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Crystal Stilts

+ Total Heels
Le Point Éphémère (Paris)
1er décembre 2013

Si le groupe Crystal Stilts existe depuis 2003, c’est seulement en septembre 2013 avec la sortie de leur 3ème album Nature Noir que j’ai découvert ce groupe talentueux. Je ne les connaissais que de nom (en les confondant avec les Crystal Fighters) et je me demande comment j’ai pu passer à coté de ce groupe, moi qui suis fan du son noisy pop et noise de Jesus & Mary Chain et du Velvet Underground. Donc merci à la boutique de disques Ground Zéro (à Paris) d’avoir mis en fond sonore la petite dernière rondelle noire. Depuis, Nature Noir tourne en boucle sur ma platine vinyle couleur rouge pop.


Les voir en concert quelques semaines après la mort de Lou Reed (2/03/1942-27/10/2013), donnait l’impression d’assister à une représentation pour les absents de la grande époque de la Factory. L’ombre de l’homme en noir à travers le style musical de Crystal Stilts a flotté dans la salle du Point Ephémère pendant toute la représentation du set. Le titre Sycamore Tree (extrait du 2ème album) est un bon exemple d’inspiration post Velvet. Crystal Stilts a l’art de composer, avec des instruments vintages, des titres efficaces à la rythmique minimale et obsédante sur une voix grave et monotone (digne d’un groupe de pop à la Pastels) ou parfois étonnamment enjouée et mélodieuse comme sur les morceaux Sticks and Stones ou Memory room, qui nous font voyager dans les rues sombres de la Grosse Pomme. Certes, Crystal Stilts n’invente rien dans le rock actuel, et leurs concerts ne sont pas ce qu’il y a de plus vivant à voir (contrairement, pour ne citer qu’eux, aux lives de Thee Oh Sees et autres Parquet Courts). On a même envie par moment de secouer le chanteur Brad Hargett, tant il garde la pose d’un ado mal dans sa peau. Le zip de son blouson est bien fermé jusqu’au cou. Mais voilà, il y a la musique. Même si elle n’est pas innovante, elle est malgré tout absorbante, elle donne la chair de poule, elle fait monter en nous l’adrénaline qui bouillonne dans les premiers rangs. Le répertoire des 3 albums est exécuté avec brio. Les versions live ont plus de riffs dans l’interprétation, notamment la guitare électrique et le synthé très en avant. Le son est tour à tour pop et rock, avec une inspiration presque psyché comme sur le titre Darken the Door. La voix est timide, mais c’est le style noisy pop et shoegaze qui veut ça. Comme les 5 membres du groupe habitent à New York dans le quartier de Brooklyn, pas étonnant qu’ils aient réussi à retranscrire cette forme de rock qui n’appartient qu’aux groupes new yorkais (Vivian Girls, Liars, The Strokes, A Place To Bury Stranger). Avec Crystal Stilts, Lou Reed (mais aussi Sterling Morrison, Nico et Andy Warhol) peuvent reposer tranquillement pour l’éternité car la relève est assurée.


Photos : Robert Gil : Visionnez son site ici




www.crystalstilts.com/

auteur : Paskal Larsen - pjulou@free.fr
chronique publiée le 05/12/2013

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