16/06/2019  |  5204 chroniques, 169 interviews sur foutraque  |  dernière mise à jour le 12/06/2019 à 15:01:49
    webzine
    recherche
    newsletter
    liens
    proposer
    chronique disque
Blow

Ghinzu
Dragoon / Atmosphériques - 7 septembre 2004

De toutes les formations belges à avoir franchi la frontière ces derniers temps, Ghinzu, aperçue au Printemps de Bourges 2004 dans une salle du 22 chauffée à blanc, n’est certainement pas la moins inquiétante.
Tirant son nom d’une marque de couteaux japonais (dont, le slogan serait, à en croire le dossier de presse, « plus on coupe, plus ils s’aiguisent »), le groupe composé de 5 terrifiants « psychopathes », souvent parés d’extravagantes moumoutes (qui peuvent rappeler l’implantation capillaire d’un Slash, voire d’un Chico (« totale eclatche »,  vous vous souvenez ?)), peut raisonnablement effrayer.
D’autant plus si l’on se réfère à leur particularisme : l’utilisation systématique de claviers et synthétiseurs divers.
Bon, les « Perfecto-addicts », les pourfendeurs de Muse, les contempteurs du Floyd, doivent-ils pour autant passer leur chemin ? Pas si sûr…
Ces Belges produisent en effet une musique assez intrigante : ces lascars (les crooners du 21ème siècle ? cf 21st Century Crooners) ont le chic pour développer des climats, des atmosphères, baladant leurs auditeurs dans un univers original, qui n’appartient qu’à eux.
Le titre d’ouverture, Blow, déjà repéré sur une excellente compilation présentant les Nuits Botanique 2004, est un condensé précis de la matière Ghinzu : sur 9 minutes, on passe par toutes les émotions, sentiments, véritablement transporté par un morceau formidablement construit, très pop, mais parsemé de déflagrations soniques.
John Stargasm, leur leader, ne gâche rien : alors que son groupe évolue dans un registre, le prog-rock, où les vocalistes souvent agacent (Matthew Bellamy, par exemple), lui n’en fait jamais trop, et sait même placer des cris à glacer le sang, toujours à bon escient (jubilatoire Mine).
Sur scène, où sa posture pourrait constituer un handicap (assis derrière son clavier), il s’en tire là-aussi avec les honneurs : il sait insuffler, par son comportement et ses gimmicks, la dose de folie nécessaire à des compositions qui peuvent paraître sages au premier abord, mais qui toujours surprennent.
Sacrés Belges, décidément !


www.ghinzu.com/

chronique publiée le 26/08/2004


    foutraque
      
      
l'association  |  devenir partenaire