21/07/2019  |  5211 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 16/07/2019 à 22:02:07
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Jay Reatard, Atomic Garden

La Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand)
dimanche 8 novembre

Et hop, une bonne claque (super) sonique administrée juste avant d’aller se coucher par la pop ‘n punk de Jay Reatard et le punk hardcore d’Atomic Garden ! Voilà ce qu’il fallait pour sauver de la sinistrose un sombre dimanche de novembre, avant d’aller rejoindre les bras de Morphée avec sa dose de rock ‘n roll…

Commençons par un petit coup de gueule ! Comme à chaque fois qu’il y a un concert classe, le club de la Coopé sonne un peu creux (c’était pareil vendredi pour Fredo Viola dans un autre style), et c’est franchement désespérant, surtout avec des tarifs de 10 euros (prix normal) ou de 5 euros (si l’on est adhérent)… Il ne faudra pas venir se plaindre après si l'on finit par n’avoir que des concerts consensuels et merdiques. Cette petite mise en point étant faite, voici un petit résumé de la soirée :

Atomic Garden,Une belle énergie et une sacrée foi…

Dans un style que l’on n’apprécie pas forcément mais avec une belle énergie et une sacrée foi en ce qu’ils font, les Clermontois d’Atomic Garden - qui ont déjà tourné aux USA, chapeau ! - ont parfaitement préparé les oreilles au déluge punk de Jay Reatard. Atomic Garden évolue dans un registre punk ‘n grunge hardcore très influencé par le chant de Dave Grohl et la musique des Foo Fighters. La recette est simple et percutante : la section rythmique envoie du lourd, laissant la voie libre à un chant hurlé et des parties de guitare bien furieuses… Efficace et bien rock ‘n roll donc, le set d’Atomic Garden, qui nous a remis en mémoire les concerts des Foo Fighters pour leur première tournée (avant que le groupe ne sombre corps et âme dans un stadium rock à faire se retourner Kurt Cobain dans sa tombe), qui était passée au Transbordeur de Lyon puis au Théâtre Antique de Vienne, avec Neil Young.

Jay Reatard, Trop fort !

Après une balance effectuée à l’arrache sur scène (le trio débarque à peine de son voyage de Bologne où il jouait la veille et demain il part pour Bruxelles, ouch !), Jay Reatard et ses deux nouveaux acolytes – le chevelu musicien de Memphis s’est séparé il y a peu des précédents bassiste et batteur dans des conditions houleuses – se lancent dans une course effrénée vers les loges ; en 40 minutes chrono, ils enchaînent toute la set list sans que le public puisse reprendre son souffle. Au menu : des pop songs jouées à la vitesse de l’éclair (à la Ramones ou à la Frank Black), hurlées avec un chant acide et boostées par une énergie punk adolescente…

"This is not rock ‘n roll !"

Jay Reatard est égal à lui-même : il a l’air très énervé et toujours à deux doigts de sortir de ses gonds (il a d’ailleurs annulé son concert à la Maroquinerie à Paris au dernier moment la semaine dernière) ; le voyage semble l’avoir bien énervé et la limitation du son à 105 décibels lui fera dire les seuls mots de la soirée : "This is not rock ‘n roll ! I apologize !" Nous, on trouve ça trop fort, dans tous les sens de l’expression d’ailleurs : le son est à un volume élevé à notre goût et le show de Jay Reatard est excellent… Quelle hargne ! Quelle envie d’en découdre avec sa Flying V et son micro ! Ce gars-là passe son temps à headbanguer ou à postillonner dans sa chevelure blonde et frisée, tout en ferrailant comme un damné sur ses six cordes… Tous les mini tubes punk ‘n pop du monsieur y passent, qu'ils figurent sur l'excellent dernier album Watch me fall ou pas : So easy, It ain’t gonna save me, See saw, Man Of Steel, Faking it, Can’t do it anymore, Oh It's Such a Shame, I’m watching you, My Shadow… Ils sont joués de manière hystérique par un groupe positivement exaspéré. On se demande même comment fait le batteur pour tenir ce rythme de dingue… Car même pendant "le quart d’heure américain" (où Mr Reatard empoigne une guitare sèche, qui sonne comme une électrique, pour interpréter des morceaux plus calmes : on pourrait parler de country punk pop) il n’ y a rien de reposant ou d’apaisé. Bien au contraire.

Le sauveur du rock ?

En surfant sur les charbons ardents de son inspiration démente, Jay Reatard met une belle gifle à son public, pétrifié par la cuite du samedi au Bikini et/ou l’effet dimanche soir. Quarante minutes après avoir entamé son travail de sape sur le système auditif de son auditoire, celui que certains présentent comme le sauveur du rock ‘n roll (comment leur donner tort ?), pose sa guitare et se casse sans avoir dit ni bonjour ni au revoir. Il a néanmoins eu la politesse de donner un concert aussi dingue qu’extrémiste et d’avoir laissé tout le monde sur le cul. Il ne fallait pas arriver en "Reatard", c’est tout.

Sites internet : www.jayreatard.com, www.myspace.com/jayreatard, www.matadorrecords.com, http://myspace.com/atomicgarden, www.lacoope.org.

Photos : Jean-Charles Belmont (jeancharlesbelmont@gmail.com, 06 64 38 48 11, http://jeancharlesbelmont.blogspot.com)




auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 18/11/2009

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