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Badly Drawn Boy

Elysée Montmartre (Les festins d’aden) (Paris)
mardi 11 mars 2003

Pour peu qu’il soit dans de bonnes dispositions, c’est à dire qu’il ne prenne pas la scène où il se produit pour une annexe du pub des soiffards réunis ou de son local de répet, d’un fumoir ou d’une tribune pour assouvir ses besoins de chair fraîche, Damon Gough aka Badly Drawn Boy est tout à fait capable de livrer des prestations mémorables.

Chose qu’il fit ce mardi 11 mars en ouverture des festins d’aden, pour ce qui constituait les retrouvailles avec son cher groupe après plus de 3 mois de disette (dernière apparition commune en décembre), un concert solo mémorable à Manchester il y a quelques jours ("la plus belle nuit de ma vie", aurait-il dit) ayant remis le génial compositeur au bonnet andin sur les planches.

Avec pour ouvrir le bal Everybody’s talking, magnifique éclat de sa première et insurpassable galette The hour of the bewilderbeast, Badly n’aura de cesse d’élever les débats dans une prestation enthousiasmante et souvent hilarante, son impayable accent madchester assénant des énormités entre chaque morceau d’un set relativement court (1 heure et des brouettes, le "corniaud" se payant même le luxe de dépasser l’habituel couvre-feu en vigueur dans la salle, 22h30).

Aux concerts souvent excessivement bavards du mauvais garçon au ventre rebondi (et mal dessiné), avantageusement paré ce soir-là d’un tee-shirt pailleté de la marque aux trois bandes, on préférera donc largement ceux délivrés dans le cadre d’une formule festival, qui offrent la quintessence de son art consumé de la vignette pop étincelante.

Le survol qualitatif (aucun déchet dans une sélection aux petits oignons) de ses trois albums en date (The hour of the bewilderbeast et Have you fed the fish ?, et la bande originale du film About a boy) aura enthousisamé une assistance importante et attentive, certainement déçue quand même par la défection de dernière minute d’Electric 6, que ce comique de Damon ne manquera pas de pasticher en ouverture de How -son titre préféré du dernier album-, reprenant en prélude, fort ingénieusement, Danger, high voltage !
Un morceau impeccable pour clore les hostilités et benoîtement présenter ses 4 impeccables compagnons de scène, à qui l’on ne peut quand même s’empêcher de tirer notre chapeau de résister ainsi, depuis si longtemps, aux facéties d’un tel frontman …

Une prestation électrique, splendide prémisse à des festins d’aden qui s’annoncent particulièrement goûteux cette année…


www.badlydrawnboy.co.uk/

auteur : Jérôme Crépieux - jerome_(at)_foutraque.com
chronique publiée le 11/03/2003

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