18/07/2019  |  5211 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 16/07/2019 à 22:02:07
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Be My Weapon/Swell

Le Rat Pack (Clermont-Ferrand)


De retour à Clermont-Ferrand au Rat Pack après un concert controversé il y a un an, David Freel et son groupe Be My Weapon (ex Swell) ont cette fois-ci tenu leur rang, malgré une ambiance un peu tristounette et le manque de public… Il faut dire que c’est lundi soir, que le triste spectacle (malgré quelques fulgurances) de l’année dernière en a échaudé plus d’un et que Mr Freel ne fait rien pour être particulièrement accessible (peu de mots, presque pas un regard, casquette cachant son visage). Si l’on ajoute à cela le changement de nom de Swell, on obtient un public clairsemé, moins de la moitié de l’assistance présente l’année dernière. Et pourtant, ce soir le trio américain est plutôt d’aplomb (l’alcool a coulé à "flots raisonnables"), et les atermoiements du début de concert sont vite balayés par un enchaînement de titres magistraux, majoritairement signés Be Me Weapon, avec quelques pépites de Swell… C’est à croire que quand il y a du public le groupe et son déjanté leader fusillent le concert et que quand il n’y pas grand monde, ils jouent bien. Un peu énervant mais on n'y peut absolument rien ! Pour que tout soit parfait en ce lundi un peu sinistre, il aurait fallu jouer le répertoire de l’année dernière (Everyday sunshine, nous a manqué !) avec la forme du jour… Car ce soir au Rat Pack, il manque quelques compositions de Swell et un peu plus de durée de jeu pour que le bonheur soit total. A part ça, David Freel fait étalage de sa classe nonchalante, fatiguée et bien cabossée par la vie : sa voix lasse et évocatrice plonge l’auditeur dans de petites dépressions intimes, son jeu de guitare admirablement basique (quels bouleversants arpèges !) saisit et ses deux acolytes - un excellent batteur et un guitariste/claviériste discret mais efficace - apportent le petit plus nécessaire. C’est beau, c’est désespéré, c’est bien écrit… Et l’on a le cœur tout serré en prenant en pleine gueule ce flot d’atmosphères troubles, lancinantes et sombres. Pièce centrale du son désespéré de Swell avec la voix, la guitare sèche toute défoncée de Mr Freel en dit long sur son (mal)heureux possesseur : elle a bien vécu, parait prête à rendre l’âme à tout instant, il reste la trace d’un autocollant en forme de cœur qui s’est décollé ou a été arraché il y a longtemps mais elle tient le coup, malgré tout.

Après un titre en solo vraiment superbe (comme le reste des compositions envoutantes jouées ce soir) et deux rappels arrachés par le public, David Freel et Be My Weapon s’en vont rejoindre leur stand merchandising. Un sentiment diffus de tristesse domine à la fin du "spectacle", sans doute à cause de l’incroyable profondeur des troublantes chansons velevtiennes de Be My Weapon/Swell… mais aussi parce que cet incroyable groupe mériterait plus qu’un succès d’estime.

Be My Weapon est à voir sur scène sur son actuelle tournée française...

Sites internet : www.myspace.com/bemyweapon, www.swellsongs.com, www.myspace.com/swelltheoriginalone, www.talitres.com, www.myspace.com/talitres, www.myspace.com/ratpackclub.

Photo live prise par Pirlouiiit en 2008, à Marseille.




auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 02/11/2009

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