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Kraftwerk

Le Grand Rex (Paris)
lundi 22 mars 2004

Se rendre à un concert de Kraftwerk en 2004, revient finalement à assister à un récital lyrique. Pas un bruit dans les rangs, on se remémore les bons moments (ah, c’était mieux avant !), et on ne se bouscule pas pour être devant (le prix des places étant suffisamment dissuasif).

Pour Nougaro, le jazz était la musique classique du 20ème siècle. Kraftwerk, référence de ces trente (peu glorieuses) dernières années, constitue peut-être celle de ce 21ème naissant.
Fondé à la fin des années 60, le groupe teuton est à l’electro ce qu’Elvis était au rock’n’roll, le seul capable de rassembler beaufs de province et minets branchés. Les pères du beat binaire, des nappes synthétiques et des gimmicks naïfs en tournée ? Fallait pas louper ça.

Après une longue intro hypnotique, rappelant les meilleures heures du combo (The Man Machine, issu de l’album du même nom, 1978), et d’interminables passages dédiés à la grande boucle (Tour de France) ou à ses attenants (Vitamin, Aero Dynamik), le groupe dirigé par Florian Schneider finit rapidement par plonger dans son glorieux passé (Trans Europe Express, Autobahn), une époque bénie pour tous les compositeurs de Space Music et d’autres digressions électroniques (Tangerine Dream, Klaus Schulze, Jean-Michel Jarre).
Remixées pour l’occasion, et servies par les films des studios Kling Klang, les compositions de Kraftwerk font tour à tour sourire et réfléchir, provoquant chez certains quelques cris de joie.

Citée en référence par les pionniers de la techno de Détroit, comme par les apôtres du mouvement EBM, la musique néo-romantique du quatuor rime avec froideur et humour (The Robots, où ils laissent la place à leurs doubles cybernétiques, Pocket Calculator, ode hilarante aux premières machines à calculer). Un cocktail étonnant qui fonctionne encore aujourd’hui, permettant au passage de rappeler les dangers de notre société (Radioactivity). On pense à Massive Attack et à son regard sur les armes de destruction massive…

Deux rappels et puis s’en vont. Le show est finalement plaisant mais calibré, il donne une impression surréaliste. C’est sûrement fait exprès.

A lire également, la chronique du récent Tour de France Soundtracks.


www.kraftwerk.com/
perso.wanadoo.fr/kraftwerkonline

auteur : Geoff -
chronique publiée le 24/03/2004

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