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Indie go : Hederos & Hellberg + The Sounds + Weeping Willows

Café de la Danse (Paris)
19 décembre 2002

Soirée de promotion de la bouillonnante scène suédoise, qui nous a donné il a peu des groupes aussi excitants que The (International) Noise Conspiracy ou The Hives, Indie Go, 2ème du nom, placée sous le haut patronage des autorités scandinaves et honorée de la présence de l’héritière du trône, la princesse Victoria, promettait beaucoup.

Pourtant, de cette soirée suédoise courue par une bonne partie de sa jeunesse dorée expatriée, on ne retiendra que la classe de Hederos & Hellberg, auteurs il y a peu d’un album remarqué, Together In The Darkness, paru sur le label Fargo.
Dépouillées à l’extrême, les interprétations du duo, qu’il s’agisse de reprises ou de compositions plus personnelles résonnent magistralement dans l’écrin délicat du Café de la Danse, tout ouï à ces versions revisitées avec grâce et mélancolie des plus grands standards.
Ainsi, l’arrangement dépouillé du No fun des Stooges renvoie quasiment la version exécutée par Mister James Jewel Osterberg dans les limbes de l’histoire, comme celle de ce Concrete jungle de Marley, qu’on jurerait extraite d’un opus de Neil Young. Martin "Soundtracks of our Lives" Hederos et Mattias "Hellacopters" Hellberg, qui signaient là sans doute leur dernière performance scénique commune avant que de ne retrouver leurs cadres respectifs un chouia plus bruitistes, apportent à chacun des titres interprétés leur approche humble, solennelle et presque mystique d'aborder la musique…
De cette voix bluesy, accompagnée sobrement par un piano inspiré, effleure en effet une vision poétique, habitée et envôutante de ces chefs-d’œuvre musicaux du XXème siècle.
Et quand résonne un harmonica folkisant ou ce magistral orgue hammond utilisé sur un Shine a light des Stones sépulcral, un frisson parcourt la foule.
Il en résulte des moments où le temps semble comme suspendu …

Leurs successeurs sur les planches auront quant à eux un mal certain à s’éloigner du cadre désuet du simple hommage à leurs idoles d’enfance :
The sounds sonne creux, ersatz pitoyable de Blondie, avec cette chanteuse sans charisme aucun qui vainement s’agite à l’avant-scène, quand les Weeping Willows, pourtant très bons musiciens, ont un problème certain de distanciation avec leur maître à penser Morrissey, dont ils reprennent bien évidemment le smithien There’s a light that never goes out en rappel.

Quitte à surclasser d’ailleurs la version exécutée par le Moz il y a quelques semaines à l’Olympia : que de fantômes auront donc hanté le Passage Louis Philippe en cette soirée !


www.the-sounds.com


auteur : Jérôme Crépieux - jerome_(at)_foutraque.com
chronique publiée le 29/12/2002

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