17/06/2019  |  5204 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 12/06/2019 à 15:01:49
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It’s the One Who’ve Cracked That the Light Shines Through

Jeffrey Lewis
Sanctuary Records - 2003

Une bonne dose d’auto-dérision, des mélodies simplistes mais efficaces, des arrangements bricolés avec les moyens du bord, le plus souvent une guitare acoustique bardée d’autocollants et tout ce qui peut, instrument ou non, apporter sa contribution sonore à une chanson, des textes drôles et directs, un art cultivé de la première prise...
Voilà les grandes lignes du récent courant musical popularisé à New York par les Moldy Peaches et baptisé à tort ou à raison Anti-Folk.

Génial électron libre échappé de ce mouvement, Jeffrey Lewis nous livre avec ce deuxième album un chef d’œuvre du genre, où les gentilles ballades acoustiques côtoient les explosions punk déjantées.
Au sein des premières, la voix délicieusement éraillée de Lewis, en concurrence avec deux ou trois arpèges délicats, s’offre des marathons de longue haleine où la même phrase musicale peut se répéter continûment sans aucune monotonie.
A ce titre Back When I Was Four, Don’t let the Record Label Take You Out to Lunch ou Gold sont d’une efficacité mélodique dépouillée sans précédent dans l’histoire de la musique. La grande prouesse de Jeffrey Lewis est de savoir bâtir d’excellentes chansons avec une économie de moyens provocante d’aisance et de désinvolture.

Mais le fougueux songrwiter, assurément plus lunaire que terrestre, ne s’arrête pas là. Aussi convaincant en Strummer hippie qu’en Dylan revisité, ce chantre de l’Anti-Folk se fait rocker convaincu au détour de quelques titres géniaux qui ponctuent le disque de leur énergie basique mais diablement communicative. Le Punk acoustico-apocalyptique If you Shoot The Head You Kill The Ghoul, récit délirant et épique d’une invasion de morts-vivants, en est sans nul doute l’exemple le plus criant.

Loin des préoccupations Rock’n Roll de ses confrères New-Yorkais, peu soucieux, sous ses airs de Buster Keaton acoustique, de revendiquer autre chose que la saveur même de ses morceaux, Jeffrey Lewis, avec une nonchalance et une verve imparables qui drainent chacune des chansons, nous aura sans doute concocté l’un des meilleurs albums de 2003.

A lire aussi sur foutraque.com : les compte-rendus de concerts donnés par Jeffrey Lewis, à Toulouse et Paris.


www.thejeffreylewissite.com

chronique publiée le 14/12/2003


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