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Grinderman + Anna Calvi

Cité de la Musique (Paris)
mardi 26 octobre 2010

Une future grande juste avant l'immense Mr Cave !

Super concert de Nick Cave & Co aka Grinderman à la Cité de la Musique de Paris... Quand on met en présence un groupe hargneux possédant une énorme envie d'en découdre avec ses instruments, un leader charismatique très très énervé, un public aussi nombreux que réceptif et une salle de concert classieuse, il ne peut en être autrement ! Ne pas oublier non plus, une ouverture de programme de qualité avec la prestation d'Anna Calvi, qui l'espace d'une demi heure dévoile toute l'étendue de son talent : voix très marquante façon PJ Harvey lyrique, jeu de guitare avec moult riffs pop rock blues bien tranchants, groupe impeccable (batterie, orgue) et compositions tenant la route... Une future grande juste avant l'immense Mr Cave !

Un Nick Cave des grands soirs...

La soirée est bien lancée grâce à cette première partie, le public est chaud bouillant, il ne reste plus qu'à attendre l'arrivée sur scène de Warren Ellis (violon, percussions, guitares, chœurs), Martyn Casey (basse, choeurs), Jim Sclavunos (batterie, chœurs) et Nick Cave (maitre de cérémonie, voix, guitare, orgue). Celle-ci se fait en deux temps : le groupe commençant à ferrailler un blues tellurique - Mickey Mouse And The Goodbye Man, un excellent titre du très bon album Grinderman 2 - avant l'arrivée rapide d'un Nick Cave des grands soirs : le regard sombre, sapé en noir comme un prêtre annonçant l'apocalypse, la voix ultra puissante, le geste fou d'un prédicateur schizophrène et l'énergie d'un adolescent punk. C'est parti pour une heure trente de set macabre oscillant entre rock garage délétère, blues complétement fou, rock bruitiste vaudou et pop langoureuse. Oui, entre deux séances de méchants hurlements servis chauds sur déluge de guitares distordues et rythmiques répétitives sauvagement martelées, le leader de Grinderman s'autorise quelques slows où il dévoile une voix chaude et sexy en pianotant sur un orgue ou en se saisissant... d... d... d'une surprenante guitare sèche !

La rythmique basse batterie fait groover des titres magistralement déstructurés, créant des sortes de mantras à ne pas mettre entre toutes les oreilles.

Pas fou l'animal ! Il sait que ces caresses furtives et outrageusement sexuelles ne rendent que plus jouissives les séances de tortures auditives et de gifles soniques qui constituent la majeure partie du show, salement titanesque ! Car tout est enchainé avec une violence et un savoir faire à peine croyables. Voici comment la chose se présente : la rythmique basse batterie fait groover des titres magistralement déstructurés, créant des sortes de mantras à ne pas mettre entre toutes les oreilles. Sur ceux-ci Nick Cave éructe comme s'il était possédé par le diable, prend à témoin les premiers rangs avec des invectives hurlées de manière inquiétante comme : " Give me the money ! Give me the money ! " (c'est 45 euros le concert ! c'est pas assez ?) ou " Don't do that ! Don't do that ! " (on fait ce qu'on veut, hein !). Certes, ces phrases font partie du texte des chansons, mais les personnes à qui elles sont gueulées en pleine face - le doigt de Nick C. pointé vers elles et, à un mètre, le corps de ce dernier agité de soubresauts terrifiants -, s'en souviendront encore longtemps ! Surtout que, juste à côté, Warren Ellis sort le grand jeu en chaque occasion, son physique d'homme des cavernes barbu rendant encore plus impressionnantes ses gesticulations quand il malmène sa guitare, saccage ses pédales d'effets, triture son violon, fait valser ses énormes maracas ou dégueule des chœurs particulièrement impressionnants.

On pense parfois à une grand messe sataniste...

Le set est si intense et tellement bruyant - on pense parfois à une grand messe sataniste... - que les rares accalmies évoquées plus haut sont les bienvenues pour reprendre son souffle et respirer un peu d'air légèrement moins vicié ! Et puis, la tentation est trop forte du côté de Grinderman comme de celui du public : la tempête garage blues reprend de plus belle, à la grande joie des deux protagonistes... Après presque une heure de show de cet acabit, le groupe s'autorise une conséquente pause , pour revenir - gonflé à bloc ! - mettre le point final à un concert exceptionnel : une demi-heure de rappel infernal. Après s'être délecté de Get It On, Evil, Heathen Child, No Pussy Blues, When My Baby Comes et Worm Tamer (entre autres), l'assistance a donc le droit de se finir en beauté avec Palaces Of Montezuma, Love Bomb & co. Le dernier titre, Grinderman est si percutant qu'il ferait presque se réveiller les morts. Sous ommette de donner envie de vivre très longtemps, afin de pouvoir assister encore à un maximum de concerts de l'inoxydable Nick Cave avec Grinderman.

Liens : www.myspace.com/annacalvi, www.grinderman.com, www.myspace.com/grinderman, www.facebook.com/grinderman, www.nickcaveandthebadseeds.com, www.myspace.com/nickcaveandthebadseeds, www.muzu.tv/grinderman (vidéo de Heathen Child), www.cite-musique.fr.


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 17/11/2010

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