02/04/2020  |  5337 chroniques, 172 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 02/04/2020 à 07:42:22
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L’Epée

+ You Said Strange
La Cigale (Paris)
14 décembre 2019

En janvier 2019 on découvre le clip du morceau Dreams d’un nouveau « super » groupe nommé L’Epée. Pourquoi super ? Car le groupe est composé du duo Marie et Lionel des Limiñanas, d’Anton Newcombe du Brian Jonestown Massacre, de l’actrice et chanteuse Emmanuelle Seigner et en guets le « persona » Bertrand Belin. En septembre, sort l’album Diabolique (dans un beau vinyle rouge) qui reçoit un bon écho dans la presse et le public. Avec une mise en selle au festival Lévitation d’Angers et en concert semi privé à La Boule Noir à Paris, L’Epée fait son effet buzz et c’est mérité. Du moins pour les amateurs d’un son pop sixties à la française esprit Serge Gainsbourg, Brigitte Bardot, Anna Karina (une belle artiste qui vient tout juste de nous quitter de notre sol terrestre pour les étoiles sous le soleil... exactement, à cause de la faucheuse nommée le cancer -snif-),Zouzou et Annie Philippe, mélangé au rock à la Jesus and Mary Chain époque Darklands et au Velvet Underground. Et pour conclure cette année 2019 (commencé par les manifs des gilets jaunes, pour finir avec les manifs anti retraite au rabais = le pouvoir qui méprise le peuple), la tournée de L’Epée avec un passage à La Cigale à Paris coté quartier de Pigalle.

La première partie est assurée par le groupe de Giverny, You Said Strange. Le temps des impressionnistes, sa commence à faire loin, ainsi dans cette petite ville bucolique, au 21ème siècle, place au rock, aux décibels avec, le festival Rock in the Barn et le groupe local You Said Strange qui risque de secouer la tranquillité des Nymphéas. Pas étonnant que ce groupe soit signé sur le label anglais Fuzz Club, car on peut dire qu’ils ont un bon son indé. Des bonnes voix, des mélodies qui accrochent, la musique de You Said Strange est un heureux mélange des Smith, d’Echo & The Bunnymen, de Jesus and Mary Chain et de Ride. Juste avant le concert, dans le rade du coin, j’ai croisée le père du chanteur et du bassiste qui buvait une petite bière, avant de voir ses enfants sur la belle scène de La Cigale. Heureux papa, car ses fils et leurs potes ont fait un excellent concert avec en prime, un très bon son.

Ce qui ne sera pas le cas, côté son, pour les trois premiers morceaux de L’Epée. Pourquoi dans une salle de concert (on n’est pas dans un bar, ni dans un restaurant, ni dans une salle des fêtes) à Paris le son n’est pas toujours au top ? C’est comme un boulanger qui fait du mauvais pain, ou un médecin qui fait le mauvais diagnostic, bref quand on va dans une salle de concert, on veut un bon son et des bonnes lumières, après l’artiste fait son taf, et si tout est ok, le public est au ange et se manifeste avec joie. Bon, heureusement après quinze minutes, le son devient correct et on peut apprécier la prestation du groupe. Par contre à titre « opinion personnel », il n’était pas obligé de rajouter quatre autres musiciens, car les guitares de Lionel et d’Anton sont suffisamment affutés pour nous envelopper. A la limite, juste un musicien en plus au synthé aurait suffis. Du coup gros son, mais heureusement sans écraser la voix d’Emmanuelle Seigner (à noter que son mari Roman Polanski était présent pour l’encourager et ainsi oublier ses soucis le temps d’un concert). Au milieu de la scène, il y une épée, telle celui du film Escalibur. Emmanuelle Seigner, juste à côté ne laissera pas cette épée de… marbre. Depuis qu’Anton Newcombe habite à Berlin, on peut dire qu’il est bien loin de l’image qu’il avait dans le documentaire Dig, à savoir le rebelle sur le qui-vive. Non, depuis son installation à Berlin (et non pas Belin) et ses disques avec Tess Parks, Anton Newcombe a ce côté cool, juste trop classe. Et son jeu de guitare, ah ce jeu… c’est juste une des personnalités des plus créatives de ses 20 dernières années. On écoute le son de sa guitare et c’est le décollage mental immédiat. Et quand il chante, ici à La Cigale juste un morceau, c’est tout de suite la gifle auditive, du moins quand on est amateur d’un son indé à la Spacemen 3 et Velvet. Mais ne nous arrêtons pas à Anton, L’Epée est un véritable groupe avec quatre fortes personnalités qui nous ont donnée en cette année de manifestations dans la rue et les ronds point, une musique qui donne le sourire et l’envie de venir les voir sur scène, même s’il y a des problèmes de transport. Merci à vous, maestros Marie, Emmanuelle, Lionel et Anton !

Chronique de l’album Diabolique ici




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auteur : Paskal Larsen - pjulou@free.fr
chronique publiée le 18/12/2019

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