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The Besnard Lakes

Le Bus Palladium (Paris)
lundi 19 avril 2010

A l'occasion de son passage à Paris (sans avion dans le ciel en raison du "nuage de cendres" et sans train, suivant les destinations, à cause d'une grève SNCF en stand-by depuis 10 jours environ), le groupe canadien The Besnard Lakes a posé ses notes progressives dans le mythique club du Bus Palladium. Ce temple du rock (cousin du Gibus) est certes très respecté, voire culte (le film de Christopher Thompson sorti en mars dernier), mais il faut reconnaître qu’une fois à l’intérieur du lieu on "débande" très rapidement. La salle et la scène ne sont pas très grandes, du coup on se sent un peu à l’étroit, et il vaut mieux ne pas être claustro quand l’espace est bien rempli comme, c’est le cas ce soir. Ensuite, il est préférable de se placer près de la scène pour ne pas être perturbé par le son, car au fond de la salle c’est un peu un brouillon sonore, ce qui est fort dommage pour une musique aux inspirations prog'.

Sur disque, la musique des Besnard Lakes est très raffinée, très mélodique et assez étonnante, car elle mélange noise éthéré/shoegaze entre Ride et le label 4AD avec du rock progressif façon Flaming Lips, ELO, Alan Parsons Project et le Floyd période 70’s. Autant dire une drôle de cuisine qui peut faire peur aux fans des Ramones ou du Gun Club. A part un ou deux titres trop cheap, on peut dire que le style fonctionne plutôt bien. Ce groupe a pour leader le couple Jace Lasek et Olga Goreas, complété de trois autres musiciens. Pas mal d'instruments (percus, sax, synthés, flûte, instruments à cordes) et la voix aigue toute en finesse de Jace peut nous faire voyager très loin, comme elle peut aussi agacer si on est allergique au rock progressif. Bref, pour ce beau paysage sonore, on se demande ce que cela peut produire sur scène.

Si leur musique peut laisser présager de voir au moins 8 musiciens pour pouvoir jouer tout ce folklore prog, ils ne seront finalement que 4 [le couple (chant/synthé/guitare/basse) plus un batteur et un guitariste] et un ordinateur portable (ça aide !). Malgré tout, le rendu de leur troisième album au son de cathédrale, Are The Roaring Night (joué en grande partie dans le set), est relativement bien accompli, à condition d'être bien placé (voir plus haut). Côté style vestimentaire, le look de Jace est tout approprié au genre. Cheveux longs gominés, lunettes vintage et chemise retro. Oui, il aurait pu être en photo dans un numéro de Rock'n'Folk été 1975 aux côtés d'un article ou d'une interview de Yes ou de Emerson Lake & Palmer. Sa femme Olga ne porte pas de robe à fleurs, mais des couettes qui bougent avec son grand sourire. Enfin comme d'hab' un batteur moins stylé, mais qui porte fièrement la barbe fournie et un t-shirt de Led Zeppelin, et un guitariste sûrement fan d'Oasis.
En live, leur son est plus progressif que sur disque au détriment de la noisy pop atmosphérique. Les subtilités sonores des albums sont moins évidentes. Dommage que par instant le trip psychédélique illuminé ne soit pas de la partie. Par contre beaucoup de fumigènes dans la tête. Un effet scénique un peu déplacé vu le manque d’espace, on est proche de l’asphyxie ! C’est peut-être pour justifier le prix d’entrée à 20 euros qu’il fallait sortir le matos à effet visuel (quoique très pauvre en lights show). Mais revenons à nos moutons humains. Le couple Jace & Olga fusionne à merveille. La voix masculine qui monte très haut dans les aigus se marie bien avec la voie féminine, plus timide, plus pop. Les solos de guitares et de synthés sont bien là, mais fort heureusement ne durent pas dix plombes. Ainsi pendant plus d'une heure la musique "arc en ciel" de Besnard Lakes rayonne à tout va. Deux rappels et puis nos canadiens s'en vont rejoindre les esprits de la terre et d'ailleurs. Nous (Larsen and Spear) on se dirige vers le Moulin Rouge et le bar d'Amélie Poulain (nous sommes près de Montmartre), avec une impression un peu mitigée du concert. Bien, mais pas assez stoner pour nos oreilles en mal de riffs psyché. Vivement le live de Dead Meadow le 2 mai à la Maroquinerie !

Photos de Robert Gil. Voir le lien de son blog plus bas.


www.myspace.com/thebesnardlakes
www.thebesnardlakes.com/
www.photosconcerts.com/

auteur : Paskal Larsen - pjulou@free.fr
chronique publiée le 21/04/2010

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