plein !

Visiblement galvanisé par le fait d’assurer la première partie de ses amis de Ghinzu, le duo de Bruxelles Soldout (un homme aux machines, une femme au micro et aux synthés) se lance dès le début de soirée dans un set hyper vrillant. Rien de nouveau dans le son du groupe (un mélange de boum boum électronique et de pop/rock chanté par une furie) mais des titres qui tapent, tapent, tapent… et qui font bouger le public, venu en nombre. Bien aidé par le nouveau son de la Coopé (qui distille des basses monstrueuses !) et par un light show marquant, Soldout fait carton plein avec ses morceaux bien foutus, concis, lardés de mélodies catchy et de gimmicks électro souvent imparables. Comme son nom l’indique, Soldout possède la panoplie complète du groupe électro pop ayant pour but d'être la bande son de la fête. Même si cette première partie appréciée par l’assistance se termine par le morceau emblématique du groupe, I don’t want to have sex with you (quel dommage, on se sentait en forme, surtout en regardant le pantalon en cuir moulant de madame !), on se retrouve tout excité à la fin de la prestation sexy de Soldout.

Ghinzu, "Y’en a un qui voulait que ça pète ?"

On les avait vus en petite forme au Fil à Saint-Etienne en avril 2009, ils sont réapparus plus soudés, moins je m’en foutistes (quoique... ) et avec un son digne de ce nom à la Coopérative de Mai… Pourtant au début, on a eu un peu peur : les préliminaires du set font penser à une musique lancée pendant la visite de la Géode à Paris, le chanteur reste assis derrière ses claviers (syndrome Ben Harper quand tu nous tiens) pendant l’enchaînement Mother Allegra/Mirror Mirror/Dream Maker, trois titres du nouvel album, et il tient des propos convenus après quelques morceaux, genre "on est content d’être là avec vous ce soir", et ce avec un manque de conviction flagrant. Mais cela n’est que détail, car après une mise en route de la fusée Ghinzu, celle-ci ne tarde pas à exploser avec moult étincelles soniques. Le public est chaud, ravi d’être là et il y a même un petit agité – le traditionnel crétin bourré super lourd – qui hurle à qui mieux mieux "fais péter !". Pas la peine de demander, c’était prévu…

"On nous a dit qu’il y avait des Auvergnats dans la salle…"

Après les longs morceaux planants (mais agités de soubresauts épicés), Ghinzu passe au stade "tubes", l’énervé Cold Love et le superbement velvetien Take it easy raisonnent dans une Coopé toute retournée. Après de nombreuses cigarettes grillées (on aimerait bien faire pareil... mais on n’a pas le droit !) et quelques canettes de bière vidées (ça, on peut encore… ), les cinq Ghinzu commencent à faire vrombir le moteur de leur puissant vaisseau scénique. John Stargasm (voix de crooner, claviers, basse, auteur de la phrase un tantinet ironique "Vive Clermont-Ferrand et vive le nouveau système de son !") commence à se prendre pour Elvis et se lance dans des danses en remuant son pelvis, Mika Nagasaki (basse, guitare, claviers, lui se fendra d'un drolatique "On nous a dit qu’il y avait des Auvergnats dans la salle…", ah l’humour belge !) reste sobre mais super efficace, Greg Remy (guitare, basse, bidouillages, clopes, cheveux, blagues pourries, micro torturé, poses de fou), Antoine Michel cogne ses fûts avec une impressionnante science du rythme qui tue et Jean Waterlot, lui, ferraille sur sa "six cordes", sa basse, ses claviers spatiaux et ses micros distordus…

Orgie interstellaire sur un dragster du 21ème siècle…

Malgré des côtés parfois consensuels, sirupeux et un peu faciles sur les slows, Ghinzu sait éviter la Museification de sa musique, restant un putain de groupe de rock ‘n roll psyché - presque progressif mais souvent jouissivement régressif - ; "l’orgie interstellaire sur un dragster du 21ème siècle" proposée se révèle de plus en plus saisissante au fur et à mesure que le concert avance. Après Do You Read Me (toujours énorme), une reprise (facile mais assez jouissive, dédicacée aux "vieux") de Twist and Shout version Beatles et quelques titres bien sentis (The Dragster Wave, Dragon, yeah !!), les facétieux belges terminent leur set par l’orgiaque Kill The Surfers, avant de revenir pour deux rappels se concluant l’un par l’infernal Mine et l’autre par l’immense chevauchée épique Blow. Après avoir gentiment provoqué le public clermontois avec ses acolytes pendant tout le concert, John Stargasm s’autorise un petit "Y’en a un qui voulait que ça pète ? C’est pour lui !", avant de déclencher un apocalyptique final. Le public en a eu pour son argent, Ghinzu a confirmé son statut de groupe de scène. Mission accomplie.

A lire également, une interview de Ghinzu, ainsi que des chroniques de concerts au Printemps de Bourges 2004, à la Coopérative de Mai, la même année, et aux Eurockéennes de Belfort 2005.

Sites Internet : www.myspace.com/wearesoldout, www.ghinzu.com, www.myspace.com/ghinzu.


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 02/11/2009

Partager


    foutraque
      
      
l'association  |  devenir partenaire