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The Dead Weather, Creature With The Atom Brain

L'Olympia (Paris)
mercredi 28 octobre 2009

Exceptionnel concert de The Dead Weather à l’Olympia de Paris le mercredi 28 octobre 2009 (avec les excellents stoner belges de Creature With The Atom Brain en première partie)… C’est dans une salle bondée - le spectacle affiche complet - et en totale ébullition du début à la fin du show que Jack White, Alison Mosshart, Jack Lawrence et Dean Fertita ont offert un show monumental de The Dead Weather à leur public français. Compte rendu…

Creature With The Atom Brain, Une véritable attaque en règle des tympans et des méninges…

Il est 20 heures pile quand les Belges de Creature With The Atom Brain montent sur les planches de la mythique salle du boulevard des Capucines, juste après une annonce vocale digne de la SNCF - ou du siège d’une sinistre banque d’affaire - disant en substance qu’il ne faut ni fumer, ni photographier, ni filmer mais qu’on nous souhaite de passer une bonne soirée (on a le droit, ça ? super !)… Si les très classieux et déjantés Rolling Stones, Beatles, Jimi Hendrix et Edith Piaf ont joué dans l’ancienne version de l’Olympia, le lieu n’est donc plus aussi rock’n roll qu'avant, étant désormais fréquenté par le tout venant de la variété, il n’y a qu’à voir la liste des concert annoncés dans le hall (Roch Voisine, Pep’s, De Palmas, Pascale Picard, Charlie Winston etc, ça fait peur… ) pour constater l'étendue des dégâts… Mais, nom d’une bonne pipe en bois, pas de ça ce soir ! Les très "blues rock" The Dead Weather ont convié un groupe de rock belge inconnu au bataillon, mais qui a su convaincre le public en deux temps trois mouvements. Il faut dire que le mélange entre un chant torturé et grunge à la Kurt Cobain, des morceaux stoner psychédéliques superbement alambiqués (à la Black Angels), des dérapages heavy punk bien salés et des riffs titanesques à la Black Sabbath fonctionne à plein : c'est une véritable attaque en règle des tympans et des méninges du public. Soudé, capable d’enchainer ses titres sans temps mort et de faire divaguer l’esprit vers des "Desert Session" droguées, Creature With The Atom Brain ne tarde pas à récolter applaudissements enthousiastes, mains levées et cris d’approbation. Normal, car cette musique - à la fois lancinante et décérébrante - est truffée de solos tétanisants, de rythmiques entêtantes et de passages dangereusement planants. Et ça fait un effet bœuf ! Au bout de 40 minutes de démonstration de force, le groupe quitte la scène de l’Olympia, le devoir parfaitement accompli.

The Dead Weather, Dream team of rock ‘n roll blues

Après un montage du matériel par les traditionnels roadies des White Stripes tirés à quatre épingle, le noir se fait et la sono crache un vieux morceau de blues, parfaite introduction au très bluesy 60 Feet Tall de The Dead Weather, joué juste après par Dean Fertita (Queens Of The Stone Age, "from Detroit, Michigan") à la guitare électrique, Jack Lawrence (Raconteurs) à la basse, Jack White (White Stripes , Raconteurs) à la batterie et Alison Mosshart (The Kills) au micro. L’ambiance gothiquo onirico rock ‘n roll délivrée par le son de Dead Weather, les visuels placés en fond de scène et les éclairages en contre jour placent d’emblée le spectateur – jouissivement électrocuté sur place ! – dans une situation idéale : le divin son du groupe formé à Nashville autour de Mr White saisit littéralement. Les musiciens jouent tous à la perfection, les instruments changent de main comme dans un rêve et les micros sont admirablement partagés… On constate instantanément que le White Stripes en chef est un batteur impressionnant, qu’il insuffle avec l’aide de son fidèle acolyte (le bassiste à lunettes façon Roy Orbison, Mr Lawrence) un implacable groove aux titres des auteurs du très bon Horehound et que Dan Fertita est un killer à la guitare (façon Jimmy Page/Jack White) et à l’orgue (parfois façon Suicide). Placée dans des conditions idéales au sein de cette "dream team of rock ‘n roll blues", Alison Mosshart n’a plus qu’à laisser parler sa classe vocale naturelle… et habituelle. Ses feulements suaves, ses cris de féline en chaleur et ses vocalises outrageusement sexy sont un véritable bonheur à écouter. Ses duos avec Jack White au micro sont, quant à eux, à tomber à la renverse, il semble vraiment que le courant passe très bien entre les deux chanteurs… Comme avec le reste du groupe d’ailleurs, qui fait une démonstration de heavy rock bluesy et pyché.

Le plancher de l’Olympia vibre de plaisir...

L’imparable Hang You From The Heavens fait un effet bœuf, la reprise de Van Morrisson (Them) You just can’t win électrise (Jack est en super forme vocale) et le reste de la set list permet de voir à l’œuvre un groupe en état de grâce. Dès que Jack White se lève et se rapproche du micro ou de sa guitare électrique, une énorme clameur emplit l’Olympia, en état de lévitation rock ‘n roll plus qu’avancé (et très enfumée, les consignes n'ont pas été respectées, ouf !). Le très languide et humide So Far From Your Weapon est l’occasion d’un duo très chaud entre Jack et Alison, qui s’est saisie d’un guitare carrée à la Bo Diddley. On remarque que la craquante - et désormais joufflue - chanteuse sait se faire câline quand elle le veut, même si elle est souvent prise de convulsions punk ‘n blues dès que le rythme s’accélère, comme sur Bone House ou le stoogien No Horse. Tant et si bien que le plancher de l’Olympia vibre de plaisir sous les coups de boutoirs de Dead Weather et de son public, à présent complètement hystérique… Quel bonheur mes amis ! Les titres imparables s’enchainent (le très western Rocking Horse, l’hyper enlevé Jawbreaker, le reggae blues Cut like a buffalo, le démentiel New Pony (une reprise de Bob Dylan), le blues fleuve Will There Be Enough Water ?, le démoniaque tube Treat me like your mother, en jubilatoire final) sans laisser un seule seconde de répit…

Un putain de concert !

Loin d’être un super groupe sans âme, les très fervents et inspirés Dead Weather déroulent un imparable set d’un heure quinze, rappel compris. Le public de l’Olympia a pu assister à un putain de concert d’Alison Mosshart (quelle voix !), Jack White (hyper bon à la batterie, infernal aux solos de guitare !), Dean Fertita (excellent guitariste/organiste/choriste) et Jack Lawrence (bassiste dément, batteur parfait, choriste doué). The Dead Weather sur scène, c’est vraiment la très grande classe !

Sites Internet : www.creaturewiththeatombrain.be, www.myspace.com/creaturewiththeatombrain, www.thedeadweather.com, www.myspace.com/thedeadweather, www.facebook.com/DeadWeather, www.thirdmanrecords.com, www.youtube.com/user/TheDeadWeatherTV (vidéos), www.olympiahall.com, www.radical-production.fr.

Photos extraites des sites des artistes...




auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 02/11/2009

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