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Run With Me

Kiki
Bpitch Control - 13 septembre 2004

Vu le titre du premier morceau, on se dit que Kiki doit porter un regard plutôt ironique sur le monde qui l’entoure. Mais si The End of the World (as we know it, précise-t-il…) n’est pas vraiment rassurant, Run With Me appelle-t-il pour autant à la fuite en avant ?
Connaissant sa musique, on se dit que le finlandais exilé à Berlin (décidément) doit être un sacré nostalgique du passé. Une chose est sûre, le label Bpitch Control continue sa quête du beat parfait ; et ce n’est pas l’électro rétro-futuriste de ces 12 titres qui nous feront dire le contraire. A part Berlinette sorti l’an dernier, les albums de Sascha FunkePaul Kalkbrenner et de Smash TV n’avaient jusque là pas totalement convaincu… Alors qu'au bout de plusieurs écoutes fébriles et attentives, Run With Me s’avère être à la hauteur de la réputation du bonhomme, déjà signataire d’une poignée de maxis pour le label d’Ellen Allien, ainsi que pour Crosstown Rebels en compagnie de Silversurfer.
On a donc affaire cette fois à l’un des piliers soniques du crew allemand. Kiki est d’origine scandinave comme Jimi Tenor ou GusGus, et cela se ressent dans sa musique. Bien sûr, l’héritage allemand et américain est présent dans cet album, Berlin et Detroit étant devenues des références incontournables pour tous les producteurs du 21ème siècle… Mais ces influences, aussi essentielles soient-elles, ont depuis longtemps été ingurgitées et recrachées par notre protagoniste.
Né en 1975, Jokim Ijäs vit en Allemagne depuis 1996 et s’est fait la main, adolescent, dans un groupe de hip-hop. Son talent faisant de lui l'un des rares à mixer sur trois platines, ce n’est pas un hasard si les sons s’entrechoquent si bien sur son premier album. L’homme excelle dans une techno teintée d'électro et de hi-nrg, parsemée ici et là de nappes synthétiques trance et de gimmicks inventifs qui ne sont pas sans rappeler les productions du trio mythique Atkins / May / Saunderson.
On aurait aimé retrouver la bombe Atomic (seulement présente sur la compilation Gemeinsam), mais ça va, on ne perd rien au change. So Easy To Forget, dans un style certes nettement moins « rave », s'en rapproche un peu... Et en tendant l'oreille, on se demande si le rythme de Walk This Way n'aurait pas été pompé ! Mais que ce soit le diabolique Run With Me, les entêtants Drawing Circles et Luv Sikk Again, le clubby The Calling ou le lent et méthodique Classix Nouveaux (en référence certainement au combo androgyne des années 80) - peut-être le meilleur morceau de l’album -, les compositions de Kiki se révèlent charmeuses et très personnelles. Parfaitement adaptées à l’automne qui s’annonce (le kraftwerkien The Big Picture, le gothique Intimacy), Run With Me fait l’effet d’une rosée matinale.
Frais et vivifiant.

Kiki sera en concert le 17/09 à l’Elysée Montmartre et le 16/10 au Triptyque (Paris).


www.bpitchcontrol.de


chronique publiée le 13/09/2004


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