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Stealing Of A Nation

Radio 4
City Slang / Labels - 7 septembre 2004

Seule entité du crew Revival Post-Punk (The Rapture, !!! et consorts) à posséder un membre non chevelu, Radio 4 n’en est pas moins un groupe que l’on aime beaucoup. Recyclant une époque où le punk était (déjà) mourant et le rock plus dansant que jamais, le collectif new-yorkais s’est taillé une certaine gloire avec son deuxième album Gotham! et le fameux single Dance To The Underground utilisé par Coca-Cola. Pour cette troisième réalisation, les Radio 4 ne sont plus produits par DFA mais par Max Heyes (collaborateur de Primal Scream et des Doves entre autres). Et heureusement, on n’y perd pas au change.

Le son est toujours aussi déconseillé pour le sonotone de Jacques Chirac. Et pour nos oreilles passé 3 heures d’utilisation. Cependant, incontestablement, il y a une évolution. Des sonorités un peu crades caractéristiques de l’écurie DFA, on passe à quelque chose de plus coulant, de plus synthétique. Un virage à angle modéré mais à direction évidente : les années 80. Et c’est ainsi que les Happy Mondays s’invitent au banquet des Gang of Four et autres Clash. Pour sauter dans tous les sens au son des tubes qui parsèment l’album.

On oubliera le propos politique un peu chiant (Nation) pour se concentrer sur cet hymne à la fête que constitue le premier single Party Crashers. Ou sur quelques unes des plus belles réussites du disque : Transmission, State Of Alert, The Death of American Radio, Absolute Affirmation. La liste est un peu longue mais à force d’écouter Stealing Of A Nation, on n’en finit pas d’en trouver toujours plus. Comme, par exemple, ce refrain de Money sur lequel on se demande vraiment à qui ils ont bien pu piquer l’idée. Chez les drogués du Pink Floyd ou du côté de la Suède chevelue d’Abba (Money, Money, Money) ?

Même si on a mieux à faire, on ne peut pas ne pas évoquer la portée idéologique de l’album. Nommé Stealing Of A Nation (le vol d’une nation), l’opus se veut une attaque en règle contre un George W. Bush accusé de tous les maux, et notamment d’avoir truqué sa propre élection. Ou encore d’avoir envahi l’Irak sans trop de raisons. Mais au fond, on s’en fout, on le savait déjà. On laisse à Michael Moore le soin de dégommer le président honni et on demande juste aux Radio 4 de nous faire danser avec classe. Pour ça, au moins, ils savent y faire.


www.r4ny.com/
www.labels.tm.fr/

chronique publiée le 02/09/2004


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