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Festival BBMix

Carrée Belle-Feuille (Boulogne-Billancourt)
23 novembre 2019

Le festival BBMix, permet au moins une fois dans l’année, au public parisien de traverser le boulevard périphérique direction la banlieue. Certes, il y a de nombreuses autres occasions d’aller en banlieue parisienne voir des concerts. En salles, Les Instants Chavirés et Le Chinois à Montreuil, Le Tamanoir à Gennevilliers, La Clef à St-Germain-en-Laye, La Dynamo à Pantin, Le Plan à Ris-Orangis, « feu» Mains d'Œuvres à Saint-Ouen et les festivals, Banlieue Bleue, du Bizarre à Montreuil, le RDV des indés et de l’autoproduction à Ivry Sur Seine, mais BBMix a ce petit plus. Car venir depuis 2005 s’encanailler sur des riffs, dans la ville bourgeoise de Boulogne-Billancourt, ça fait plaisir. En plus, à chaque édition il y a un artiste/groupe culte de programmé. Ainsi après, James Chance & The Contortions, Young Marble Giants, Jean-Jacques Perrey, Pram, Swans, The Raincoats, The Monochrome Set, Silver Apples, Ty Seagall, Chain And The Gang, Lee Ranaldo, Les Olivensteins, Bonny Prince Billy, Faust, Wire, Half Japanese, The Pop Group, Sonic Boom, Saravah Records, l’édition 2019 accueille Billy Childish, qui n’a pas joué à Paris depuis une quinzaine d’années. On ne va pas s’amuser à vous faire l’historique de ce grand artiste qui joue pour la cause punk rock garage et folk blues depuis 1977 au sein de divers groupes (The Pop Rivets, Thee Milkshakes, Thee Mighty Caesars, Thee Headcoats -le pendant féminin Thee Headcoatees avec Holly Golightly est également un must -, The Blankhands, The Chatham Singers, The Spartan DreggsWild Billy Childish & CTMF… ) avec à ce jour plus d’une cinquantaine d’albums , des recueils de poésie, des romans et des tableaux en peinture dans un style qui évoque Edvard Munch. Bref, Billy Childish est un boulimique qui a fait des émules comme Ty Segall, The Oh Sees et King Gizzard pour la boulimie de sortie de disques.

Certes le lieu, Le Carrée Belle-Feuille est un théâtre, donc toutes les places sont assises, et boisson interdit dans la salle, soit une configuration incongrue pour écouter du rock qui peut décaper les oreilles. C’est sa aussi l’aventure !

C’est sous la formation de Wild Billy Childish & CTMF que notre anglais pure souche s’est présenté sur scène. Avec son épouse Julie Hammer à la basse et au chant et Wolf Howard (The Buff Medways, The Daggermen, James Taylor Quartet) à la batterie, Billy Childish au chant (ah cette voix mono comme sortie d’un poste de radio ou d’une boite de conserve vide) et à la guitare électrique, le trio nous a donné une bonne leçon de rock garage, grâce à leur savoir-faire. Installés au centre de la scène, avec des enceintes pour délimiter l’espace, les trois musiciens avaient un son garage lo-fi vraiment excellent. Quelque part entre le son des vieux scopitones des Sonics, la classe des Cramps et des compilations Back from the Grave (sur Crypt Records), la musique de nos lascars bien léchés attaque direct au plus profond de notre estomac chargé de bière sans gout (le bar du théâtre, n’est pas top !). Impossible de rester assis et d’envoyer des messages sur son smartphone. Dès leur apparition sur la scène, la moitié de la salle est debout pour les recevoir comme il se doit ! Et pendant 90 minutes, malgré quelque soucis de guitare Billy Childish & CTMF vont régaler le public de leur garage rock sans chi-chi, en chantant les tubes (ah ce Davey Crockets, juste indémodable et conseillé à écouter quand le moral demande un remontant) et les morceaux du nouvel album Last Punk Standing. Leur son, leur façon d’être sur scène, de communiquer avec le public, c’est juste la classe !

Avant cette belle prestation, le groupe Le Villejuif Underground a assuré comme à son habitude. C’est toujours un plaisir de les voir en concert. Avec au centre le chanteur Nathan Roche en roue libre sur scène et parmi le public et les autres membres à l’attitude détachée et un peu branleur (mais chez eux, c’est magnétique), la prestation du Villejuif Underground est une fois de plus un grand moment d’échappée. Personnellement, dès les premières notes de musique, il m’est impossible de rester fixe. Le vertige de la danse m’appelle sans plus attendre. Oui, ce groupe est une des plus belles choses qui soit arrivé au « rock français » !

Enfin pour clore cette belle soirée, aux platines entre les concerts il y avait Sophie Massa et Maxime Barré (qui venait de finir sa journée à la boutique de disques Born Bad) et une exposition de Baldo, qui a réalisé entre autre les pochettes des albums de Frustration. Voilà tout est dit ! Du moins ce qu’il me reste comme souvenir après le réveil du lendemain.



www.youtube.com/watch?v=pabdnNn-Zss
www.youtube.com/watch?v=SdaUvrwdKR0&feature=emb_logo

auteur : Paskal Larsen - pjulou@free.fr
chronique publiée le 26/11/2019

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