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Turzi joue B

+ S.C.U.M
+ Zombie Zombie (DJ set)
+ Koudlam
Elysée Montmartre (Paris)
jeudi 29 octobre 2009

Pour célébrer dignement et non pas cérébralement la sortie de son deuxième album B, le groupe Turzi organise une soirée et envahi l'espace de l'Elysée Montmartre. Mais avant de voir les maîtres de la cérémonie, il faut patienter quelques "petites" heures.

La soirée débute avec S.C.U.M, un jeune groupe de Londres. Dominé par un chanteur maniéré qui a des tics de Ian Curtis dans sa gestuelle, ce groupe joue dans la pénombre une musique cold wave qui nous ramène à nos année Cure/Cabaret Voltaire. S'ils n'ont strictement rien inventé dans le genre (on est à 100% dans les 80's), il faut reconnaître que l'on se laisse facilement séduire par ces jeunes qui croient dur comme fer à leur musique. Ce qui n'est déjà pas si mal, quand on joue devant seulement une cinquantaine de personnes. En effet le public arrive tout doucement dans cette salle qui peu contenir 1 200 places. Ce sera chose faite au moment du show de Turzi, mais nous n'y somme pas encore.

Après la cold, place à l'électro techno de Zombie, mais sans le deuxième Zombie soit Etienne Jaumet pour un DJ set. Ce mec à vraiment beaucoup de talent. Un album parfait (produit par Carl Craig) sortie il y a quelques semaines, et une technique côté DJ totalement convaincante. Quand on écoute ses mix on a l'impression de voyager en apesanteur. Etienne Jaumet joue des mélodies répétitives qui fini par attaquer le cerveau et les jambes : et cerise sur le gâteau, un titre des excellents DAF. Bref un sans faute !

Pause clope pour les fumeurs qui ont trouvé domicile en haut des marches de l'escalier qui mène à la salle. Mais ça ne dure pas, car deux gros videurs viennent faire la police pour dire qu'il est interdit de fumer à l'Elysée Montmartre. La salle aurait quand même pu prévoir un local ou un espace, surtout quand la musique s'y prête. Donc Turzi une musique de drogués ? Mais non !

Changement de style avec Koudlam. Ce one-man-band aime se la pèter. Entre la classe de Bryan Ferry et la gonzo attitude de Gonzales, Koudlam ne fait pas dans la finesse. Toute la musique est sur un ordinateur portable et lui chante avec de façon assez maniérée. Ce qui peut irriter ou au contraire faire sourire ou fondre (quand on est par exemple du sexe féminin). Le style musical sonne très new-wane synthé comme Human League. Il faut avoir pas mal de recul pour apprécier ce personnage.
Une pause Dirty Sound System (enfin je pense que c'est eux, ou alors c'est Sinclair Gogon) et enfin Turzi.

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La pression est forte, car d'habitude à Paris le groupe de Romain Turzi joue dans des salles plus petites comme le Point Ephémère. D'entré le matos sur scène impressionne, notamment niveau guitares. Ils sont disposés au devant de la scène, ça rappelle Sonic Youth en live. Les musiciens s'installent dans la pénombre avec en arrière plan un écran qui diffuse des images de Google Maps (ou dans le genre), et c'est parti pour un show de 90 minutes.
Turzi seul contre tous, va pendant 70% du concert faire une musique monobloc, qui laisse peu de place à l'espoir. Sombres, répétitifs et psychédéliques, les titres donnent l'impression d'en faire un seul. On a le sentiment d'assister à une performance artistique qui laisse peu de place au spectateur, qui sera du coup plutôt calme, comme assommé par le son. Certes par moment la rythmique se veut plus rock, mais cette lueur est vite rattrapé par le "drone de l'enfer" : Lucifer à du être aux anges (sic) face à tant de décibels nocturnes. Alors tel un trip (good ou bad), la musique de Turzi en live (du moins pour ce concert), ne fait pas de cadeau ! Ici on n'est pas à boboland, donc le "trip" n'est pas "hop". Après plus de 60 minutes de messe noire, c'est la pause. La deuxième partie est plus noisy pop. Les morceaux ne s'étirent plus. Après l'atmosphère "un titre par face de 33 tours", c'est le côté "5 titres par face" et donc plus facile d'accès qui achève le show. Par contre, petite déception pas de Brigitte Fontaine ni de Bobby Gillespie sur la scène pour interpréter les titres présent sur l'album.

Au final, pas facile d'entrer dans une musique psyché 70 quand il est interdit de fumer. C'est comme pour le reggae, il faut les conditions optimales. Allez la prochaine fois, un concert dans un squat, ce serait tellement plus cool. La soirée était malgré tout plutôt réussi ! Bon je vous laisse, je pars planer avec mon pote Lucifer.


Photos : Flore-Anne Roth

A lire : Interview de Turzi ici


www.myspace.com/turzi
www.myspace.com/scum1968
www.myspace.com/therealzombiezombie

auteur : Paskal Larsen - pjulou@free.fr
chronique publiée le 03/11/2009

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