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The BellRays

+ Dead Moon
La Maroquinerie (Paris)
mardi 30 mars 2004

Arrivé avec un peu de retard à la Maroquinerie (la topologie du quartier est piégeuse, comme aurait dit mon prof de maths du lycée), je n’ai vu que la fin du set du groupe de 1ère partie, Dead Moon…En tout cas cela tombait plutôt bien car leur hard-punk-rock balancé au km était lassant ; et malgré les bières qu’ils s’enfilaient continuellement -et qui renforçaient leur enthousiasme, on aura même droit à un rappel-, ils ne sont pas vraiment parvenus à nous mettre en transe…C’est cool d’écouter Motorhead, c’est autre chose de saisir ce qui fait l’essence de la rage et de l’ivresse de leurs chansons…

Heureusement, les BellRays suivent et déballent leur musique exaspérée et jouissive. Dès le début, les musiciens et la chanteuse se regardent beaucoup, avançant ensemble, à l’instinct : refusant toute grille préconçue, ils déconstruisent leurs compositions, et c’est sur un magma sonore incandescent que Lisa Kekaula pose sa voix. L’honnêteté est la grande affaire des BellRays, un peu comme chez les White Stripes : les deux groupes creusent le même sillon blues-rock avec acharnement depuis pas mal d’années, et on sent que les ventes de disques ne doivent pas énormément modifier la direction empruntée…Bien sûr - le même écueil avait pu être observé lors du concert des White Stripes au Zénith- ce refus de structurer davantage leurs compositions sur scène les voit parfois s’échouer dans les méandres d’un rock saturé et strident parfois un peu vain…la solution survient alors sous la forme d’un riff de guitare puissant et libérateur. Les BellRays ont intériorisé une règle élémentaire du rock : un couplet qui fait monter la tension, un refrain qui la libère…et ils l’appliquent de la façon la plus libre : le couplet peut prendre la forme d’une plage de calme de plusieurs minutes durant laquelle le guitariste Tony Fate égrène les notes d’une mélodie apaisée et hypnotique; une envolée de guitare montant progressivement en puissance vient alors brutalement le conclure à la manière d’un refrain. Jean-Louis Murat, qui, après nous avoir enchantés avec la mélancolie quasi-mystique de Dolorès ou du Manteau de Pluie, vient de réaliser avec Lilith un très beau disque de rock instinctif et rêche, Murat donc, ne s’y trompe pas : il déclarait dans une interview récente mettre systématiquement un disque des BellRays à fond dans la bagnole en sillonnant la campagne : les brusques coulées de lave distillées par le groupe forment en effet des paysages escarpés et passionnants.

A lire également sur foutraque.com : une interview des BellRays réalisée en avril 2003.

Photo : (c) Steffen Paulus 2003


www.thebellrays.com/

auteur : Guillaume - guillaume@foutraque.com
chronique publiée le 06/04/2004

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