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Hawksley Workman

+ Elista
La Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand)
mardi 25 novembre 2003

Après son concert mémorable en première partie de Kat Onoma en novembre 2001, le retour d’Hawksley Workman en tête d’affiche à la Coopérative de Mai était très attendu ! C’est donc dans un club de la Coopé bien rempli que le groupe de Melun Elista était chargé de lancer les “ hostilités ”…

Gonflés à bloc, le quatre musiciens déboulent sur scène et attaquent directement dans le vif du sujet avec La vie à deux… Ce titre est très révélateur du potentiel d’Elista : il est accrocheur, le texte est simple mais bien troussé, les voix sont sobres, les guitares, affûtées comme des rasoirs. Elista compose vraiment des morceaux entêtants de rock français mâtiné de pop et d’électro. De plus, les quatre membres du groupe présents sur scène (deux guitaristes/chanteurs, un bassiste, un batteur) ont un contact très agréable : ils sourient, présentent les morceaux en toute décontraction et semblent être heureux de jouer les chansons de leur premier disque au public…
Depuis son concert plein de promesses à Melun en juin 2003, le groupe a eu le temps d’acquérir une assurance et une cohésion que beaucoup vont lui envier. Le groupe est si à l’aise dans l’enchaînement des futur tubes (le vertigineux Mon ivresse (à l’auroroute A3), l’excellent premier single Debout, le hit dansant Déçu du paradis, le planant Derrière elle, l’acide Tu es légère etc), que la demi-heure impartie à Elista semble durer 5 minutes… Avec un bon album dans les bacs, des concerts réussis, et déjà de nouvelles compositions prometteuses, Elista va sans doute bientôt pouvoir goûter à l’ivresse de la vitesse sur l’autoroute (A3) du succès…

On savait déjà que le Canadien Hawksley Workman était une flamboyante bête de scène, il l’a confirmé de manière éclatante devant un public enthousiaste et fervent… S’il est timide et plutôt réservé dans la vie, H.W. se transforme en super héros à la Bono/Freddie Mercury/Jimmy Page dès qu’il monte sur les planches. “ Quand tu montes sur scène pour faire un spectacle, c’est mieux de laisser ton côté ennuyeux dans les loges ! ” affirme-t-il… Le “ côté ennuyeux ” est vraiment enfermé à double tour dans les loges, on ne l’a pas vu de la soirée en tout cas !
Le jeune éphèbe arrive sur scène dans un t-shirt transparent ultra moulant avec une casquette sur la tête. Surexcité par le fait de jouer sur scène devant un public chaud, le Lover/Fighter a les tétons arrogants et semble prêt à passer à l’acte pour contenter ses fans en jouant ses morceaux. Dès le premier titre, le jubilatoire et ultra énergique Tonight romanticize the automobile, tout le monde semble fasciné par la présence scénique, la voix, le jeu de guitare et la musique de l’extravagant personnage ! Certains trouvent qu’il en fait trop et que sa musique à un côté classic rock un peu énervant. Mais tout ceci est réalisé avec un tel talent, une telle énergie et une telle excentricité que ces défauts sont balayés par notre “ héros ” du fameux coup de pied qui était la signature de Keith Richards sur scène (avant son arthrose). Hawksley Workman est en effet d’une souplesse peu commune pour se déhancher, réaliser des acrobaties avec ses cordes vocales mais aussi pour composer avec facilité des hymnes pour les stades (We will still need a song, Anger as beauty), des ballades intimistes (Autumn’s here, Dirty and true, No more named Johnny) ou des rock lascifs et explicites (Jealous of your cigarette, Strip tease) à écouter sous la couette à deux (ou trois)… Le seul petit regret par rapport au concert donnés en 2002, sera l’absence des moments théâtraux hilarants qui avaient tant marqué la première fois qu’on avait vu ce phénomène sur scène… Accompagné par un groupe au taquet, Mr Lonely aux claviers (avec lequel il s’autorise quelques duos intimistes), un batteur, un bassiste et un deuxième guitariste, Hawksley Workman peut donner libre court à ses délires : solos de guitare, envolées vocales, danses sexy. Enchanté par ce deuxième accueil chaleureux à Clermont-Ferrand, la future star accorde deux rappels (torse nu) salués par des salves d’applaudissements enthousiastes. Puis l’exubérant Canadien regagne les loges pour retrouver un côté ennuyeux qu’on l’imagine assez mal posséder réellement après une prestation aussi brillante et enflammée !


www.hawksleyworkman.com
www.elista.fr.st

auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 26/11/2003

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