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The (International) Noise Conspiracy (INC)

+ The Starlite Desperation
Nouveau Casino (Paris)
mardi 1er juin 2004

Bientôt les J.O. (Athènes, 13-29 août) !
Il n’aura échappé à aucun des observateurs présents ce mardi au Nouveau Casino que l’un des brillants espoirs de l’équipe suédoise de gymnastique rythmique et sportive, Dennis Lyxsen (engin de prédilection : le micro, variante - amplifiée - de la corde) paraît dans les temps, niveau préparation, pour le grand raout olympique.

En effet, après avoir enchaîné ces dernières semaines différents meetings de par le monde, l’athlète est semble-t-il à son poids de forme, et si ce n’est deux fautes grossières, totalement inhabituelles à ce niveau - lâchers intempestifs de l’engin -, (la pression inhérente à l'un des plus prestigieux rendez-vous de la saison, situé dans la ville berceau des Jeux de l'ère moderne ?), aura rassuré les sceptiques, dubitatifs lors de la nomination de son nouveau « coach », Rick Rubin.

Ses camarades pour les épreuves par équipe (Lars Stromberg, Inge Johansson, Ludwig Dahlberg, associés à un nouveau-venu prometteur, remplaçant Sara Almgren, retirée du circuit) auront joué à plein leur rôle, sachant s’effacer juste ce qu’il faut pour ne pas voler la vedette à l’un des plus grands champions actuels de la discipline, se contentant d’assurer leur part de travail du soir, à savoir l’accompagnement musical de son exhibition.
Présentant un nouveau programme (Armed love), en rôdage pour les grandes échéances estivales, l’équipe, soudée, aura rassuré les amateurs venus en nombre, convaincus très vite du potentiel des nouveaux enchaînements rythmiques. (dès le 1er mouvement, en fait, intitulé Smash it up)

Comme toujours démonstratif et vindicatif, Dennix Lyxzen tranche dans le monde aseptisé de la haute-compétition, et répand entre deux mouvements effarants qui laissent apprécier sa souplesse, des discours hautement politisés qui pourraient bien, à l’occasion, faire s’étrangler quelques juges.
Très critique envers la société de consommation (Up for sale, A Small Demand), l’athlète, qui aurait sans doute migré vers l’une des équipes du bloc soviétique s’il existait encore (« Share our (olympic ?) dreams under a communist moon » ) appelle sans cesse à la révolution, pour quitter un modèle de société qu’il exècre (Capitalism stole my virginity).
Roublard (l’habitude des grands événements sans doute), il sait aussi caresser les juges locaux dans le sens du poil, clamant haut et fort son bonheur d’être de passage dans un pays dont le peuple a su de tous temps lutter pour faire valoir ses droits. (à contrario, ajoute-t-il même, de ses compatriotes... Le car de supporters suédois venu encourager l'équipe, des adolescents accompagnés de leurs profs, auront sans doute apprécié...)

Accoutré d’un seyant tee-shirt rayé, tenue officielle 2004, après avoir enlevé, une fois suffisamment échauffé, son haut de "survet’ " Perfecto, Dennis aura pris tous les risques ce soir, frôlant même de peu la disqualification, après avoir enfilé dans les dernières minutes de son programme (le passage Black Mask) une cagoule fort peu réglementaire.
Heureusement, aucune réclamation n’aura été déposée, et, après une ultime démonstration bondissante, le compétiteur-né regagnait les vestiaires en sueur, pour bénéficier d’une douche bien méritée.

Les juges rassemblés dans le « gymnase » du Nouveau Casino n’avaient alors d’autre choix que de plébisciter lourdement l’équipe scandinave (de très bonnes notes en technique, comme en chorégraphie), leurs concurrents américains du soir étant il est vrai bien peu compétitifs (des californiens connus sous le nom de The Starlite Desperation).
Les prochains meetings, organisés pour la plupart au Royaume-Uni, les verront sans doute se frotter à de bien plus coriaces prétendants à la médaille.
Verdict final cet été, à moins que l’équipe, pas encore sélectionnée à ce jour pour Athènes, ne préfère se lancer d'ici là dans une tournée US certainement très lucrative…


alt.digitalfarmers.com/tinc/
www.burningheart.com/
www.athens2004.com/

auteur : Jérôme Crépieux - jerome_(at)_foutraque.com
chronique publiée le 02/06/2004

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