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Get Carter

Roy Budd
Odeon (rééd. Castle de 1998) - 1971

Sortie à l’origine en 1971, la bande originale de ce film de Mike Hodges composée par Roy Budd est un pur chef d’œuvre que nous a permis de redécouvrir en 1998 le label Castle (le disque était jusqu’alors introuvable sauf si l’on était près à débourser 2000€ pour l’édition japonaise en vinyl).

A cette époque, Roy Budd, pianiste de jazz anglais, dispose d’un budget serré et d’une formation réduite (piano, voix, basse, guitare, batterie et percussions) pour boucler ce score, ce qui l’oblige à adopter des schémas peu conventionnels dans l’écriture de sa musique et dans l’organisation de la B.O. qui est composée pour moitié par des instrumentaux et pour l’autre par des chansons à la Burt Bacharach.

Le thème principal (Goodbye Carter !) voit ainsi la rencontre entre le clavecin de Budd et une contre-basse, le tout sur une rythmique syncopée de tablas. Le résultat, précurseur de la musique actuelle, est minimaliste et répétitif tout en étant d’une efficacité redoutable, Budd s’accordant seulement un solo jazzy au milieu du morceau.

The Girl In The Car, morceau instrumental façon course-poursuite a lui aussi une structure originale jouant sur les paradoxes, puisque ce morceau sombre s’interrompt sur un break de piano angélique, avant de reprendre son rythme endiablé.

Les parties chantées (Love Is A Four Letter Word, Looking For Someone, Getting Nowhere In A Hurry…), mélanges de pop et de soul évitent de sombrer dans le cheesy.

Le disque se termine sur Hallucinations, en nous montrant une nouvelle fois le talent mélodique minimaliste de Budd, une nouvelle fois au clavecin.

Tragiquement disparu en 1993 des suites d’une hémorragie cérébrale, le compositeur laisse derrière lui une cinquantaine de B.O. (The Black Windmill, Diamonds, Fear Is The Key, The Final Option…) marquées de son style inimitable.
Mais de tous ses scores, Get Carter restera comme l’œuvre la plus aboutie de son créateur.

Culte.


chronique publiée le 11/08/2004


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