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Ventura feat David Yow

+ Binaire
+ Mein Sohn William
La Flèche d’Or (Paris)
vendredi 22 janvier 2010

Mais que vient faire David Yow avec Ventura, un jeune trio suisse de Lausanne, par ailleur capitale de l’art brut ? David Yow serait-t-il en manque d’instants live depuis la séparation (définitive ?) de Jesus Lizard ? Ainsi après une apparition avec Qui, puis la reformation de Jesus Lizard pour quelques concerts en 2009, voici donc notre pape de la noise en résidence aux Docks pendant une semaine pour enregistrer deux morceaux et faire quelque dates avec Ventura. David Yow se retrouve dans le rôle du mentor, du parrain (un peu comme le producteur Steve Albini, qui fait des tarifs jeunes pour les groupes qui débutent). Pourquoi le choix de Ventura plus qu’un autre groupe ? Certes la noise de Ventura est plutôt pas mal, mais ne propose rien de révolutionnaire. Entre hardcore noise et post rock, Ventura envoie la sauce d’une façon correcte, mais bon à l’ouest rien de nouveau. Sur scène, pas véritablement de surprise. David Yow, sur le côté de la scène, chante sans trop de conviction. Pas d’excès dans l’attitude, il reste même plutôt sage. Après 3/4 titres (et non pas litres d'alcool !) il laisse les membres de Ventura s’exprimer seuls comme des grands. Le parrain a ouvert le bal, maintenant à eux d’assurer la suite. Leur son est correct et ça fonctionne plutôt bien. Mais on reste quand même un peu sur sa faim. Bref, Ventura séduit mais pas de quoi réveiller un mort. David Yow revient à la fin du set pour 2 autres titres avec un son de basse très Jesus Lizard. Et voilà c’est fini. Malgré tout, on a passé un bon moment ! Et ne faisons pas la fine bouche, quel plaisir de revoir David Yow, si près du public, avec une possibilité de discuter avec lui en buvant une petite bière. Ce mec à de la bouteille (côté carrière !), et reste toujours accessible. Respect man ! Bref après Peter Doherty le 18 janvier, la Flèche d'Or frappe fort avec les figures du rock.

Avant cette prestation, on a pu aussi voir et apprécier les marseillais Binaire. Ce duo joue dans le public une musique noise indus, qui fait par instant penser à Godflesh. Leur noise est un rouleau compresseur qui ne laisse pas de place au temps mort ni au vide. Efficace au possible, la formule de Binaire est au point. Un pied avec deux micros face à face pour que les deux chanteurs guitaristes puissent lâcher leur salive baveuse remplie d’électrodes post nucléaires. Binaire fait une musique intense qui s'en prend directement au mental du public, grâce aussi à une proximité voulue avec lui (comme les Lightning Bolt qui eux aussi ne jouent pas sur scène mais dans le public) qui renforce cet effet. L’attitude de Binaire est presque proche de la performance, à faire sauter les câbles et à faire transpirer les murs des galeries d’arts contemporains. Vous l’avez compris, j’ai été téléporté par la noise/indus de ces marseillais "dernier cri".

La soirée avait débuté avec Mein Sohn William, un solitaire qui joue aussi dans le public. Mais je ne pourrais pas vous parler de sa prestation car en arrivant dans la salle, peu remplie et plutôt statique, j’ai fait preuve d’un peu trop d’empressement en dansant devant lui et je lui aurais fait peur (involontairement). Aussitôt un videur m’a rappelé à l’ordre. Mais pourquoi alors joue-t-il dans le public et non pas sur la scène ? Bref à la Flèche d’Or il faut être sage ! Je vous fais l'impasse d’autres anecdotes qui le confirment…


www.myspace.com/vntr
www.myspace.com/binaire
www.flechedor.fr/

auteur : Paskal Larsen - pjulou@free.fr
chronique publiée le 25/01/2010

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