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Zak Laughed & The Hobos Company, Araban, The Elderberries, Sinner Sinners, The Plastic Invaders, Seven Seas

(Clermont-Ferrand)
jeudi 31 décembre 2009

Comment finir l'année 2009 en beauté ? Comment débuter 2010 gonflé à bloc par un 31 décembre très agité ? Comment repartir heureux et avec assez d’énergie pour attendre de pied ferme le printemps ? Et bien, pour cela il suffit de se rendre à un réveillon rock ‘n roll, dans le garage du guitariste des Plastic Invaders, à quelques encablures de Clermont-Ferrand. Au menu : du rock et du roll avec Zak Laughed & The Hobos Company, Araban, The Elderberries, Sinner Sinners, The Plastic Invaders et Seven Seas

Zak Laughed & The Hobos Company

Dès 20h30, tout le monde est excité comme jamais à l’idée de faire n’importe quoi en écoutant jouer certains des meilleurs groupes de Clermont-Ferrand. Toute la faune du bar Le Bikini s’est donnée rendez-vous, emmenant dans ses bagages des provisions pour passer une bonne soirée (à boire et à manger) et des disques pour alimenter le dance floor, situé dans le salon. Après un arrêt au stand, j’ai nommé la fontaine à cocktail, on descend au garage pour assister à un concert réjouissant et roboratif de Zak Laughed & The Hobos Company. L’ambiance n’est pas encore hystérique mais la très bonne prestation de Zak et de son groupe fait vraiment plaisir à voir et à entendre.

La voix fluette mais assurée du songwriter en chef, sa guitare Danelectro et le power trio qui l’accompagne (basse, batterie, guitare électrique) s’entendent à merveille pour délivrer une belle série de titres sonnant franchement punk. On commence à se sentir très en joie et à réfléchir au moyen de faire le plus de conneries possible quand résonne un fameux hit des Eagles of Death Metal : c’est totalement jouissif malgré quelques atermoiements à la fin du titre, donnant encore plus envie de péter les plombs. Et reprendre un titre de heavy glam viscéral avec grosses guitares bien grasses, c'est un excellent moyen de casser une (fausse) image d’ado folkeux. Bien joué !

Araban

Pas le temps pour les rappels, ça se bouscule au portillon pour assurer la suite : les intenables Araban se profilent déjà à l’horizon avec leurs instruments de "torture" préférés. Et comme à chaque fois, l’alchimie entre ces quatre-là fonctionne quasi instantanément, tout juste faut-il s’habituer à entendre le batteur jouer sur une vraie batterie, une énorme Staccato rouge, qui est honorée en lieu et place de la caisse claire habituelle. Heureux comme un pape derrière son kit, l’énorme - par le talent - musicien envoie du lourd, propulsant son combo surf ‘n rock ‘n roll (et le public, chauffé à blanc) dans une stratosphère aussi sonique que cinématique.

Car il y a là tout ce que peut rechercher un homme amoureux de la musique du diable : de l’énergie à revendre, un univers aussi personnel que marquant, de l’humour bravache, de la violence gratuite, des mélodies maléfiques, du bruit distordu et des cris de possédés… Tel de dangereux desperados dans un western de Sergio Leone (avec Ennio Morricone au score), les membres virils d’Araban travaillent au corps leurs fans. Qui atteignent, grâce à eux, le nirvana après une séance jouissive de rock ‘n roll, où les tubes du groupe et un nouveau titre s’enchaînent comme à la parade. Putain que c’est bon ! On en veut encore ! Un concert aux Découvertes du Printemps de Bourges en avril 2010 et un album, voilà ce que l’on souhaite à Araban pour la nouvelle année !

The Elderberries

La moutarde commence à nous monter sérieusement au nez, et l'on se met à ressentir un énervement teinté de joie et de surexcitation rock en voyant les personnes présentes monter, elles aussi, en puissance : les bières, les cocktails et autres réjouissances se boivent comme du petit lait. L’envie d’organiser de manière improvisée un grand concours de slam commence à faire son chemin dès le début du set de feu des Elderberries. Remontés comme des pendules, très contents d’être là, galvanisés par un public en état de fusion avancée, le gang de heavy stoner rockers donne l’un de ses meilleurs concerts à ce jour. Et ce à la fin d'une année bénie qui les a vus retourner comme jamais le Bikini, la Coopé et les nombreuses salles de leur tournée française. Aujourd'hui, on peut le dire, la formule magique a été trouvée : il faut mettre tout à fond, hurler dans le micro et défoncer chaque instrument comme si sa vie en dépendait et, hop, le tour est joué ! C'est la claque assurée...

