20/09/2017  |  4872 chroniques, 162 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 19/09/2017 à 17:20:35
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Festival BBMIX

Carré Belle-Feuille (Boulogne-Billancourt)
Du 20 au 23 novembre 2014

Le BB a grandi, déjà 10 ans (comme disait Alain Souchon). En 10 années, on en a vu des stars oubliées de l’underground (James Chance, Jean-Jacques Perrey, Silver Apples, The Raincoats, Young Marble Giants, The Monochome Set, Les Oliventeins, Richard Pinhas, Inmin Schidt, Chain and the Gang, Swans ), des découvertes (Lumerians, Fujiya & Miyagi, Deerhoof, Ela Orleans, Bardo Pound, The Chap) et des artistes devenus incontournables (Ty Segall, Cheveu, Beak>, Dirty Projecteurs, Turzi, M83).

Les festivités (qui vont durer 4 soirs) commencent le jeudi avec le vernissage de l’expo avec les 10 affiches « graphiques » du festival. Après le pot de l’amitié, place au concert du groupe Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp. C’est dans la petite salle, que ce groupe suisse va faire danser le public sur ses morceaux zinzins. Des morceaux qui mixent avec talent l’esprit punk de The Ex avec de la world champêtre aux couleurs des Balkans. Contrebasse, cuivre, synthé, au coté des guitares/basse/batterie pour une heure de sauterie funky beat ! Excellent groupe scénique.

Le lendemain, changement de salle, (pour l’amphithéâtre) et de style pour une soirée expérimentale exécutée par des freaks. Charles Heyward (ex This Heat) ouvre la soirée. Seul derrière sa batterie, Charles Heyward chante avec une voix de Mickey et frappe sa batterie comme un jazz man. Entre les cassures de rythme et les envolées de solos, il faut être très amateur du style pour y adhérer. Mais à coté de Ghédalia Tazartès, c’est de la rigolade. Car pour ne pas craquer sur la perfo de cet artiste allumé, il faut avoir l’esprit bien ouvert. Installé debout, entre 2 petites tables où sont posées ses bandes revox, Ghédalia Tazartès chante ( ?) d’une façon brut et très bizarre. Entre onomatopée proche des chants tibétains, son style vocal surprend. Pour le suivre, il faut bien s’accrocher. Bref 100% freaks et brut.

La Morte Young est un collectif bruitiste. Musiciens issus de diverses formations (Talweg, Sun Stabbed et Nappe), ce groupe fait une musique noise et expérimentale. Par instant on pense à Sonic Youth. Le morceau (il n’y aura qu’un long titre) est basé sur le style de l’improvisation. Les musiciens sont à genoux sur la scène. Progressivement ils installent leur musique qui finira dans le chaos. Expérience mentale et sonore pour le public.

La tête d’affiche de la soirée est le groupe Faust. Ces vétérans du krautrock, menés par le français Jean-Hervé Péron est un groupe très singulier, tant pour la musique que pour les personnalités du groupe. Proche du laboratoire, l’entité Faust est un cas. Déjà pour installer leurs matos, il faudra 45 minutes. Pour faire patienter, sur le coté de la scène, 2 filles (puis une troisième) tricotent tranquillement sans être perturbés par le bordel qui se passe sur le plateau. Sur le devant de la scène, il y a une bouilloire qui chauffe, pour laisser évaporer une odeur de chlorophylle. Une fois la scène en place, avec tout un le bric à brac (tôle, bouteille de gaz…), le « groupe » va pendant 90 minutes mélanger krautrock, prog, expérimental, chanson/slam dans une ambiance chaotique. On se croirait dans un film de Jodorowsky (La Montage Sacrée, El Topo) ou dans un amphi à Nanterre pendant mai 68. Derrière le groupe il y a des projections psychédéliques, ce qui renforce l’esprit des seventies. Difficile de raconter par l’écrit une perfo de Faust. C’est une expérience qui se vit en live.

La tête d’affiche de la soirée du samedi est Bonnie Prince Billy. D’après des sources, c’était une très belle soirée assez homogène pour la programmation (Xylouris White –avec le batteur de Dirty Thee- et Imaan). Nous n’avons pas pu assister à cette soirée pour cause d’obligations personnelles.

La soirée du dimanche débute avec le concert de Turzi. Turzi réalise toujours une musique inspirée par les BO de films italiens des années 70/80. Par contre, petite nouveauté, il y a une chanteuse, ou plutôt une voix, car on n’entend pas les phrases. Pas sûr que la voix de la nouvelle recrue soit au point. Elle chante, ils jouent, mais le mix ne fonctionne pas à 100%. On a l’impression que chacun joue de son côté. Attendons la suite (un album ?) pour voir si cette formule est une bonne idée.

Changement de style avec Trans Am. Ce trio américain sent la déconne, façon Liars. Leur look 80 cheap, échappé d’un épisode des Sous Doués passent le bac, donne une dimension sympa à leur électro new wave teinté de krautrock. Batterie, synthé et guitare sont les instruments utilisés pour concocter une musique où la voix sous vocoder (on pense à Gary Numan) peste en harmonie avec les solos « fripouilles » des instruments. La boum n’est pas loin. Le concert s’achève avec un pastiche d’un titre de hard rock à la Saxon. Bref du « pas sérieux » comme on aime.

La soirée et le festival s’achève avec The Intelligence. Ce groupe « tendance » a beaucoup de ressource. The Intelligence à l’art et la manière dans la façon de jouer une musique rock garage teinté de new wave after punk. L’esprit Gang Of Four/Wire n’est pas loin. Mené par le brillant chanteur Lars Finberg, le groupe The Intelligence (avec notamment le guitariste tatoué de Thee Oh Sees) donne sur scène une belle délivrance juvénile. Ils ont de l’énergie et beaucoup de classe. Dès leurs premières notes on se laisse porter par leur fraicheur sonore qui donne des fourmis aux jambes. Belle conclusion pour cette 10ème édition.

Une fois de plus, le festival a tenu ses promesses, une programmation exigeante, une bonne ambiance, et surtout le plaisir de croiser des amis que l’on a pas vu depuis des mois. Bref un festival à taille humaine.



bbmix.org/

auteur : Paskal Larsen - pjulou@free.fr
chronique publiée le 09/12/2014

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