22/09/2017  |  4874 chroniques, 162 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 22/09/2017 à 10:32:39
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Kikagaku Moyo

+ Phoenician Drive
L'Espace B (Paris)
19 juin 2017

Après un passage en 2016 dans la cave de La Mécanique Ondulatoire (le 9 juin très exactement) sous le signe de la canicule, le groupe japonais Kikagaku Moyo repasse en 2017 à Paris, une fois de plus sous les hostilités de la canicule. C’est dans un Espace B complet que le groupe et le public vont entrer en communion et apprécier (sic) le sauna offert avec le billet d’entrée. Trop cool !

En 2016, on a beaucoup écouté leur album House In The Tall Grass, qui est un pur bijou de psyché kraut hallucinogène. On avait entendu que du bien de leur prestation scénique (salut à toi oh Christophe !), inutile de préciser que cette date de concert était bien inscrite dans notre agenda !

La soirée débute avec le groupe belge Phoenician Drive. Bon choix de première partie, car leur psyché rock sous l’emprise des dérives prog de Goblins, est bien foutu. Leur set est à la fois intense et envoutant. Leur rythmique (notamment le jeu percu et guitare traditionnelle) donne de belles couleurs à leur musique chamanique très habitée par les esprits Voodoo… child. Cela doit être les effets de la bonne bière d’abbaye Belge. Bref la soirée a très bien commencé !

On arrive à nos japonais qui s’installent tranquillement sur scène.
D’emblée on aime leur look hippie cool stoner, avec jean et chemise baba, cheveux longs et petite barbe, sauf pour le frêle chanteur guitariste qui a plutôt un look d'étudiant. Dès les premières notes de Green Sugar (tout est dans le titre), le fait de les voir jouer si détendu nous fait l’effet d’une lumière sidérale qui vient de l’espace pour se poser sur la petite scène de l’Espace B. Les quatre petits spots qui éclairent la scène donnent un plus avec un aspect nocturne. De par leur décontraction, les 5 membres de Kikagaku Moyo ont une classe imparable et surtout ils sont des musiciens hors pair. Ils alignent les styles sonores avec une telle facilité et surtout sans tomber dans la démonstration. Ils sont humbles et pro. Entre eux il y a une interaction, un esprit de groupe qui fait plaisir à voir. Ainsi pour le bonheur du public, c’est le meilleur du rock qui sort de leurs instruments. Soit du psyché rock prog et kraut, mélangé à du heavy 70 et de la musique limite trad moyenâgeuse. Avec eux on est transporté pendant 70 minutes dans les sphères de l’acid rock où les planètes entrent en collision pour former un nouvel espace idyllique. De par la durée des morceaux (12 minutes en moyenne), le public est installé dans une ambiance entre hallucination/méditation transcendantale et riff du démon de l’esprit. La force des titres est de nous faire voyager dans plusieurs espaces. Dans chaque morceau il y a plusieurs ambiances, de par les cassures de rythmes. Leur musique est un heureux mélange qui nous évoque des groupes tels que Pink Floyd, Can, NEU ! et Hawkwind. Le plus du groupe est d’avoir dans leurs instruments, le sitar qui se porte comme une guitare. Le son du sitar donne chez eux une couleur lumineuse et transe des plus démoniaque. On ferme les yeux et c’est le décollage mental immédiat. Bref, on arrête de planer et on inscrit ce concert comme l’une des meilleures choses que l’on a vécu cette année. Ils jouent au festival de Levitation 2017 à Angers, ne les ratez pas !

Photos de Nicolas Bauclin


geometricpatterns.bandcamp.com/

auteur : Paskal Larsen - pjulou@free.fr
chronique publiée le 20/06/2017

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