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Acid Mothers Temple

+ The Oscillation
La Maroquinerie (Paris)
18 octobre 2013

Dans la chronique du concert des Lumerians, on vous présentait les soirées Gonzaï, avec tout le bien qu’on en pensait. Une fois de plus cette nouvelle soirée a tenu ses promesses. A savoir deux groupes de qualité dans une salle comble avec un public très enthousiaste. Le tout avec un verre de whisky offert par la marque partenaire.
C’est la 2ème fois que le groupe anglais The Oscillation, vient honorer les soirées Gonzaï avec leur musique psyché noisy. Leur précédent passage était en mai 2012 avec Frustration et Wall Of Death.
Il valait mieux ne pas être en retard, car dès 20h05, le groupe était déjà sur scène. En effet, la tête d’affiche Acid Mothers Temple a besoin de 2 heures pour faire son concert, donc à 21h il faut laisser la scène libre !
C’est donc dans une salle clairsemée (il y a beaucoup de retardataires) que The Oscillation ouvre le bal. Mais avant de parler du concert, une petite présentation du groupe qui est le coup de cœur de votre serviteur chroniqueur.
Si en 2013, le meilleur de la scène psyché est américain (avec les Wooden Shjips et Lumerians en tête), attention à la riposte sur notre vieux continent ! De la France (Feeling Of Love/Aqua Nebula Oscillator) à l’Islande (Dead Skeletons) en passant par l’Allemagne (Vibravoid) les groupes tiennent bon. Fin 80, début 90, le renouveau du psyché se passait en Angleterre avec Spacemen 3, Loop, Telescopes, Darkside et bien 2013 avec The Oscillation on revient à la maison. Ce trio Londonien vient de réaliser avec son nouvel album nommé From Tomorrow, un pur disque cosmique qui fait mal aux yeux et tant de bien aux oreilles, du moins aux demandeurs d’indé/noise/psyché et krautrock. En ce moment à la rédaction, l’album tourne en boucle comme une boule à facette. Donc l’heure est grave, le groupe est-il aussi bon sur scène que sur disque ?
Et bien OUI. C’est devant des projections psyché à la Pink Floyd/13th Floor Elevators, que le trio, composé d’un chanteur guitariste (parfois derrière un synthé), d’un bassiste et d’une batteuse, le tout complété par de nombreuses pédales d’effets, vont pendant 50 minutes (rappel compris) jouer une musique noisy et psyché de très bonne tenue. Dans le style psyché à la Loop et noise à la My Bloody Valentine, le groupe n’a rien inventé de plus, mais c’est tellement bien joué, que si l’on est amateur du genre, on tombe immédiatement sous le charme sonore du groupe. Les morceaux prennent rapidement au corps, pour ne plus lâcher les adorateurs du Dieu psyché. Le son de la basse est très en avant (et ça, on adore), la voix est noyée dans les fuzz et les larsens (et ça on adore aussi), et la batterie tient tête à la guitare en mode « zzzzzzzzz ». Comme dans un épais brouillard, on a l’impression d’être perdu, de ne rien voir, mais cette sensation avec The Oscillation est tellement agréable, qu’on se laisse embarquer vers l’espace. Oui, avec The Oscillation c’est le voyage entre le centre de la terre (on y voit les mêmes champignons géants) et le Voyage fantastique de Richard Fleischer, un film où des scientifiques miniaturisés sont injectés dans le corps humain. Mais attention, n’allez pas insinuer ce que je n’ai pas écrit, avec The Oscillation, pas besoin d’injection (en plus ça pique !), leur musique se suffit à elle-même. En plus de jouer une bonne musique très inspirée, les membres du trio ont un comportement cool. On a envie de les inviter à venir boire un verre. Au final, The Oscillation nous a offert 50 mns de bonheur psyché rock à la sauce anglaise.

Une pose et place au groupe japonais Acid Mothers Temple. Déjà avant d’écouter la première note, regarder les membres du groupe est un plaisir visuel. Ce sont des gueules de freaks échappées d’une case animée de Gilbert Shelton. Et quand ils se mettent à jouer, cela ne fait qu’accentuer leur apparence, tant ils prennent des poses insensées. La première partie du concert sera très rock progressif. Avec des solos qui n’en finissent plus de continuer. Ce n’est pas du Marillion, mais c’est limite. Donc pour ceux qui voulaient le mur du son bruitiste, c’est raté. Après une heure de sauce prog (soit 2, 3 morceaux), changement de cap pour du rock plus psyché, voire par instant stoner, plus barré, plus fou avec par moment quelques solos à la limite du hard rock. L’ensemble combiné donne une belle œuvre auditive bien plus éclatée, et plus stimulante que la première partie du concert, qui était vraiment « trop » prog. Ce groupe a tellement d’albums, de formations différentes, qu’il est clair qu’à chacune de leur prestation c’est la surprise musicale.
Après cette belle soirée live, il ne restait plus qu’à aller avec les amis boire quelques verres dans un bar du quartier. A ciao, bonsoir !

The Oscillation


Acid Mothers Temple


Photos: Paskal Larsen


theoscillation.bandcamp.com/
acidmothers.com/
gonzai.com/

auteur : Paskal Larsen - pjulou@free.fr
chronique publiée le 24/10/2013

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