20/05/2019  |  5192 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 15/05/2019 à 14:30:18
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The Raveonettes

+ Rodeo Massacre
La Flèche d'Or (Paris)
samedi 12 décembre 2009

Après Evan Dando le 23 novembre, la venue des Raveonettes était l'autre concert événement, de la réouverture de la Flèche d'Or. Fermée pendant 7 mois pour travaux, la Flèche d'Or re-liftée a certes perdu de son charme d'antan (c’est l’ancienne gare de Charonne) pour maintenant ressembler à une salle de concert lambda. Pour le plaisir des oreilles et des yeux, par contre le son s'est développé en qualité et la visibilité des groupes sur scène y est bien meilleure qu’avant grâce au bar retranché au fond de la salle et en plus le prix de la bière a baissé d’un euro, donc bon point.

Qui dit concert évènement, dit foule très présente. L'ouverture des portes prévue à 20h, ne se fera pas avant 21h15, à cause d'un incident technique lié à la scène... Du coup 200 mètres de queue dans le froid du mois de décembre ! La porte une fois ouverte et encadrée par deux videurs, le public entre au compte-goutte (comme pour entrer dans une boîte de nuit). A mon avis, les personnes qui étaient en bout de file se sont transformées en glaçon ! Surtout que la file d'attente a perduré tout au long des concerts.

Après l'aspect logistique, maintenant place aux concerts.

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A la suite de la prestation du groupe Idol qui laissera peu de traces dans ma mémoire, arrive sur scène Rodeo Massacre . Ce trio français (nouvellement installé à Londres), composé du créateur de la marque de vêtements hype April 77 et mené par Isabel la chanteuse suédoise à la longue chevelure blonde, réalise un rock seventies des plus réussis. Un mélange de Jefferson Airplane et de Shocking Blue pour le style mais en y apportant pas mal de fraicheur, de "corps" et de pose. Ce trio a pas mal de classe (judicieusement étudié) et ce qu'il faut d'attitude pour en faire un bon groupe de rock. Le guitariste joue assis en tapotant la batterie, le garçon au synthé a un look soigné tendance rockab' fan des Smiths , joue aussi de la guitare et enfin, look hippy bohème, Isabel chante avec une voix magnifique (elle a fait parti d'une chorale). Très à l'aise sur scène, Rodeo Massacre ne massacre pas sa musique et nous transporte vers les années Woodstock , mais sans tomber dans l'esprit baba. Leur musique transpire le rock juteux et diffuse une voix possédée par l'esprit de la soul. Un bon moment live pour la mise en bouche des danois The Raveonettes.

La tension monte dans le public. Un public du samedi soir hétéroclite, pas spécialement venu voir la tête d’affiche. Le prix d'entrée (8 euros avec une conso) facilite l'envie à la personne lambda de sortir voir un concert le samedi soir. C'est bien. Par contre, certains ne savent pas encore ce que c'est un concert de rock : à savoir qu'on peut se faire piétiner les pieds, que l'on peut se faire bousculer si on se trouve à côté de la scène, surtout si le concert est complet et que l'on est serré comme des sardines. Un concert de rock, ce n'est pas une séance de cinéma, ni une petite soirée en tête à tête au restaurant. Quand on vient voir un concert de rock, il faut accepter les codes ou alors on regarde un spectacle chez soi en DVD confortablement enfoncé dans son canapé. Mais à l'allure où le politiquement correct s'installe, dans un avenir (proche ?), après l'interdiction de fumer et parfois de boire dans certaine salle (par exemple la Cartonnerie à Reims -cf concert de Slint-), dans un concert on aura plus droit de bouger, de parler, juste de rester passif, regarder ce qui se passe sur les planches et applaudir mécaniquement entre les titres (sic !), puis repartir chez soi. Allez,  j'arrête c'est un cauchemar ! Bref tout ça pour dire qu'en ce samedi soir, malgré la présence de pas mal de fans qui connaissent les chansons sur le bout des lèvres, les Raveonettes n'ont pas eu droit pleinement au public qu'ils méritaient.

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Ce qui est dommage car une fois de plus leur concert est une petite merveille de plaisir visuel et sonore. Leur mélange de noise à la Velvet underground/ Jesus & The Mary Chain et de rock sixties bubble gum à la Phil Spector est un pur plaisir qui prend sur scène toute sa fraicheur pétillante. La complicité du couple Sharin Foo (guitare voix) et de la blonde stylé "Nico" Are Sune Rose (chant, guitare, batterie) fonctionne à merveille, soit la belle et…. heureusement pas la bête. Augmenté d'un batteur qui joue debout et d'un guitariste, les chansons rayonnent à merveille et prennent toute leur dimension glamour rock. En effet le mélange "mur de son" sous les stroboscopes avec la pop sixties sous une lumière rouge et bleue est un vrai bonheur pour les yeux. Les voix aériennes et lointaines, souvent noyées dans les décibels font plaisir à entendre et donnent pas mal de frissons dans le dos. La force du groupe est, sous ses airs discrets, d'en mettre finalement plein la vue. Are Sune Rose porte une robe noire moulante très simple, qui fait ressortir le relief de ses cheveux couleur blé de lune et Sharin Foo a carrément un style quelconque avec son t-shirt marin sans forme, donc pas du tout fashion en cette soirée de sortie, mais par contre totalement efficace quand il faut envoyer la purée noisy sur leurs nombreux tubes pop.
Oui voir The Raveonettes est un plaisir que l'on a envie de partager avec ses amis, ses voisins de l'instant pour tout simplement s'éclater et prendre du plaisir dans cette époque "Sarkoland" et oublier le temps d'un instant les soucis de notre planète polluée que l'on va laisser à nos enfants. Si dans un futur proche, il reste encore sur Terre une île dépourvue de pollution et donc paradisiaque, j'espère que l'on pourra écouter la musique des Raveonettes.

PS: merci à Isabelle J. pour la relecture de cet instant live passé ensemble et à Michela Cuccagna pour ses très jolies photos en noir et blanc. La photo couleur surréaliste est signé Paskal Larsen.


www.myspace.com/theraveonettes
www.myspace.com/rodeomassacre
www.michelacuccagnamusicbook.com/

auteur : Paskal Larsen - pjulou@free.fr
chronique publiée le 15/12/2009

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