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Laurent Garnier, Youthman

La Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand)
jeudi 28 janvier 2010

Après une très percutante introduction de Youthman, Laurent Garnier et son groupe ont retourné la Coopé en deux temps trois mouvements avec un set virevoltant, éclectique, versatile, enthousiaste et généreux. Compte rendu éclair…

L’édition 2010 des Nuits Divines, mini festival électro traditionnellement organisé à Clermont-Ferrand pendant le Festival International du Court Métrage, commence par un set bien envoyé du régional de l’étape (mais sachant s’exporter), Youthman. Comme il le dit lui-même, c’est un peu dur de prendre dans les oreilles un déluge de drum ‘n bass comme ça, sans préchauffe, à 20h30. Mais, fort heureusement, l’homme a plus d’un tour dans son sac électronique cauchemardesque, avec en particulier du hip hop et, surtout, un super titre de trip hop magistralement planant. A part sur un titre avec voix R&B trop Fm et sur un assez terrifiant morceau rappé en direct en français, la prestation est convaincante. D’ailleurs, le public réuni dans la grande salle – réduite de moitié – ne s’y trompe pas, commençant à monter en puissance de manière très significative…

Dès l’arrivée de Laurent Garnier sur scène, ses fans rassemblés à la Coopé peuvent constater immédiatement que le DJ n’a pas fait le déplacement pour rien. Accompagné sur ce Tales Of A Kleptomaniac tour par d’excellents musiciens de jazz ‘n soul rock et par son "vieux" comparse Scan X, Mr Garnier se la joue chef d’orchestre remonté comme une pendule (indiquant l’heure de faire la fête). Hyper concentré et expressif derrière ses machines infernales, il vient néanmoins souvent se frotter aux musiciens – sax, trompette, guitare électrique avec pédale Wah Wah, orgue… – pour leur donner des indications au micro ou les encourager à donner le meilleur d’eux-mêmes (ce qu'ils font déjà... ).

Le live voit ainsi défiler à vitesse grand V toutes les passions de créateur du label F Com : électro jazz, techno, house, drum ‘ n bass, soul, groove, dubstep etc etc, et ce parfois au cours d’un même morceau ! Furieusement groovy, gravement psychédélique, invitant à la transe langoureuse ou à la surexcitation démente, les titres étirés, trafiqués et remixés en live de Laurent Garnier font un énorme effet sur l’assistance, très en joie. Certes, l’homme abuse un peu du micro et des commentaires techniques adressés à ses musiciens, mais il est impossible de bouder son plaisir devant un tel étalage de classe à l’état pur. Grâce à cela, le public qui s'est déplacé est plutôt chaud ce soir à Clermont... Le pionnier de l’électro accorde donc des rappels sans se faire prier, avec moult harangues drolatiques au micro et en remerciant chaleureusement pour l’accueil qui lui est fait. Ses admirateurs transis ont alors la joie de reconnaître de vieux morceaux invitant à se comporter en petit kangourou sans ecsta sur la piste de danse. Quand le point final est mis à cette excellente soirée, l’on se dit que ce live de Laurent Garnier méritait vraiment le déplacement !

Sites internet : www.myspace.com/laurentgarnier, www.myspace.com/centralmassive.


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 31/01/2010

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