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Lali Puna

+ Seeland
La Maroquinerie (Paris)
28 octobre 2010

Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas vu en concert le groupe de Munich Lali Puna . Et bien ce qui fait plaisir c’est qu’ils n’ont pas été oubliés. Plus de 400 personnes ont fait le déplacement pour venir les applaudir après avoir zappé, volontairement ou non, la première partie. Du coup, dommage pour Seeland qui aura joué devant seulement une petite centaine de personnes avec, en prime, quelques problèmes techniques lié au son. Pourtant, au sein de Seeland se trouvent Tim Felton ex membre du groupe Broadcast et Mike Bainbridge ex Plone, deux groupes de l’écurie Warp qui ont eu un succès d’estime auprès des amateurs de musique électro vintage mélangée au son pop et easy listening. Avec Seeland, le groupe s’oriente vers une certaine forme de new-wave 80 qui cependant devient plus rock en live. Sur scène, le groupe est plutôt réservé et posé. Le chanteur n’est pas très à l’aise pour communiquer avec le public. De plus, sa voix est un peu limitée. Malgré tout, si on ferme les yeux et qu’on se laisse porter par leur musique, le style « anglais » de Seeland a beaucoup de charme. Leur son électro pop se laisse déguster avec plaisir, mais à condition de ne pas être perturbé par les « cree creeeee » non voulus d’un câble mal branché ou d’une prise défectueuse. Seeland ne fait pas dans l’expérimental indus, aussi les grésillements n’étaient pas les bienvenus dans leur musique lunaire. Du coup vivement la séance de rattrapage.

Une petite pause et place à Lali Puna. C’est donc devant un public bien serré que Lali Puna va donner pendant 90 minutes (avec 2 rappels) un excellent concert. Avec eux, c’est un voyage en apesanteur, sans escale, auquel on est convié. Une fois que l’appareil a décollé, on est transporté vers des sons organiques et groove qui ne nous lâchent plus. Leur style électro pop teinté de krautrock n’a pas pris une ride et reste à l’oreille totalement neuf et efficace. Mené par la timide et néanmoins grâcieuse chanteuse Valerie Trebeljahr , le groupe est composé de trois musiciens au look de geeks totalement absorbés par leurs instruments. Trois synthés (dont un modèle Korg et un Moog), une guitare et une batterie, pleins de câbles, sont installés en ligne sur le devant la scène comme pour bien être en contact avec le public. Si l’aspect visuel et scénique du groupe est sans artifice, par contre tout se concentre sur leur musique qui prend du volume et de la consistance au fil de la prestation. Le groupe est détendu et on le sent content de jouer et d’être à Paris. Et le public leur rend bien en les applaudissant chaleureusement. Une des forces du groupe est de débuter leurs titres d’une façon légère et fruitée presque timide et de monter en tempo au fil des minutes pour finir dans un feu d’artifice groove, entêtant et très prenant. Sur ce terrain, on peut les rapprocher de Can et, à chaque fois qu’il y parvient, Lali Puna met le public dans sa poche. En effet, comment résister à cette musique à la fois spacieuse et dansante emmenée par la voix frêle, toute gentille et exotique de Valerie Trebeljahr (d’origine sud coréenne)? On ne peut faire autrement que de secouer la tête, de tapoter du pied, tant leurs mélodies et leurs rythmes nous prennent au corps. Oui, cela fait du bien d’écouter en live la musique de Lali Puna. Après cette belle soirée, il ne reste plus qu’à quitter la salle et à aller boire une petite bière de marque allemande, histoire de rester encore rivé sur Munich.


Chronique du nouvel album de Seeland How To Live ici



www.myspace.com/theonlylalipuna
www.myspace.com/seelanduk

auteur : Paskal Larsen - pjulou@free.fr
chronique publiée le 29/10/2010

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