02/04/2020  |  5337 chroniques, 172 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 02/04/2020 à 07:42:22
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Linkin Park

+ Staind
+ Alien Ant Farm
Palais Omnisports de Paris Bercy (Paris)
samedi 6 septembre 2003

Désormais, le jumping est davantage pratiqué dans l'énorme enceinte de Bercy que dans les hippodromes de France et de Navarre.
A-t-on besoin d'une triple injection de DHEA, quand on a plus de 15 ans pour assister à un tel spectacle ? On répondra par la négative.
En revanche, il est indispensable de ne pas avoir d'à priori pour supporter les nouvelles idoles des djeuns : Linkin Park !!
Sorte de mini-festival métal, Bercy semble avoir rarement été aussi garni : plus de 16 000 ados (blancs), parfois accompagnés de leurs parents (!), assoiffés de sonorités rebelles (Europe 2 est partenaire !) et d'attitudes qui inspirent le respect (M6 sponsorise également !).

Alien Ant Farm préparait doucement le terrain aux stars de la soirée, en déversant sa bouillie sonore : AAF est un de ces groupes inutiles, qu'une major a signé car le gros son est à la mode. Seul bref moment de bravoure, la reprise ultra-speedée du Smooth criminal de Bambi Jackson.
On les oublie sitôt hors de notre champ de vision.

Avec Staind, tout devient plus complexe. Le gang mené par Aaron Lewis synthétise parfaitement les grandes années de Seattle : en particulier le lyrisme décharné d'Alice In Chains. Nettement plus à l'aise que son prédécesseur, le quatuor proposera un show en trois phases : 2 ou 3 titres, qui si l'on ferme les yeux, laissent imaginer que Korn les a rejoint sur scène. Puis, un long intermède unplugged, qui démontre que Staind sait écrire et interpréter des titres dans la lignée de Jar of Flies de feu Layne Staley (ex-leader d'AIC). A quand un album uniquement acoustique ? Le groupe reversera ensuite un peu d'huile sur le feu, avec quelques vocaux et riffs d'outre-tombe à vocation épiléptique, afin que le jumping frénétique reprenne dans l'ensemble de la fosse !

Après une annulation en juin 2003, suite à des ennuis de santé de Chester Bennington (vocaliste) ou bien l'appât des dollars à l'occasion d'une tournée avec Metallica, la plus grosse vente mondiale de disques en 2002, avait promis de revenir.
Un décor épuré type navette spatiale à la Kubrick, des jeux de lumière et une mise en scène simplistes (4 petits podiums pour chacun des musiciens jumpers - le Dj et le batteur étant dans des cabines surélevées) enroberont l'ensemble et confirmeront que le groupe est passé de l'autre côté : celui du monstre de foire. Linkin Park reste toutefois difficile à cerner : on pourrait penser, au premier abord, que ce n'est que de la vulgaire musique FM américaine à la Bon Jovi. Mais les amplis crachent réellement et les vocalises à 50% hip-hop se combinent honnêtement avec le chant suraigu.
En tendant l'oreille, on devine même des intros assez bien sélectionnées par le Dj, proches des morceaux de bravoure sixties d'Ennio Morricone, jusqu'à ce que la guitare ne l'emporte à chaque fois à travers des accords simples, enchaînés rapidement et très lourds.
Tout ceci combiné se révèlera souvent lourdingue. Le style du combo américain étant limité, on ne peut que présager un rapide épuisement de l'inspiration et du phénomène d'attraction. Linkin Park est davantage un défouloir pour jeunesse frustrée à vocation sociologique, qu'un excellent groupe de rock.


www.linkinpark.com
www.staind.com
www.alienantfarm.com

auteur : Samuel Charon -
chronique publiée le 06/09/2003

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