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L’Enfance Rouge

+ Ulan Bator
Les Abattoirs (Riom)
samedi 25 octobre 2003

Le concert de L’Enfance Rouge et d’Ulan Bator, deux formations de rock expérimental et bruitiste, était organisé dans le cadre glaçant (mais chauffé) des anciens abattoirs de Riom. Au milieu du béton, des grillages et des tuyaux hors service trône une scène tout à fait normale… C’est plutôt rassurant mais les images de carcasses sanguinolentes découpées pour alimenter les étals viennent parfois à l’esprit. Un concert aux abattoirs, ça donne envie d’être végétarien.
Le concert débute avec la prestation du groupe Ulan Bator… Vétéran du circuit underground, le groupe se lance dans un premier morceau malheureusement gâché par un son boueux ne permettant pas de distinguer chaque instrument. On hésite à partir en courant puis on se ravise… Miraculeusement, le son s’améliore et permet de partir dans les trips sonores d’Ulan Bator : parties de guitares atmosphérico bruitistes, batterie hallucinante, basse monstrueuse, violon surfant sur le magma sonore, orgue trituré. Si l'on ajoute quelques parties chantées d’un voix grave, tous cela crée une ambiance assez trippante de fin du monde sonique. Le cadre inquiétant des Abattoirs rajoutant bien sûr une dimension encore plus bizarroïde à l’ensemble…

Après une prestation époustouflante dans le cadre du festival Les Volcaniques de Mars devant une quinzaine de survivants au milieu de la nuit, L’Enfance Rouge a eu l’opportunité de jouer à une heure raisonnable devant plus de 100 personnes. Si l’effet de surprise n’a pas joué cette fois-ci, le trio farouchement anarchiste a encore réussi à vriller la tête de son public.
François R. Cambuzat (voix et guitare nucléaire), Chiara Locardi (basse inquiétante et chant) et Jacopo Andreini (batterie terrifiante) ont donné un spectacle donnant l’impression de passer sa soirée sur des montagnes russes. Les quelques moments calmes et chantés sont en effet suivis de déluges sonores d’une violence et d’une puissance incroyable. Boostés par un batteur en transe, la guitare, la basse et les hurlements se permettent de longues et infernales digressions (super) soniques. Les concerts de L’Enfance Rouge sont dérangeants, violents, bouleversants, en clair : à ne pas manquer, si on aime les émotions fortes… Cela donne envie de fréquenter plus souvent les Abattoirs (de Riom).


www.enfancerouge.org

auteur : Pierre Andrieu - pierre@foutraque.com
chronique publiée le 26/10/2003

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