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Pas de bras, pas de chocolat

Bertrand Betsch
Labels / EMI - 17 août 2004

Qui aurait pu imaginer qu’un jour s’arracheraient des autocollants promouvant un disque de Bertrand Betsch ?
Pas vraiment playboy, pas plus crooner que votre voisin de palier (son timbre de voix est un savant mélange d'Adamo, Mano Solo, Dutronc, Cali, voire Arno), pas très hype (il n’y avait pas un chat, il y a deux / trois ans au Nouveau Casino, pour l’un de ses derniers concerts parisiens), ce trentenaire dépressif a pourtant le truc en plume que les autres n’ont pas : le sens de la formule ! (Les mots ont leur importance, comme il le chante si bien)
Ainsi, qui d’autre que lui aurait osé intituler un album Pas de bras, pas de chocolat ?
Une idée de génie que ce titre ! Vulgaires et déjà ringards, les autocollants Prodigy, Phoenix ou Ghinzu, distribués en nombre à la route du rock 2004.
Là-bas, chaque festivalier voulait un sticker blanc portant mention, en lettres capitales : « PAS DE BRAS, PAS DE CHOCOLAT ».
Ou l’art de recycler habilement une blague potache… (tout le monde a certainement en tête cette plaisanterie un peu stupide : « Papa, papa, tu m'donnes du chocolat ? Ben non, gamin, pas d’bras, pas d’chocolat ! »)
Ainsi va le monde délicieusement absurde de Bertrand Betsch, cet éternel « éclopé », revenu de tout et notamment de la disparition de son label historique, Lithium.
Des textes incisifs, mariés à des thèmes musicaux inattendus (le reggae pour Temps Beau ou le pseudo-flamenco pour Les Passe temps, par exemple) composent son nouvel album, proprement étonnant, à l’image de la personnalité désarçonnante de ce garçon maladif, limite hypocondriaque (Le Lundi c’est maladie – et les autres jours aussi !)
Un trentenaire timide, initials BB (il sortit en 2002, les BB Sides, où il reprenait Dominique a, Leonard Cohen ou Lou Barlow (Folk Implosion)), à qui il reste désormais à se faire un nom : sur les fameux stickers en effet, c’est à peine si on arrivait à lire Bertrand Betsch !
Le single disco portant le nom de l’album, absolument imparable, pourrait contribuer à le sortir de l’anonymat, mais existe-t-il encore des programmateurs radio suffisamment audacieux de nos jours ?
Tant pis, notre ami lorrain, comme de coutume, fera mine de s’en accomoder.
L’important, c’est de participer, chante-t-il nonchalamment…


www.bertrandbetsch.com/

chronique publiée le 24/08/2004


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