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Penya

Tue-Loup
Le Village vert / Wagram - 2002

Quand on découvrit, il y a quelques années de cela, l’imparable titre En rasant les murs, niché sur une improbable compilation d’un soi-disant agitateur culturel, on n’en croyait à vrai dire pas ses oreilles : Rien ne nous parut aussi enflammé, à l’époque, que cette Bancale, sur laquelle on se rua sans délai, premier opus officiel distribué alors par Pias, après un auto produit distribué confidentiellement.

Ces garçons du lieu-dit « Tue-loup », dans la Sarthe, où ils ont, comme ses prédécesseurs, enregistré Penya (mauvais garçon, en patois local), au sein de la ferme familiale, ont cependant ouvert leur spectre musical, constitué jusqu’alors de guitares tantôt plaintives et rugueuses, à de mélodieuses incursions jazzy, rendues possibles par l’adjonction d’un pianiste, Christian D’Asfeld, au combo originel.

Dès l’ouverture du disque, Toro rompt avec les sacro-saints climats propres à leur univers, par cette introduction éthérée, pleine de grâce, d’un piano inspiré qui tout du long d’ailleurs contribue à rendre le son « Tue-loup » plus chaleureux que par le passé.

Les textes, souvent introspectifs, habités d’une prose inspirée mais maladive, portent la patte de leur auteur habituel Xavier Plumas, pourtant un chouia plus apaisé et serein qu’à son habitude. Les mots y sont un peu moins à vifs, détenteurs d’un espoir inédit, quand la reprise du troubadour réunionnais Alain Peters leur sied une fois de plus à merveille, comme Mon amant de Saint-Jean en d’autres temps.

Certes, tout n’est pas encore marqué du sceau de la félicité et de l’allégresse, et des titres comme la BuseCelcius ou bien encore Le Temps Long, replongent l’auditeur dans de sombres climats, souvent propices à dépression, mais toujours emplis d’une attitude poétique et enfiévrée.

Réorganisé par la venue d'un nouveau bassiste, le quartet enrichit également sa palette au contact d’interventions diverses qui émaillent la galette, comme cette présence d’un toaster que l’on n’aurait jamais imaginée dans des territoires autrefois uniquement monopolisés par des guitares abrasives et un chant un poil chevrotant, reconnaissable entre mille.

Un saut vers l’excellence, que la tournée à venir devrait confirmer…


tueloup.free.fr


chronique publiée le 24/10/2002


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