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La nouvelle scène sur un plateau : Pascal Parisot + Thierry Stremler + Albin de La Simone + Julie Delpy

La Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand)
mardi 28 octobre 2003

L’excellente initiative intitulée La nouvelle scène sur un plateau n’a pas connu un succès populaire retentissant mais a permis à une centaine de curieux d’assister à des concerts d’artistes émergents dans une ambiance décontractée et fraternelle.

Les fans de Vincent Delerm regretteront longtemps de ne pas être venus car le sémillant, populaire et talentueux chanteur à la coupe de cheveux façon Playmobil est monté sur scène jouer de la cymbale avec Albin de La Simone. On l’a vu aussi vu danser un jerk endiablé et chanter avec Thierry Stremler. Présenté sous le nom de Carla Bruni, ce jeune homme ne laissant pas les jeunes filles insensibles est visiblement venu pour passer une soirée sympa et s’amuser sur scène avec ses amis…

Dans une atmosphère feutrée, le concert commence avec Pascal Parisot, un sosie de Rowan Atkinson - alias Mister Bean - et Serge Gainsbourg. Accompagné par deux excellents musiciens, une choriste multi instrumentiste et un percussionniste pianiste, cet hurluberlu pince-sans-rire a immédiatement provoqué des trémoussements avec ses Rumbas et des rires grâce à ses traits d’humour décalés dans les textes et entre les morceaux.
Dans les chansons chaloupées et jubilatoires écrites par Pascal Parisot, on retrouve des accents proches de Serge Gainsbourg dans le chant, de fortes influences brésiliennes et des rythmiques que n’auraient pas reniées Georges Brassens. Simple, drôle, excentrique, décalée voilà ce qui pourrait qualifier la musique de Pascal Parisot

Souriant et décontracté entre les morceaux, Albin de La Simone reste concentré et troublant pendant l’interprétation de ses morceaux. Il faut dire que ses textes sont traversés par des drames atroces, des histoires d’amour étranges et des pensées inavouables. Le résultat est tour à tour drôle, touchant ou glaçant car la voix d’Albin De La Simone réussit parfaitement à véhiculer ces émotions contradictoires.
Sur le tubesque morceau Avant tout, I Want you, Albin de La Simone invite sur scène le bassiste/guitariste et le batteur de Thierry Stremler pour exécuter des chœurs hilarants. Un peu plus tard, un fou furieux vient jouer de la cymbale avec un toucher... discutable. C’est Vincent Delerm qui vient faire un featuring, plutôt drôle, de 10 secondes chrono.
Ce concert court et prometteur se termine sur une touchante reprise de Pierre Vassiliu, Amours, amitiés. Cela donne à la fois envie de (re)découvrir l’œuvre de ce chanteur iconoclaste et de revoir Monsieur de La Simone très rapidement sur scène.

Thiery Stremler est capable du meilleur comme du pire… Il commence son concert par une hilarante chanson sur les retraités puis, plus tard, il se vautre dans la chanson d’amour premier degré sur Alexandra. Pendant tout le concert, le public a droit à un enchaînement de bonnes chansons et de morceaux insipides. C’est bien dommage car Thierry Stremler a une présence indéniable, une voix capable d’acrobaties surprenantes et une plume acérée quand il veut…
Dans les bons moments, on est conquis par l’humour et le côté accrocheur des titres. J’ai les boules, le morceau final, est un bon exemple de ces indéniables qualités. On sourit d’abord à cause du texte, après on se laisse emporter par la musique puis on rigole franchement en voyant débouler Albin de La Simone, Pascal Parisot et Vincent Delerm pour faire les chœurs, ou plutôt faire les cons avec une simplicité rafraîchissante… Finalement, la bonne humeur dégagée par Thierry Stremler et ses camarades a emporté au forceps l’adhésion ; malgré tout, des interrogations subsistent.

Julie Delpy a sorti un album assez moyen et malgré un désir de convaincre touchant, ses compositions sans relief ont laissé indifférent. Assez mal à l’aise sur scène, l’actrice raconte un peu n’importe quoi entre les morceaux, ricane pour un rien et oublie carrément les textes de la seule chanson en français.
Entourée par un groupe de professionnels, Julie Delpy chante ses morceaux avec une voix un peu énervante, sans dégager la moindre émotion malheureusement. Le dernier titre, interprété seule à la guitare, est sans doute une piste à suivre. On saluera le courage de la dame, une qualité nécessaire pour monter sur scène, chanter et jouer de la guitare, mais à part ça…


www.pascalparisot.com
www.albindelasimone.com

auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 29/10/2003

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