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MGMT + Dum Dum Girls

Le Bataclan (Paris)
samedi 9 octobre 2010

Samedi 9 octobre, c'est le dernier jour pour assister à l'affiche MGMT + Dum Dum Girls au Bataclan de Paris et donc la dernière chance d'apercevoir le groupe de pop psyché américain (bien accompagné, décontracté, souriant et content de jouer ce soir) dans la capitale en 2010... L'on se souvenait d'un concert un peu bâclé, impersonnel et tristounet à Rock en Seine l'année dernière, et bien dans la très intimiste (mais toujours pas climatisée !) salle du Boulevard Voltaire, c'est une autre affaire : Andrew VanWyngarden (chant, guitare), Ben Goldwasser (claviers, chœurs) et leur excellent groupe de scène (guitare, basse, batterie, synthés) semble heureux d'être là pour faire le service après vente de leur dernier disque, le très bon même si moins truffé de tubes Congratulations...

Dum Dum Girls : Il faudrait songer à muscler votre songwriting et votre jeu de scène, mesdemoiselles !

Juste avant la grand messe psyché avec Management, c'est aux Dum Dum Girls qu'incombe la lourde tâche de dérider une salle en train de se remplir de bobos blasés de la vie. Des gens qui ont pris une place à 35 euros juste pour pouvoir dire après qu'ils ont vus MGMT sur scène et ainsi faire les malins sur Facebook ou Twitter en montrant des photos nazes de live prises avec leur I-phone4. Pas le genre d'ambiance très favorable pour un concert de rock 'n roll, hein ! Aperçues sur quelques morceaux prometteurs à la Route du Rock, les Dum Dum Girls se révèlent un peu anecdotiques sur la longueur d'un set de première partie : il y a certes quelques tubes mais tous les titres sonnent de manière identique, et l'on sent le groupe 100% féminin beaucoup trop timoré. La présence – symbolique mais sympathique – de MGMT au grand complet sur scène pour le dernier titre déride un peu de combo composé de filles sexy inspirées des Girls Band des années 60 et des murs du son de Phil Spector et des shoegazers. Mais il faudrait songer à muscler votre songwriting et votre jeu de scène, mesdemoiselles !

MGMT : Un show à l'américaine avec tubes électro pop sexy, ballades psyché et tentatives réussies de glam pop à la Bowie/Eno...

Dès le premier morceau joué par MGMT, It's Working, on constate avec joie que le combo originaire de Brooklyn est de bonne humeur aujourd'hui : le groupe échange des sourires complices et semble ravi de jouer à Paris, France. Tant mieux, cela rajoute une petite touche d'humanité aux excellents morceaux du groupe parfois gâchés par le passé à cause de la froideur scénique affichée ! C'est parti pour un show à l'américaine - mais plutôt sobre, seules les superbes lumières et les effets psyché des projections étant, joliment, clinquants - avec tubes électro pop sexy (Time To Pretend, Kids, Electric Feel, Indie Rokkers...), ballades psyché (4th Dimensional Transition, The Handshake, Congratulations, The Youth, Of Moons, Birds and Monsters...) et tentatives réussies de glam pop à la Bowie/Eno (It's Working, Brian Eno, Song For Dan Tracy...).

Une petite séance de montagnes russes entre euphorie insouciante, vol plané drogué et mélancolie rêveuse.

La salle est pleine à craquer, il fait une chaleur à crever (en fin de concert c'est insupportable !), on fait bien gaffe à ne pas prêter attention aux lamentables spécimens de " m'as-tu-vu ? " n'ayant strictement rien à foutre de la musique, et l'on réussit donc à passer un très agréable moment. Certes, il y a bien quelques titres qui sonnent un peu "légers" et deux ou trois parties vocales peu convaincantes, mais globalement, la set list – variée et aérée – permet de se faire une petite séance de montagnes russes entre euphorie insouciante, vol plané drogué et mélancolie rêveuse. La voix aiguë et troublante d'Andrew VanWyngarden fait souvent vibrer la corde sensible, les synthés de Ben Goldwasser donnent envie de sauter de joie en l'air plus d'une fois, les guitares électriques propulsent au delà des nuages et les refrains fédérateurs envoient, quant à eux, au paradis...

Un vrai groupe...

Juste avant les rappels, le public a droit à une version de Kids avec juste une bande son et les deux leaders du groupe au micro (plus les Dum Dum Girls aux tambourins)... Un bel instant de communion façon karaoké géant, au cours duquel on ne peut s'empêcher de penser que certains membres de l'assistance ont dû connaitre ce méga tube à un meeting de l'UMP quand il était utilisé comme hymne officiel par le parti de Sarkozy, avant le procès justement intenté par MGMT. Cette pensée est rapidement balayée par excellent titre Brian Eno et par un rappel magistralement psyché et peu consensuel. Malgré le succès planétaire, MGMT semble être un vrai groupe plus passionné par le fait de créer une musique originale – son dernier opus en date en est la preuve – que par celui d'amasser des montagnes de billets. C'est peut-être un détail pour certains mais pour nous ça veut dire beaucoup.

A lire également, une chronique de concert de MGMT au festival Roskilde 2008.

Liens : www.myspace.com/dumdumgirls www.myspace.com/mgmt, www.whoismgmt.com, www.columbiarecords.com, www.facebook.com/mgmt, http://twitter.com/whereismgmt, www.youtube.com (clips).

Photos extraites des sites myspace des artistes...


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 17/11/2010

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