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Ginger Ale

+ Overhead
Espace Michel Berger (Sannois)
vendredi 31 janvier 2003

A défaut de toujours faire dans l'originalité (la " french touch ", par exemple, encore que …), la scène musicale française actuelle recycle souvent et non sans habileté les si brillantes recettes concoctées en la perfide albion ou la vaniteuse Amérique.
L'alchimie n'est cependant pas toujours des plus parfaites pour ces groupes "poseurs" s'exprimant dans la langue de Shakespeare (Phoenix, Tahiti 80...) et l'on attendait pour ainsi dire beaucoup de la double affiche Overhead / Ginger Ale, proposée par l'EMB, sympathique salle de banlieue située en la "riante" commune de Sannois.

Nicolas Leroux et ses accolytes sont les premiers à venir sur scène : Overhead a cet hiver fait avec Silent Witness le bonheur des journalistes des Inrocks et consorts, et on se demande au demeurant bien pourquoi.
Certes, le groupe est excellent, le leader chante merveilleusement bien, quitte à sombrer dans le plagiat (assumé ?) du timbre bouleversant du regretté Jeff Buckley, mais l'émotion n'est jamais palpable.
Les morceaux s'enchaînent ainsi sans que l'on ne trouve le moindre intérêt à des compositions bien trop aseptisées, jolies certes, mais vaines.
On baille bien vite et ce n'est pas la discrétion d'un leader sans charisme aucun, une casquette négligemment vissée sur le crâne, qui apportera une réponse à cette terrible énigme : à quoi bon finalement gâcher son indéniable talent dans de funestes redites, sans y apporter le moindre supplément d'âme ou d'innovation (des paroles en français, par exemple) ?

Ginger Ale, dont on suivit avec beaucoup d'intérêt le mercredi précédent la prestation donnée dans le cadre des mythiques black sessions de Bernard Lenoir, essaiera dans la foulée, et non sans mal, d'apporter sa contribution à cet effarant débat.
Laid back Galerie, leur premier opus, convoque des intervenants de choix (Matthieu Malon, Etienne Daho, Sondre Lerche ou encore John Asherton), autant de collaborateurs qui disparaissent sur scène au profit de la seule Angele aka Klima, qui habille de sa belle présence les climats multiples observés sur disque. La saveur est sur scène un chouia plus épicée, habile mélange de divers mouvements musicaux : new-wave, pop, rock, electro sont au programme, convoqués à la noce par les 2 producteurs habiles que sont Stéphane Bertrand et Jonathan Chaoul.
Le meilleur (Laid back, Wrong reasons, Happy House, cover destructurée de Siouxsie & the banshees) cotoie l'affligeant (les incursions dans tes terres infertiles fréquentées par les Cranberries, entre autres), pour finir sur le sublime.
On n'oubliera ainsi pas de sitôt leur interprétation emballante de Broken English, cautionnée par Marianne Faithfull herself, prémisse d'un Music Planet 2Nite à venir (diffusion le 18/03/03 à 23h sur Arte) .

La musique, cet éternel recommencement…


auteur : Jérôme Crépieux - jerome_(at)_foutraque.com
chronique publiée le 02/02/2003

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