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ESG

+ Poni Hoax
Cabaret Sauvage (Paris)
8 septembre 2011

Dans le paysage rock et hip hop, ESG (pour Emerald, Sapphire and Goldest) est un groupe à part qui ne ressemble à nul autre. Ce sont des artistes qui viennent du Bronx et sont novateurs tant dans la forme que dans la musique. La forme, ESG est certes un groupe, mais avant tout la famille Scroggins composée des quatre sœurs: Renée au chant, Marie aux congas, Déborah à la basse et Valérie à la batterie. Quand à la musique, ESG a inventé un son unique basé sur un rythme à la fois minimal et dansant, qui puise dans le funk, mais aussi dans la new-wave. Comme si Joy Division partait flirter avec Fela et Grand Master Flash. Autre particularité, c’est leur carrière. Au début des années 80, elles ont réalisée des EP et l’album devenu culte Come Away With ESG produit par Martin Hannett (le célèbre producteur anglais de Factory Records). Puis, par manque de succès le groupe disparait.
20 ans plus tard, en pleine période électro, le label Soul Jazz édite la compile A South Bronx Story. Ce disque va faire découvrir à une nouvelle génération la musique indémodable d’ESG. Suite au succès de cette compil, sort une 2ème, ESG se reforme et part en tourner. De la formation originale, il n’y a que trois sœurs, mais elles sont accompagnées avec deux de leurs filles qui sont devenues adultes. Le succès est là et ainsi en 2002 sort leur 2ème album Step Off et en 2006 Keep On moving. Bref, une belle résurrection. Aujourd’hui en 2011, pas de nouvel album (mais encore une nouvelle compil), juste leur retour sur scène avec deux dates en France, Paris et Nantes. La formation a une fois de plus changé. Les infatigables Renée et Marie (qui ressemblent à de charmantes mamies que l’on aimerait avoir), Nicole (la fille de Renée), Tammi (la nièce survoltée de Renée) et enfin le jeune (du moins en apparence car il a 46 ans) Leroy Glover qui n’est pas de la famille.

Ce soir, c’est leur 4ème passage à Paris (La Fondation Cartier en 2002 suivi d’un concert pour happy few au café Georges de Beaubourg et le Trabendo en 2006). C’est dans la salle du Cabaret Sauvage (dans le cadre du festival Jazz à la Villette) remplie comme un œuf, et avec une chaleur moite à peine supportable (sauf pour le débit du bar), que le groupe ESG va donner un concert qui restera gravé dans les mémoires.
Déjà avant que ESG ne joue la moindre note, juste les voir, on sait que l’on va passer du bon temps. Renée au chant et Marie aux congas (chacune environs 55 ans) ont des mines toutes sympathiques. A côté, Tammi tout en éclat avec sa mini robe extra sexy, Nicole la bassiste installée au fond de la scène est plus discrète et enfin Leroy Glover à la batterie. Tous ont le sourire et ils sont près à tout donner.
La force du groupe c’est tout simplement leur musique. Avec un minimum de moyen : voix, congas, et surtout une basse qui joue sur une note et la batterie à la fois très physique, technique et tribale. Leur son, c’est une rythmique infaillible qui va inspirer de nombreux rappeurs et de punks rockers. A la fois minimal et groove, il est une vraie magie à entendre, et sur scène cette magie est encore plus bluffante : on voit le lapin (ou la colombe) sortir du chapeau ! La musique prend donc au corps (du public) et de la belle Tammi toutes formes en avant. Elle danse de façon très subjective et toute naturelle, le sourire jusqu’aux oreilles à faire tourner la tête aux spectateurs de la gente masculine. Oui, elle fait monter la température jusqu’au rouge ! Les tubes Dance et UFO font tourner les têtes et les jambes. Chaque titre dure longtemps, ça permet au groove de monter et de rester dans les corps. Le plus bluffant est le jeu entre la basse au son minimale et répétitive comme le dub, face à la batterie au jeu technique. Sur la scène on voit une famille unie à l’aise dans son corps et malgré les âges, elle a une dynamique étonnante et communicative. A deux reprises, Nicole quitte le fond de la scène pour s’approcher du public, papoter avec lui, jusqu'à faire monter quelque spectateurs sur la scène et qui repartiront avec quelque CD. Nicole et Tammi font chauffer la salle grâce à leurs éclats communicative. Le Cabaret Sauvage est en nage, car possédé par la bonne humeur et la musique dévastatrice d’ESG. C’est sûr, ne parlez pas de retraite à Renée et à Marie !
Après deux rappels, le groupe quitte la scène sous les applaudissements du public enthousiaste. On a prit plaisir à transpirer pendant 90 minutes à grosses gouttes avec eux. Il ne reste plus qu’a rentrer à la maison rejoindre sa famille, la banane au visage.



Photos de Robert Gil, www.photosconcerts.com


www.myspace.com/esgband
www.facebook.com/pages/ESG/25777225171
www.firerecords.com

auteur : Paskal Larsen - pjulou@free.fr
chronique publiée le 15/09/2011

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