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Mephisto Walz

+ Soror Dolorosa
Le Klub (Paris)
8 juin 2011

Cela faisait bien longtemps que je ne m’étais pas égaré dans un concert gothique. Dans les années 80/90, j’ai eu l’occasion d’en voir pas mal (Christian Death, The Mission, The Cult, Siouxsie, Dead Can Dance, Bauhaus…), j’ai délaissé par la suite le genre pour écouter d’autres niches musicales (hardcore, noise, pop, électro, Psyché).

Ce soir, c’est donc la « fête des morts » (avant l’heure) avec le groupe crépusculaire Mephisto Walz. Dans ce groupe, vieux de 25 années, se trouve le multi instrumentiste et compositeur des textes Barry Galvin, alias Bari-Bari, qui n’est autre que l’ex-guitariste de Christian Death à époque de l’album Actrocities.

C’est leur premier passage à Paris, et c’est dans la minuscule salle Le Klub (à peine 20m² de fosse devant une petite scène rehaussée de 30 cm) qu’une petite centaine de spectateurs a fait le déplacement. Mais, ce genre de détail ne va pas faire « rougir de noir » ce groupe qui en a du voir de toutes les couleurs depuis ses débuts. Il suffit pour cela de voir l’état physique du leader Bari-Bari avec son look style Robert Smith fatigué.

Pendant la prestation de la première partie Soror Dolorosa (un groupe toulousain envouté par Sisters Of Mercy) Bari-Bari se promène entre les loges et la salle, un verre à la main, en jetant de temps à autre un regard vers le groupe. Apparemment le groupe lui a plu. A travers le fond de son teint blafard, on voit son sourire aux lèvres.

La formation 2011 de Mephisto Walz est composée de cinq musiciens : un batteur, un bassiste, au clavier Myriam Galvin (la femme de Bari-Bari), Sara Reid une nouvelle et jeune chanteuse et Bari-Bari à la guitare et au chant.
Dès les premières notes, la musique de Mephisto Walz interpelle nos sens. Son style death rock 80’s, avec le son de la basse très en avant et la guitare au son si particulier qui n’appartient qu’aux années 80 (ambiance Killing Joke, Cure ), donne le tournis. Sa musique possède un esprit punk redoutable. Ainsi, dès le 2ème titre, le public commence à se lâcher malgré l’espace très réduit de la fosse.

L’ambiance devient vite électrique et bon enfant. Leur musique est une belle symphonie gothique remplit de chaleur rock qui pénètre le corps (du christ ?). Sara Reid, la nouvelle chanteuse (qui succède à Christianna), possède une belle voix (et une belle chevelure), à faire fondre l’amateur du gothic. Sans faire de fantaisie dans son jeu de scène (peut être par manque de place), Sara séduit et contamine avec bonheur le public assoiffé de sang. Bari-Bari, avec sa guitare customisée, laisse échapper des riffs d’un autre temps pour le bonheur des oreilles du public en transe. Car dans la fosse ça se bouscule sévère. Valait mieux porter un blouson en cuir et des Doc’s au lieu d’une chemisette et d’une paire de tennis. Deux « âmes » possédées par des souvenirs punks poussent tout le monde à leur passage. Oui, ça pogote sévère ! Mais sans perturber le groupe. Personne ne va atterrir dans les bras de la chanteuse ni dans la grosse caisse du batteur.

Mephisto Walz a de beaux restes. Il a su donner sa musique en spectacle sans avoir besoin de recourir au rituel « messe noire ». Looké certes, mais avec un jeu de scène simple et efficace. Même si quelques personnes regretteront la voix de Christianna, il est clair que ce concert restera gravé dans la mémoire des présents.
Je crois que je vais faire plus souvent des concerts gothiques.

Photos de Paskal Larsen


www.mephistowalz.com/
www.myspace.com/mephistowalz

auteur : Paskal Larsen - pjulou@free.fr
chronique publiée le 18/06/2011

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