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TV On The Radio

+ Colder
Nouveau Casino (Paris)
lundi 31 mai 2004

« La plus belle révélation du label 4AD depuis les Pixies » pouvait-on lire sur les flyers promotionnels du concert.
Présenté comme ça (mais d’où cette accroche sort-elle ? Du NME ? Du département marketing du label ? - Mystère…), il semblait difficile de pouvoir résister à une tentation nommée TV On The Radio.
Alors que les « farfadets » (traduction littérale du terme Pixies) seront bientôt en ville, l'énième groupe new-yorkais précédé d’une hype ravageuse avait la dure tâche de justifier sur scène, en ce lundi de Pentecôte, la pluie d’éloges s’abattant sur lui. (dernière dithyrambe en date : celle d'Alexis Bernier, excellent journaliste au demeurant, le week-end précédent, dans Libé)
La file qui s’étend sur le trottoir devant la salle de Ménilmontant ne trompe pas : quitte à sacrifier quelques heures de leur week-end prolongé à Deauville ou Chantilly, nombre « professionnels de la profession » se sont donnés rendez-vous pour un des derniers « événements » de la saison musicale 2003-2004.
Bondée, la salle voit débarquer à 20h45 non pas Colder (pourtant annoncé en tant que support-band sur les affiches) mais les 5 musiciens qui composent actuellement TV On The Radio, trio à la base.
Dans une quasi-obscurité, le groupe déploie dans un premier temps un long instrumental psychédélique, louchant par bribes vers le free-jazz. Dispensable.
La suite sera d’un tout autre acabit : intense et électrisante, notamment quand Kyp Malone, le guitariste barbu à la coupe « Jackson Five », et Tunde Adebimpe, le chanteur souriant au joli chapeau, croisent vocalement le fer, pour des harmonies proches du gospel. Les deux hommes sont afro-américains, et cela s'entend : l'émotion qu'ils véhiculent dans leur chant donne la chair de poule. 
C’est extrêmement jubilatoire et brillant, notamment sur Staring at the sun, paré d'une fin apocalyptique, ou Ambulance, relativement acoustique, marquant par la beauté des interventions des duettistes, quand leurs compagnons assurent remarquablement leur part de travail en arrière-plan. (section rythmique déployant un bon groove sur des guitares souvent furibardes)
David Andrew Sitek, guitariste scéniquement en retrait, chantonne sans micro dans son coin, mais le cœur y est : il vit sa musique et son œuvre, reprenant en simili playback et pour son seul plaisir les paroles des chansons qu'il a écrites.
C’est en effet lui le « cerveau » du groupe, compositeur des titres présents sur Desperate Youth, Blood Thirsty Babes, premier album longue durée du combo, après un premier 5 titres paru l’an dernier (Young Liars).
En parlant de Liars justement, Sitek assura la production radicale de leur dernier album, They Were Wrong, So We Drowned : ses propres travaux ne versent pas dans l’expérimentation à tout crin, et c’est très bien ainsi. L'album de TV On The Radio sort le 8 juin : nous en reparlerons certainement en ces pages.
Et Colder dans tout ça ? Plombé par un changement de plateau interminable (3/4 d'heure, soit la durée de la performance des new-yorkais...) et un faux-départ dû à une négligence des roadies, j'aurai, comme une bonne partie de l'assistance, tourné les talons.
Le fait d'avoir déjà vu le groupe par la passé sur scène (en première partie de The Rapture) n'étant pas non plus tout à fait étranger à cette décision...


www.tvontheradio.com/
www.4ad.com/

auteur : Jérôme Crépieux - jerome_(at)_foutraque.com
chronique publiée le 01/06/2004

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