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Around The War

Sex In Dallas
Kitty-Yo - Juin 2004

Avec Sex In Dallas, il faut faire son choix entre rejet et acceptation de l’aura suspecte qui flotte autour de ce groupe. Labellisé plus hype que hype, exilé à Berlin, signé sur le prestigieux label Kitty-Yo (Gonzales, Peaches…), le trio français ne fait pas les choses à moitié et a donc tout pour déplaire. Mais ça serait négliger la qualité de leur musique qui fait assez largement oublier leur côté papier glacé. Là où on attendait des poses electroclash un peu faciles, on découvre un album à la fois sombre et hédoniste, à la fois anxiogène et jubilatoire.

Sex In Dallas comporte 2 voix : Adrien Walter et Mohini Geisweiller. Et c’est là où se joue réellement l’identité du groupe. L’album est un dialogue continu entre ces 2 identités disparates. Si Adrien impose sa présence sur les hymnes dancefloor (Everybody Deserves To Be Fucked), la belle Mohini joue plutôt la carte d’un songwriting apaisé proche de la pop (Lost In La Playa), allant même jusqu’à reprendre un tube de Aphrodite’s Child, le groupe de Demis Roussos (5 O’Clock). Résultat : sans s’emmerder vraiment, on a le droit à une large palette musicale. Fondamentalement électronique, mais pas seulement.

Le groupe s’est fait connaître avec son premier maxi Everybody Deserves To Be Fucked mais c’est le deuxième single Berlin Rocks qui retient toute notre attention. En forme de longue dissertation sur leur ville d’adoption, le titre donnerait presque des velléités de déménagement tant les cris hallucinés de Mohini (Berlin !Berlin !Berlin !) sonnent comme une évidence. Sans doute un des meilleurs titres de l’année, rayon électro française.

En résumé, Sex In Dallas ne soutient que moyennement son nom. Pour Dallas, on ne retiendra que le côté « ton univers impitoyable » (ils avouent détester une bonne partie de la scène électro parisienne), par contre, pour le reste, on est loin du Texas et de ses cow-boys vaguement présidents. En ce qui concerne Sex, bien sûr, la traduction de Everybody Deserves To Be Fucked (tout le monde mérite d’être baisé) ne laisse pas trop de doutes sur leurs intentions. Enfin, ce serait criminel que de limiter ce joli Around The War à une B.O pour back-room sordide.


www.blast.fr/dallas/sid.html
www.kitty-yo.com


chronique publiée le 13/09/2004


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