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Ron Sexsmith

Café de la Danse (Paris)
11 Décembre 2002

Dans un monde parfait, Ron Sexsmith ferait partie des chanteurs-compositeurs qui comptent, ceux qui emplissent de bonheur les directeurs financiers des major companies, plus préoccupés par l'EBITDA que par la délicatesse d'une prose.

Las, les stars préfabriquées survolent toujours de leur néant musical les contours crasses des charts musicaux, et ce canadien d'exception poursuit donc son petit bonhomme de chemin dans la quasi-indifférence générale.

Pour preuve, le Café de la Danse n'offre scandaleusement qu'une jauge moyenne en ce glacial mardi de décembre, lorsque le joufflu petit Ron fait son apparition sur cette magnifique scène de Bastille.

Entouré de subtils musiciens déjà appréciés l'an dernier à la Boule Noire pour une prestation émouvante, le songwriter désuet dévoile les perles dont il a parsemé, comme à l'accoutumée, son dernier chef d'œuvre en date, Cobblestone Runway.
Toujours riche en pépites mélancoliques, cet opus permettra peut-être, qui sait, au maudit alchimiste d'enfin accéder à la reconnaissance publique, grâce à ce Gold In Them Hills de poids, où vocalise l'incontournable Chris Martin, chanteur de Coldplay.

Sans le soutien de cet invité de marque, l'émouvante ritournelle ne perd sur scène aucunement de son pouvoir de séduction, dans une version exécutée sobrement au piano, qu'agrémente le jeu inspiré au violoncelle d'un bassiste décidément virtuose...

De ces mélodies intemporelles qui jamais ne souffrent de boursouflure, les musiciens enluminent encore davantage que sur disque les subtiles volutes, divinement éclairés dans ce superbe écrin.

Qu'il s'agisse d'une intro à capella qui provoque dans cette assistance attentive d'incroyables frissons, d'une reprise de Dylan inouïe - Ring Them Bells, extraite de Oh Mercy - comme de titres plus enlevés, jamais l'émotion ne retombe.

Ô temps, suspends ton vol !

Il ne sera que l'égoïsme forcené des riverains de la salle, contraignant les exploitants à décréter le couvre-feu à 22h30 pétantes pour écourter la divine performance d'un artiste décidément toujours constant dans l'effort…


www.ronsexsmith.com/
www.v2.fr/

auteur : Jérôme Crépieux - jerome_(at)_foutraque.com
chronique publiée le 12/12/2002

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