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The Kissinmas, The Rebels of Tijuana, Bruxelles

Centre Camille Claudel (Clermont-Ferrand)
samedi 19 décembre 2009
Avant la désespérante trêve des confiseurs et son cortège de crises de foie, de soirées trop arrosées, de bons sentiments souvent faux et de résolutions vite oubliées, un dernier concert en 2009 à Clermont-Ferrand, salle Camille Claudel, avec à l’affiche, Bruxelles, Rebels Of Tijuana et The Kissinmas… Merci aux courageux organisateurs de continuer à garder intacte la flamme du rock ‘n roll en programmant des concerts dans des petits lieux et à des périodes de calme plat. Car sans cela, on s’emmerderait ferme, il faut bien le dire…

Bruxelles C’est le groupe Bruxelles - présélectionné pour les découvertes du Printemps de Bourges 2009, comme les Kissinmas d'ailleurs - qui a la lourde tache de déclarer ouvertes les hostilités (musicales) devant un public assez nombreux, mais soumis à un éclairage allumé dans la salle pendant tout le concert… Difficile de se mettre dans l’ambiance quand on se retrouve éclairé comme dans un commissariat pour une garde à vue ! Ce problème technique (qui sera résolu plus tard, ouf !) ne gâchera toutefois pas la prestation de Bruxelles, un groupe de heavy pop plutôt doué pour mélanger à sa sauce la pop synthétique, le rock stoner façon Queens Of The Stone Age et les tentations radiophoniques… Que les titres soient calmes ou virulents, la mayonnaise prend, et ce malgré des parties vocales parfois placées bizarrement et souffrant d’un accent français assez prononcé. S’il y a du boulot à ce niveau-là, la cohésion du combo clermontois fait merveille sur la plupart des morceaux (guitares électriques en pétard, rythmiques d’airain, synthés vrillants… ), et ce même si les excès de la veille – il y avait une première soirée ici-même – semblent avoir laissé quelques traces dans les organismes de ce jeune groupe. Quand la "machine" sera parfaitement rodée par les nombreuses dates de concerts et que le premier album sera sorti – c’est prévu pour 2010 –, tout cela peut faire très mal.

Rebels Of Tijuana Un peu de pop rock sixties pour continuer la soirée, ça dit à quelqu’un ? Oui, répond en chœur le public, si l’on en croit l’ambiance immédiatement créée par les Rebels Of Tijuana, un groupe de Genève hyper à l’aise sur scène. Sorte de rencontre bienvenue et parfaitement orchestrée entre Jacques Dutronc, Nino Ferrer – pour les excellents titres en français – AS Dragon, Bertrand Burgalat, – pour le soupçon de décalage kitsch -, The Kinks, The Rolling Stones – pour les guitares saturées –, The Small Faces et Paul Weller – pour le côté Mod stylé –, la musique de ce gang de killers a tout pour électriser l’auditeur de la tête aux pieds. Et le faire twister façon rock ‘n roll dans les secondes suivantes ! C’est à la fois super chaud, très frais, sacrément relevé et joué avec une ferveur qui n'a d'égale que l'enthousiasme des musiciens… Leader naturel du combo suisse, le chanteur/bassiste possède des cordes vocales rocailleuses et puissantes qui lui autorisent de nombreuses acrobaties, bien soutenu qu’il est par un guitariste (jolie coupe au bol !) très expansif, un organiste ne tenant pas en place et un batteur cogneur. Les textes en français sont savoureux (J’adore ce flic, Ma jaguar… ), les compositions sont percutantes, ces gars-là prennent leur pied sur les planches et ils font en sorte que leur public fasse de même, n'en jetez plus ! Bien joué messieurs les rockers !

The Kissinmas Grâce à Bruxelles et à Rebels Of Tijuana, la température dans la salle Camille Claudel est suffisamment montée pour provoquer une explosion pendant le set impeccable des Kissinmas nouvelle formule. Revenu remonté à bloc après une salvatrice pause et quelques changements dans le groupe (plus de synthés et une guitare plus saturée), le groupe clermontois emporte tout sur son passage… Quoi de plus normal, avec des chansons - tour à tour fois fraîches et sauves puis musclées et rock ’n roll - qui donnent envie de faire onduler son bassin (on ne va pas vous faire un dessin… ) et d’arrêter de prendre des poses de poète maudit… Les filles et les garçons des premiers rangs sautent ensemble en l’air, tout à leur joie de communier sur ses pop songs véritablement profilées pour escalader les charts. La troupe de musiciens fans de Blur, Pulp, Kinks & Co boit du petit lait sur scène : la joie de jouer est quasi palpable… Sorte de lutin diabolique, le chanteur joue à la perfection de sa voix versatile, sexy et enflammée. Facile, avec un organe au registre si étendu (des aigus sexy aux graves… sexy aussi, décidément !). On remarque bien ici ou là certains passages moins convaincants au piano en son clair et des slows un peu trop grandiloquents... mais comment bouder son plaisir devant un étalage de classe du chanteur pile électrique, du vrombissant bassiste (qui remue joliment sa touffe de cheveux sur ses énormes lignes de basse), du batteur lapin Duracell (quelle santé !), du parfait préposé aux synthés et du tonitruant guitariste (très à l’aise… ) ? Il y a là tout pour faire un carton, emballer les filles et se faire des montagnes de dollars. C’est en tout cas tout ce qu’on souhaite aux Kissinmas. Qui terminent leur set par un Xmas song (We wish you a Merry Christmas… ) de circonstance. Une très bonne soirée donc !

Sites internet : www.myspace.com/bruxellesband, www.cqfd.com/bruxellesband, www.myspace.com/therebelsoftijuana, www.myspace.com/thekissinmas.

Photos de Bruxelles et Kissinmas prises par Nicolas Auproux, le 5 décembre pour les Sélections des Découvertes du Printemps de Bourges.


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 06/01/2010

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