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Black Sabbath

Bercy (Paris)
Lundi 2 décembre 2013

Aller voir un concert à Bercy, cela s'avère impératif uniquement lorsque l'on vénère un groupe ou bien que l'on souhaite saluer son retour. Car on ne se rend pas en ce lieu pour sa splendeur, ni sa chaleur, ni les prix pratiqués. On espère d'ailleurs que la salle sera rénovée, avec goût (enfin), l'an prochain et accueillera (ensuite) les spectateurs dans des conditions optimales.

Black Sabbath avec en son sein Ozzy Osbourne ne s'était pas produit en France depuis des décennies. La dernière apparition du groupe (avec Ronnie James Dio en tant que frontman) datait des années 90, dans un "petit" Elysée Montmartre. Le Madman était de son côté réapparu en ce même POPB en 2010, passant alors sa soirée à arroser les premiers rangs avec un jet puissant et à se verser des seaux d'eau sur le crâne. Entouré de requins de studios peu convaincants, seule sa voix passionnée semblait réellement hanter les lieux ce soir-là.

Après un faux-départ en juin 2012 (un passage à Bercy était prévu) Tommy Iommi étant gravement malade, le Sab´ avait simplement maintenu 3 dates de sa tournée (en Angleterre et à Chicago). Ce 2 décembre était enfin le jour des (grandes) retrouvailles. 11 à 12 000 spectateurs avaient répondu présents au rendez-vous. Les vestes en jeans -avec patches Iron Maiden, Saxon, Adx etc- sentaient bon la naphtaline, mais le cheveu long et gras se faisait plutôt rare. S'appuyant sur un 13 riche en mélodies lourdes et lentes (le batteur de Rage Against The Machine aidant certainement à conforter la rugosité des morceaux), le Sab´ allait revisiter essentiellement ses premiers albums. Comment ne pas s'extasier face à Iron man, War pigs, Children of the grave ou encore Into the void joués avec une classe incroyable, les titres issus du récent album de la reformation s'intégrant ici et là parfaitement dans la sérénade de riffs qui mérite le respect total, le tout dans un déluge visuel et sonore proche de la perfection. 

Sabbath peu considéré à ses débuts, par la presse internationale et française en particulier comme Best ou Rock & Folk (on doit d'ailleurs pouvoir retrouver des chroniques de l'époque sur le net) est pourtant devenu une référence naturelle et absolue pour les fans de rock au sens large et tous les groupes à vocation metallique, voire au-delà, des années 80 et surtout 90 (Danzig, White Zombie, Sepultura, Pantera et surtout Soundgarden -qui tournera avec Black Sabbath en 2014- et Alice in Chains). 

Sur les planches, Ozzy est de plus en plus pataud (mais il l'était déjà lors de concerts donnés en Russie après la perestroïka dans les années 80 et dans la sitcom diffusée sur MTV qui a fait sa gloire aux USA), mais tel un jeune vieillard mi-possédé, mi-illuminé il assure vraiment le spectacle. Iommi, dandy métallo-sataniste, dissémine les décharges électriques avec un flegme so british, incarnant la force tranquille. Butler assurant de son côté une démonstration de basse hallucinante tout au long de la soirée. Le jeune batteur christique recruté en fait beaucoup (voire un peu trop), mais relève assez bien la mission qui lui a été confiée (Ward ayant décliné la proposition de tourner avec ses anciens comparses).

Le premier album de Black Sabbath sortait en 1970. Composé de riffs intemporels angoissants qui alimentent depuis les pires cauchemars des convertis, ce disque a traversé les décennies et devrait être considéré comme une pierre angulaire au Panthéon du rock, au même titre que Revolver, Blonde on blonde, Sticky fingers, Led Zeppelin 1, 2, 3 et 4 ou encore Ziggy Stardust.

NB - D'ailleurs au moment où cet avis est rédigé, je suis en train de savourer encore et encore le 1er BS.

Titres joués :

War Pigs
Into the Void
Under the Sun/Every Day Comes and Goes
Snowblind
Age of Reason
Black Sabbath
Behind the Wall of Sleep
N.I.B.
End of the Beginning
Fairies Wear Boots
Rat Salad
Iron Man
God Is Dead?
Dirty Women
Children of the Grave

Paranoid

 




www.blacksabbath.com
www.black-sabbath.com

auteur : Samuel Charon -
chronique publiée le 04/12/2013

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