11/12/2017  |  4922 chroniques, 162 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 05/12/2017 à 20:15:54
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Paris International Festival Of Psychedelic Music

Le Trabendo et à La Cigale (Paris)
3-5 mars 2017

En raccourci, le nom du festival est "Paris Psych Festival". Si en effet ce festival se passe bien à Paris, voire en proche banlieue, par contre le psyché n'est qu'un élément sonore de la programmation. En fait ce festival se cherche. Chaque année le festival se déroule dans un lieu différent. En 2014 c'était à La Machine du Moulin Rouge, en 2015 au Trianon (théâtre et ancien cinéma), en 2016 à la Ferme du Buisson (magnifique lieu culturel à 30 km de Paris) et cette année au Trabendo (une des meilleures salles rock de Paris) et à La Cigale (le QG du festival des Inrocks). L'édition 2017 se déroule le Week End en salles sur trois soirs. Compte rendu :


Vendredi 3 mars 2017

Les réjouissances commencent le vendredi soir au Trabendo. Pour l'occasion l'espace extérieur c'est agrandi pour mieux accueillir les festivaliers, qui auront notamment les crocs et envie de danser sur le son des DJ installés dans une sorte d'igloo en toile. Justement, le festival psyché débute au son du DJ techno Fils de Venus. Du " boum boum " pour commencer, bien vu !

A l'intérieur, Bryan's Magic Tears joue une musique shoegaze/Slowdive bien inspirée. Sans être original, leur musique reste malgré tout plaisante à écouter.

Après une pause, c'est la prestation de Noir Boy George, qui n'a vraiment rien, mais rien de psyché. On veut bien être ouverts, mais aussi décalé, tel un gros bouton sur le nez, ça fait vraiment tache !

Ensuite c'est le groupe Mountain Bike qui devait jouer. Ils ont annulé le concert car un des membres du groupe est malade. En remplacement, surprise... c'est Jacco Gardner. En résidence à Paris et à deux jours de son ciné concert à la cinémathèque pour le magnifique film Faust de F.W. Murnau, c'est juste du pain béni ! Car en psyché, le bonhomme en connait un rayon ! Son concert improvisé est une jam session (en préparation du Faust) joué avec 4 musiciens. Et bien autant vous dire que celui qui tape ce texte à la machine avec un doigt (moi, Paskal Larsen), a passé une heure de plaisir total à l'écoute de cette prestation surprise. La jam session était un concentré de krautrock à la Can, Neu ! avec une touche d'Happy Mondays (qui se sont inspirés de Can avec leur fameux tube Hallelujah) et Primal Sceam époque Scremadelica. Ce concert était dans la rythmique avec trois notes de musique qui vous éblouissent au fil des minutes. Le son des synthés vintage 70, des congas, une basse au son lourd limite dub, et leur attitude très décontractée, bref une heure de bonheur sonore, un pur concert de transe carrément génial !

Arrive Tess Parks, qui a une carte blanche pendant la durée du festival. Elle joue 20 minutes les trois soirs. Très bonne idée ! Pour ce premier Rendez-vous, sa prestation solo sera électrique. Installée au fond de la salle (en face de la grande scène), elle a apporté ta touche féminine. Des marguerites posées sur le sol, quelques bougies et c'est juste l'ambiance des beaux soirs. Derrière, sur les murs le jeu de lumière psyché de Psycholights renforce l'ambiance. A la guitare électrique, avec un son mono sixties, elle chante d'une façon posé mais bien habité. Sa voix est magnifique ! Quand on l'écoute chanter, c'est juste tout un monde en cinématographie ambiance Nick Cave/Velvet Underground/Hope Sandoval qui nous donne de belles vibrations intérieures. Tess a l'art de créer une ambiance de proximité où lon se sent bien, comme à la maison au coin du feu. Cette fille à tout : elle a une magnifique voix, son jeu de guitare est trippant, elle est cool, très cool, car elle communique avec le public et au merchandising elle prend son temps pour discuter et dédicacer son disque et l'affiche en sérigraphie de son concert à Levitation à Angers en 2015. Rien à dire c'est la classe !

Changement de style avec The KVB. Ce duo londonien joue une musique new/cold wave famille Cure/Joy Division/New Order/Bauhaus avec une fraicheur insolente à rendre gaga les amateurs de ce son des années 80. Les projections visuelles indus en noir et blanc renforcent le côté cold avec une touche d'électro. Dans ce style sonore, KVB c'est la classe ! Détendu et inspirés, le duo KVB déplie le tapis rouge pour le genre cold/ NW sans baisse de tension ! C'est un pur régal sonore et visuel. Par contre pour le son psyché, il faudra voir ailleurs.

Après la new wave, place à la Noise/no wave de Traams. La transition est rude, mais il faut le reconnaître, le groupe à un son rêche qui tape bien au cerveau ! Pour finir la première soirée, c'est surement le remède miracle pour les réveils assommés à la gueule de bois.