On se retrouve illico presto au paradis, et l’on commence à jeter en l’air les gens – consentants (ou pas) – qui se se trouvent à portée de main : hommes, femmes, gros, maigres, jeunes, vieux, petits, grands, tout le monde, ou presque, finit collé au plafond à essayer de ne pas s'écraser comme une crêpe par terre… Les Elderberries sentent que ça vient ; ils en rajoutent donc une bonne couche en jetant de l’huile sur le feu avec leur titres démoniaques. Les musiciens finissent eux-aussi par slammer allègrement. Pour fêter ça de belle manière en se ridiculisant, on décide alors de tenter un stage diving depuis les retours de la scène improvisée : par deux fois après un difficile envol – une année de plus sans sport est passée par là ! –, on réussit à s’élever brièvement et à surfer tant bien que mal, avant de s’écraser comme une grosse loque à plat ventre au fond du garage. Pathétique, certes… mais excessivement drôle à faire. Le rouleau compresseur scénique des Elderberries, quant à lui, finit le job en beauté par une série d’uppercuts qui ratatinent tout le monde, sans exception… A la fin du set des Elder, il est minuit, c'est une belle occasion pour s’embrasser comme du pain chaud et pour souhaiter une bonne année pleine de sex and drugs (celles qui conviennent à chacun) and rock ‘n roll à tout le monde.

Sinner Sinners

Déjà passablement chauffés à blanc, les fêtards ont ensuite droit à un concert dément de Sinner Sinners, qui monte le volume, affûte ses guitares et balance sa sauce heavy horror punk avec maestria et virulence. Le maître de cérémonie hurle à s’en faire exploser les cordes vocales, sa femme triture son orgue et gueule en chœur, la basse gronde, la batterie claque et la guitare électrique fait des solos dans les aigus : tout cela est parfait pour continuer à sauter de joie et à faire n’importe quoi ! Les riffs tétanisants, les cris méphistophéliques et les rythmiques façon sprint final s’entrechoquent dans un grand carambolage sonique qui donne envie de vociférer son bonheur à tue tête. Et cela même si, provocateur en diable, le chanteur dédicace vers la fin du show un titre de Metallica à un certain Pierre A., pas le plus grand fan de ce groupe vénéré par des cohortes de métalleux. Cela dit, force est de constater que ce Seek and destroy chanté de manière démentielle par le Reverend Ryan Sutton (guitariste des Elderberries) est carrément de nature à réjouir tout fan de rock ‘n roll qui botte le cul. Pour la forme, on décide de doucher le jeune et impudent leader des Sinner Sinners à la bière, celui-ci ripostant intelligemment en secouant sa bouteille en direction de notre tête. C’est malin, on est tous trempés comme des rats maintenant ! Mais il fallait bien ça pour éteindre l’incendie allumé par Sinner Sinners à grands coups de tubes heavy punk rock. Signalons aux fans de ce style requinquant que le vinyle deux titres LA’s Burning est disponible chez Spliff ou par correspondance depuis le 30 décembre. Avis aux amateurs !

The Plastic Invaders

Après cette overdose quasi létale de rock ‘n roll, on commence à être clairement sur les rotules, juste le temps de deviser sur le sens de la vie avec une opulente blonde déguisée en pin up gothique et les Plastic Invaders délivrent une prestation dont ils détiennent jalousement le secret. Peter Marvel (chant), Vince-O-Matic (guitare) et leurs acolytes – en instance de divorce à l’amiable mais toujours amis, ouf ! – se font fort de prolonger la délicieuse séance de défonce auditive.

Pour ce faire, ils n'ont qu'à alterner les bons titres de leur unique album à ce jour et leurs savoureuses reprises boostées aux hormones mâles. En ne se laissant pas déconcentrer par les interventions débiles d’un fan – très – aviné au micro. Les Plastic Invaders envoient la purée avec classe et foi, et cela rejaillit sur l’audience, ravie par l’expérience généreusement offerte, entre punk, rock ‘n roll et garage sixties. Merci pour la démonstration et à bientôt, espérons-le !



Seven Seas

La soirée se termine (pour nous autres pauvres pécheurs imbibés) par le passage tardif mais sympathique du groupe Seven Seas, le deuxième projet musical de Jack Daumail avec celui d'Arcwest : s’il ne sont pas nés de la dernière pluie, les musiciens de ce combo transpirant la passion savent conjuguer le verbe "rocker" à tous les temps. Ce qui fait office de conclusion bienvenue à ce réveillon de rêve ! Merci à Vince et Zaza, les très accueillants et généreux organisateurs de ces bacchanales de la musique qui tape tape tape. C’était diablement réussi… et à rééditer dès que possible, nom d’une pipe en bois !

Sites Internet : www.myspace.com/sinnersinners, www.myspace.com/plasticinvaders, www.myspace.com/zaklaughed, www.myspace.com/theelderberries, www.myspace.com/sevenseastheband, www.myspace.com/arabanband.

Photos : Marie Chapeau Boada (sauf celle de Sinner Sinners).


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 08/01/2010

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