23/02/2020  |  5313 chroniques, 171 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 22/02/2020 à 15:55:31
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Kurt Vile & The Violators, Okkervil River

Maroquinerie (Paris)
Lundi 23 mai 2011

Ambiance très chaude (dans tous les sens du terme) pour l'alléchante affiche proposée le lundi 23 mai 2011 à La Maroquinerie, à Paris : le folk rock 'n pop psyché de Kurt Vile & The Violators et la pop folk rock indé euphorisante d'Okkervil River... Compte rendu d'une très belle soirée :

Kurt Vile & The Violators

Dès que les très chevelus Kurt Vile & the Violators apparaissent sur scène, on repense immédiatement et avec une grande de tristesse au regretté Jay Reatard... Pas à cause de la musique, Kurt Vile pratique une très psychédélique pop rock 'n folk tour à tour électrique ou acoustique qui est à des années lumière de la punk 'n pop hystérique de Mr Reatard, mais à cause du look " cheveux longs frisés à la Dave Mustaine (de Megadeth) cachant un visage juvénile ". En ce qui concert Kurt Vile et son batteur, la ressemblance est vraiment troublante.

Voilà, la séquence émotion est finie, passons au vif du sujet : un concert très bien envoyé malgré un manque de charisme flagrant, quelques problèmes de son et des accordages interminables entre les morceaux. Le côté " je regarde mes pieds et je joue sans en faire plus " et de nombreux titres évoquent l'inénarrable J. Mascis de Dinosaur Jr.. Kurt Vile a d'ailleurs participé à l'excellent disque solo acoustique de J. Mascis ; normal, la manière de chanter et de composer des deux hommes est un hommage assez clair au grand Neil Young et à ses multiples projets, qu'ils soient suramplifiés ou intimistes.

S'il n' y a pas grand chose à voir sur scène vu la timidité affichée, ce qui est donné à écouter est passionnant : les titres de rock psyché avec enchevêtrement de guitares truffés d'écho sont imparables, les morceaux à la guitare sèche sont, quant à eux, impeccables et la voix de Kurt Vile est un modèle du genre mélancolico désabusé avec émotions à fleur de peau. Sur la fin du set, l'auteur de Smoke Ring For My Halo - dont on apprécie particulièrement ce soir les interprétations puissantes de Baby's arms, Jesus Fever, Puppet To The Man, On Tour et Peeping Tomboy - se détend un peu, sourit et remercie chaleureusement l'assistance pour son accueil, il est vrai très enthousiaste !

Okkervil River

Après avoir pris soin de profiter d'une bienvenue fraicheur à l'extérieur de la salle (qui bénéficie par ailleurs d'un accueil toujours aussi convivial et sympa), retour dans la fournaise de la Maroquinerie pour déguster en compagnie d'une horde de fans énamourés le set d'Okkervil River. Le combo emmené par Will Sheff - look intello ou prof de maths à lunettes - réussit à proposer un concert de haute volée, malgré des problèmes de son récurrents (petits larsens incessants) et une crispation notoire de la troupe au début. Ce dernier défaut est compensé par une sincère volonté de faire partager sa musique avec enthousiasme quasi palpable et bonne humeur communicative sur la fin de la soirée. Car, même si ses chansons ont des textes ultra torturés et sombres, Mr Sheff compose de mini tubes pop rock folk en puissance avec refrains à chanter sous la douche, guitare en pétard, orgue débridé et violon enflammé, et il est positivement ravi de voir l'énorme effet que son travail produit sur le public, extatique et en état de jouissance auditive avancée.

Le dernier album – I Am Very Far, excellent comme toujours chez ce groupe béni des dieux du songwriting ! – est largement présenté par le leader d'Okkervil River et ses musiciens maitrisant parfaitement leur sujet : à la fois remontés à bloc, très fins et capables de changer rapidement de tonalités pour mieux soutenir leur chanteur/guitariste en Sheff. L'occasion de vérifier que l'impact à peine croyable des chansons sur disque se retrouve aussi sur scène, même si la voix déraille parfois un peu et si la présence scénique n'est pas toujours remarquable.

Quoi qu'il en soit avec un tel répertoire et une telle envie de jouer, Okkervil River et Will Sheff devraient monter en puissance au cours de la tournée mondiale prévue en 2011, ce qui permettra au show présenté, déjà extrêmement percutant et serti de hits comme White Shadow Waltz, John Allyn Smith Sails ou Stands Inn, One (et sa basse à la Lust For Life), d'être tout simplement mémorable. Ce n'est rien moins que ce qu'on espère du concert prévu à la Route du Rock à Saint-Malo, le 14 août 2011 !

Liens : www.myspace.com/kurtvileofphilly, www.kurtvile.com, www.matadorrecords.com, www.beggars.com, www.facebook.com/pages/BEGGARS-GROUP-FRANCE, www.okkervilriver.com, www.facebook.com/okkervilriver, www.myspace.com/okkervilriver, www.differ-ant.fr.

Photos : Robert Gil. Retrouvez plus de photos des deux groupes sur son site ici : www.photosconcerts.com/okkervil-river-paris-maroquinerie et là : www.photosconcerts.com/kurt-vile-and-the-violators-paris-maroquinerie.


auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 14/07/2011

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