Samedi 4 mars 2017

Une bonne journée de pluie, et hop on enchaine avec la deuxième soirée au Trabendo. Bon, dommage pour Biche, on a à peine vu et entendu un morceau. Par contre, Le Villejuif Underground, on a vu tout le concert, et... quel CONCERT ! Ce groupe de banlieue (9-4) mené par le " nonchalant " chanteur australien Nathan Roche a une attitude cool, un peu dans les nuages, mais avec une maîtrise totale pour jouer des morceaux rock lo-fi tout droit sortis d'un garage à vélos. Il y a bien sûr du Velvet Underground dans le style musical, mais aussi du Beat Happening et du Jonathan Richman. Le son du combo, qui évoque un truc en mono détaché de tout, est malgré tout bien présent. Le chanteur quitte la scène pour se frotter au public. Il prend quelques spectateurs dans ses bras, il roule et s'allonge sur le sol, bref il s'approprie la salle comme s'il chantait dans sa cuisine revêtue d'un carrelage blanc patinoire recouverte d'une pellicule de bière tiède. Ce groupe de freaks, c'est de la bombe !

Ensuite, premiers sons psyché de la soirée avec le groupe suisse Fai Baba. Bonne prestation, mais dure de redescendre du joint Villejuif Underground, du coup " baba " pour Fai Baba, on préfère trainer dehors écouter les DJ sets d' Eric Stil et sa super programmation de disques post punk/no wave et Topper Harley, avec un set garage sixties du meilleur effet.

Après la danse et une pinte de bière, on retrouve Tess Parks pour un set acoustique. Proche de la prestation de la veille mais en plus émouvant, on a passé une fois de plus 20 minutes de folk électrique à donner des frissons.

A peine le temps de se remettre que voilà déjà le trio féminin L.A. Witch sur scène. Avec seulement 2 EP à son actif, ce groupe de Los Angeles est la révélation du festival. Trio guitare/basse/batterie pour une musique psyché noise lo-fi, sur scène les nanas dépotent. Une voix de tigresse bien rock et un son énergique qui fuzze bon les décibels, le tout avec une attitude fun et décontracté, oui L.A. Witch sur scène c'est de la bombe ! Vivement l'album !

Arrive la tête d'affiche avec les vétérans de Gong dans une nouvelle formation, because le leader Daevid Allen est mort en 2015. Autant le dire, la formation 2017 fait peur, notamment à cause d'un jeune chanteur qui se prend pour un guitar hero. A cause de son omniprésence qui fait du tord aux autres membres de Gong, la musique prog rock jazz du groupe sonne datée. Le visuel psyché au graphisme " cheap " comme sorti d'un logiciel des années 90 n'arrange pas les choses... Au final, pas sûr que les fans de la première heure aient été convaincus par la cuvée Gong 2017 !

La soirée s'achève avec Faire, un jeune groupe qui joue du sous La Femme, soit une sorte de boom new wave. Il est temps de rentrer !


Dimanche 5 mars 2017

Une petite convention de disques (hors festival) Paris Loves Vinyl le matin à l'Espace Reuilly, histoire de dépenser un peu d'argent (investi dans une édition vinyle originale de la BO du film "La Planète des Singe" de 1968, une ré-édition du 2ème album de Suicide et l'album "The Days Of Wine And Roses" de The Dream Syndicate, qu'on vous recommande d'ailleurs) et le soir, dernière étape du Paris International Festival Of Psychedelic Music à La Cigale.

Le groupe français You Said Strange ouvre la soirée en jouant une musique psyché rock à la Brian Jonestown Massacre/Black Angels. Rien de nouveau sous le soleil de la Normandie, mais les compos sont bien jouées et dans le style ça tient bien au trou normand. Et, belle surprise, au bout 1/4 heure, Tess Parks vient accompagner le groupe et chante avec eux jusqu'à la fin du set. Tess Parks, avec aux instruments You Said Strange, ça le fait !

Le temps de changer le plateau, le rideau de la scène se ferme pour laisser apparaître (comme par magie) Tess Parks. Pendant 10 minutes elle va lire des poèmes sous une lumière rouge.

Arrive ensuite la nouvelle signature du label Born Bad, le groupe Cannibale. Attention, sur scène ce groupe français ne porte pas d'os dans le nez, et pas de chaudron pour faire cuire une personne du public choisie au hasard. Non ce groupe au style décontracté joue une musique où fusionne afro beat, after punk et pop garage sixties. Entre Talking Heads, le label ZE Record, le rock exotica de Cannibale donne envie de danser jusqu'à pas d'heure. Leur premier album "No Mercy For Love" est vivement recommandé !

Dernière prestation en solo folk rock de Tess Parks. A l'inverse du Trabendo, où elle jouait à côoté du public, à La Cigale sur la grande scène elle chante devant une salle pleine. Elle est un peu intimidée semble-t-il. Elle dit en français " J'étais venue avec ma mère à Paris à l'âge de 2 ans. Je n'aurais pas imaginé me retrouvé ici sur cette scène... ". Après un quart d'heure de live, sa mission d'hôte de cérémonie est terminée. C'est dommage, on commençait à prendre l'habitude de la voir chaque jour. Le titre du programme " Un rêve avec Tess Park " n'était pas du pipeau !

21h, c'est l'heure de voir apparaître sur scène la tête d'affiche du festival, les Dandy Warhols . C'est clair, dans cette Cigale qui affiche complet, le public est venu en masse pour les voir... Pas mal de filles connaissent les paroles. Il suffit de quelques accords, quelques phrases et la salle applaudit, emportée par l'ivresse du groupe habitué des festivals et des salles bien remplies. Pour notre part, après 3 soirs non stop, il est l'heure de rentrer à la maison et de laisser les Dandy Warhols avec leur public.

Photo en intro: Tess Parks @Paskal Larsen


parispsychfest.com/
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auteur : Paskal Larsen - pjulou@free.fr
chronique publiée le 17/03/2017

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